L'EISF dispense des formations aux métiers de bouche 100% digitales

08 Octobre 2021

Olivier Querenet - Responsable de l’organisme de formation EISF

Olivier Querenet Les formations 100% digitales d’EISF se présentent comme des solutions pertinentes pour les adultes visant les CAP de boulanger, pâtissier, chocolatier et cuisine, sous réserve qu’ils soient suffisamment autonomes et volontaires.

« La période de confinement a mis en valeur l’offre de formation à distance et a permis la reconnaissance de la qualité des contenus mis en ligne. »
Qu'est-ce qui caractérise l’offre de formation d'EISF (Ecole internationale du savoir-faire français) ?
L'offre de formation d’EISF se distingue par sa modalité 100% digitale, qui a nécessité d’élaborer une ingénierie pédagogique de type classe inversée, fondée sur l’apprentissage des techniques professionnelles avec les outils numériques. Il ne s’agit pas d’une transposition d’une pédagogie présentielle.

Sa création est partie d’un constat simple : les personnes, en ou hors emploi, qui souhaitent se reconvertir aux métiers de boulanger, pâtissier, chocolatier ou cuisine, ont besoin de se former en fonction de leur disponibilité et à leur rythme. Utilisant leur ordinateur ou leur smartphone, le digital se présente pour elles comme une solution. Elles peuvent donc entamer leur parcours de formation de 500 heures à n’importe quel moment de l’année jusqu’ à la session d’examen en juin. De fait, elles vont choisir la durée de parcours qui leur convient : 3, 6, 12, voire 18 mois, ce qui leur permet de faire et refaire autant de fois que nécessaire et sans pression de temps jusqu’à maîtriser les techniques/ les gestes professionnels attendus par le certificateur.

Concrètement, comment se déroule les parcours de formation ?
Les apprenants vont réaliser une série de recettes à partir de vidéos et de fichiers leur indiquant comment faire pas à pas. Ils disposent bien sûr des fiches recettes. Leur tuteur de référence, toujours le même tout au long de leur parcours, valide la maîtrise technique selon un protocole bien précis et conforme aux attendus du CAP visé, à partir des photos qui lui sont envoyées. Il va, par exemple, valider étape par étape l’élaboration d’un entremets : le biscuit, la crème, le montage et la décoration. Outre le rôle d’évaluateur, ce tuteur, formateur et professionnel expérimenté du métier, joue un rôle d’accompagnateur en répondant aux sollicitations de l’apprenant sous 12 à 24h. Par ailleurs, celui-ci échange aussi avec les apprenants via une plateforme collaborative. Le tuteur ou les apprenants peuvent partager leurs réalisations en postant des photos de leurs recettes. Le partage est une source de motivation des apprenants.
A quel moment, les apprenants peuvent ils se confronter à la réalité du métier hors leur domicile ?
Lors de stages en entreprise, d’une durée maximale de 6 mois. C’est là que la personne va apprendre, non seulement à utiliser un matériel de professionnel, mais aussi à organiser sa production. Par ailleurs, ces stages permettent de rencontrer une diversité de situations et de types d’entreprises, d’échanger en direct avec des professionnels et ainsi d’affiner son projet professionnel : la création de boulangerie respectueuse de l’environnement, la vente de produits sur les marchés, réalisés pour certains avec leurs récoltes, l’ouverture d’un gîte gastronomique ou d’un salon de thé, une installation à l’étranger où le savoir-faire français est renommé…
Comment les personnes financent-elles leur parcours de formation et avec quels résultats ?
Avant d’aborder le financement, je précise que le tarif de base des formations s’élève à 2 200 €. Il est de 1 080 € si la personne finance la formation sur ses propres deniers. Une même formation coûte 8 500 € en présentiel. Pour ce faire, l’apprenant mobilise son CPF ou bénéficie d’une formation conventionnée dans certaines régions, voire d’un financement Pôle emploi. Bien sûr, charge à lui de financer son matériel et les ingrédients mais, partager ses productions avec la famille ou des amis, apparaît stimulant et valorisant pour la plupart d’entre eux.

Depuis 6 ans d’existence, les résultats parlent d’eux-mêmes : 95% de réussite à l’épreuve d’examen, 10% seulement d’abandon et un accès à l’emploi désiré optimal car ces métiers recrutent. Ces chiffres sont à relativiser par rapport à notre population : des adultes, âgés de 25 à 45 ans pour la plupart, ayant déjà travaillé et fort motivés pour suivre des formations sous cette modalité, qu’ils jugent adaptée à leur situation.

Comment avez-vous vécu la période de confinement ?
Pour nous le confinement a eu un effet démonstratif de l’efficacité et de l’intérêt du distanciel. Il nous a permis de créer des partenariats avec des écoles renommées comme Ferrandi et des CFA afin d’assurer la continuité pédagogique de leurs stagiaires. Certaines personnes ont pu aussi disposer de plus de temps pour suivre leur formation. Au final, cette période a permis de reconnaître la modalité distancielle à sa juste valeur et non comme une solution dégradée, notamment quand elle s’adresse à des adultes autonomes et déterminés. Les mentalités évoluent dans le bon sens malgré certaines résistances, compréhensibles par ailleurs. Par exemple, les conseillers Pôle emploi adoptent aujourd’hui une attitude positive vis-à-vis du 100% digital. Il n’y a plus de suspicion.

Propos recueillis par Françoise Lemaire (octobre 2021)

Tags : transformation numérique | organismes de formation | digitalisation | Foad