Une approche stratégique du parcours en VAE

30 Novembre 2020

Bertrand Testard - Conseiller VAE, centre conseil VAE de Seine-et-Marne

Bertrand Testard Informer et conseiller les personnes souhaitant obtenir une certification professionnelle par la VAE est au coeur des activités des centres conseil en VAE.

« La VAE n’est pas d’emblée envisageable pour certaines personnes. Je les aide autant que possible, et quand elles souhaitent, à combler « les trous dans la raquette ». »
Comment identifiez-vous que la VAE n’est pas envisageable pour une personne ?
A l’issue d’un entretien où expérience et référentiel de la certification visée ont été comparés, il peut apparaitre clairement que la personne a besoin soit d’une expérience complémentaire, soit d’une formation complémentaire pour obtenir la certification souhaitée. Dans le cas de l’expérience manquante, si la personne est demandeuse d’emploi, elle peut solliciter un stage d’un mois renouvelable auprès de son conseiller Pole emploi dans le cadre du dispositif PMSMP (Période de mise en situation en milieu professionnel ; si elle est salariée, elle peut solliciter son employeur, comme dans le cas de cette jeune femme salariée chez un transporteur qui l’a affectée à de nouvelles tâches lui permettant d’obtenir un BTS Transports par la VAE. Mais dans le cas d’une formation complémentaire c’est autre chose.
Pourquoi l’accès à une formation complémentaire est plus ardu que la réalisation d’une expérience complémentaire ?
Tout simplement parce que bon nombre de formations ne sont pas modularisées. Dans ce cas, la personne va devoir se libérer quelques jours de-ci de-là pendant plusieurs mois, ce qui n’est pas toujours facile à organiser dans la vie professionnelle ou personnelle. Parfois, je leur propose aussi de suivre un ou deux cours du soir au Cnam pour obtenir le ou les certificat(s) de compétences.
Lorsque la formation complémentaire n’est pas possible, que proposez-vous aux personnes avant qu’elles ne déposent leur livret 1 les autorisant à entamer un parcours en VAE ?
Je leur propose de s’autoformer, c’est-à-dire concrètement d’acheter un ouvrage pédagogique en lien avec la certification ou du moins avec le contenu de la certification, plus ou moins explicite parfois. Je les aide, si besoin, à identifier le ou les ouvrages en question et les invite alors à surligner, au fil de la lecture, d’une part les éléments sans conteste en lien avec leur expérience vécue, d’autre part ceux en lien faible avec leur expérience et, enfin, ceux sans lien avec leur expérience. Par exemple, la capacité à analyser des organisations, demandée dans certains masters, nécessite de connaître les grilles d’analyse.
Lire un ouvrage permet de combler les lacunes identifiées ?
Il ne s’agit pas seulement de lire ou de faire un résumé de l’ouvrage mais surtout de mobiliser les savoirs acquis à l’occasion de cette lecture. Je reprends l’exemple précédent : à partir d’une grille d’analyse proposée dans l’ouvrage, la personne va être en mesure d’analyser l’organisation de ou des entreprises dans lesquelles elle a travaillé, prouvant ainsi au jury VAE une des capacités attendues pour obtenir la certification. Souvent, il s’agit d’adjoindre des savoirs théoriques ou procéduraux à l’analyse de l’activité, afin de prouver au jury que les capacités attendues dans le référentiel sont détenues.
L'incitation à s’autoformer rencontre-t-elle succès auprès des personnes que vous accompagnez ?
Auprès de certaines, très accrochées, très déterminées, sans aucun doute. Certaines bénéficient aussi d’un appui de leur entourage, par exemple une épouse, un ami ayant obtenu une certification similaire. Ce serait encore plus facile pour elles si les équipes pédagogiques des formations certifiantes mettaient à disposition de tous une liste d’ouvrages à lire. Le candidat serait certain de son choix et il entamerait son parcours en VAE encore plus confiant !

Propos recueillis par Françoise Lemaire (novembre 2020)

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