Cartographie des UEAJ : une lisibilité de l’offre accrue auprès des professionnels

04 Juin 2018

Dominique Simon - Directeur interrégional Ile-de-France et Outre-mer de la Protection judiciaire de la jeunesse

Dominique Simon Les Unités d'activités de jour (UEAJ) organisent des activités scolaires, professionnelles, culturelles et sportives adaptées aux mineurs qui font l'objet d'une décision judiciaire, mise en œuvre par un établissement ou un service de la PJJ.

« L’avantage d’avoir intégré la cartographie des réseaux de formation pour la PJJ est de faire le lien avec les autres dispositifs existants sur le territoire. »
Quel est le rôle et quels sont les moyens de la Direction de la Protection judiciaire de la jeunesse ?
La Protection judiciaire de la jeunesse intervient sur décision d’un magistrat dans un cadre pénal majoritairement. Les professionnels, le temps d’une mesure judiciaire, interviennent auprès de jeunes en conflit avec la loi afin d’éviter leur récidive et de favoriser leur insertion. En Ile-de-France, ce sont plus de 27 000 jeunes qui sont suivis dans près de 200 structures. L’objectif d’insertion est central, les caractéristiques et conditions de vie des jeunes accueillis y faisant souvent obstacle. J’ai souhaité faire un focus sur cette problématique transversale à l’ensemble des prises en charge et faciliter la mobilisation des dispositifs de droit commun. S’occuper des jeunes sous main de justice, c’est une mission qui n’est pas toujours simple mais qui apporte aussi de grandes satisfactions, avec des parcours particulièrement réussis.
Quelle sont les missions des UEAJ ? Comment ces structures contribuent-elles à l'insertion des jeunes sous main de justice ?
L’Unité éducative d’activités de jour (UEAJ) fait le lien entre les services de la PJJ et l’ensemble des dispositifs de droit commun. Il s’agit, dans un premier temps, de resocialiser le jeune en l’inscrivant dans une temporalité, qui l’amène à respecter les horaires par exemple. Elles ont vocation, dans un second temps, à favoriser la sécurisation du parcours d’insertion et en éviter les ruptures. L’UEAJ organise des activités scolaires, professionnelles, culturelles et sportives adaptées à chaque mineur suivi, en cohérence avec son projet individuel. Disposant d’une capacité d’accueil d’au moins 24 places, ces structures proposent aussi bien des cours de remise à niveau des savoirs de base que des formations qualifiantes. Par ailleurs, elles sont ouvertes à des jeunes issus d’autres dispositifs, comme des Missions locales. La synergie des acteurs est la clé d’une insertion réussie pour les jeunes les plus en difficulté et les UEAJ, par leur intégration dans l’offre de formation des territoires, contribuent à cette dynamique !
Quelle est la vocation du nouvel outil de cartographie développé par la PJJ avec Défi métiers?
La cartographie des UEAJ permet de rendre lisible et accessible aux professionnels l’offre des UEAJ, tout en les intégrant dans la logique existante des 25 bassins d’emplois issus de la feuille de route État/Région. L’outil intègre la cartographie générale créée par Défi métiers. Ce lien opérant permettra aux professionnels suivant les mineurs en difficulté de travailler un parcours d’insertion global et individualisé. Enfin, l’outil a vocation à permettre une meilleure coordination des acteurs, en lien avec les besoins des territoires, pour des politiques d’insertion complémentaires et donc efficaces.
Quels usages les équipes éducatives de la PJJ en auront-elles ?
Un usage très pratique ! L’outil développe trois entrées : par UEAJ, par thématique et par localisation. Pour l’éducateur de la PJJ, la cartographie proposée vient compléter une palette d’outils déjà existante. L’avantage d’avoir intégré la cartographie des réseaux de formation pour la PJJ est de faire le lien avec les autres dispositifs existants sur le territoire, notamment ceux à destination des publics en difficulté. La PJJ a intérêt à orienter les adolescents et jeunes adultes qui lui sont confiés vers des dispositifs accessibles hors mandat judiciaire. Rester au sein de nos dispositifs ne permettra pas à terme aux jeunes d’être pleinement autonomes, puisque notre capacité d’action s’éteint avec la mesure judiciaire. Finalement, l’objectif est de proposer une passerelle vers les dispositifs ouverts à tous et cette cartographie y répond. J’en suis fier, car elle est l’aboutissement d’un travail considérable pour ouvrir notre institution vers l’extérieur et améliorer ainsi le devenir des mineurs sous main de justice.

Propos recueillis par Adrien Derain (mai 2018)

Tags : jeunes | cartographie | Défi métiers | Protection judiciaire de la jeunesse | main de justice