Graphistes, dessinateurs, stylistes, décorateurs et créateurs de supports de communication visuelle

Graphistes, dessinateurs, stylistes, décorateurs et créateurs de supports de communication visuelle

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

39 %
105 172
Actifs en emploi
en France
Dont
40 745
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2011-2016

+2 %

Cette famille est très présente en Ile-de-France, en raison du grand nombre de sièges d’entreprises et d’agences de communication et publicité de la région.

Une famille professionnelle concentrée en Ile-de-France

  • Les activités et leurs évolutions

    Cette famille professionnelle regroupe les concepteurs et réalisateurs de supports graphiques (logo, images, charte graphique, vidéos…), d’objets (design industriel, stylisme) mais également les étalagistes, décorateurs et architectes d’intérieur dont les métiers consistent à aménager des espaces d’intérieur (principalement des magasins pour les deux premiers) afin de les rendre attractifs, d’optimiser l’espace ou de l’adapter aux besoins ou à la demande du client.

     

    Une diversité d’activités dans la conception d’œuvres originales, des mobilités professionnelles en silos

    Positionnement des métiers

    Cette famille professionnelle recoupe une grande variété d’activités puisqu’on retrouve en son sein les professions de graphiste et de designer, mais également d’architecte d’intérieur, artiste décorateur, étalagiste, illustrateur ou encore styliste. Différentes activités recensées dans le ROME sont assimilées à cette famille professionnelle. Cette variété est illustrée par le nombre de codes ROME associés à cette FAP : « Réalisation de contenus multimédias », « Conception de contenus multimédias », « Design industriel », « Stylisme », « Décoration d’espaces de vente et d’exposition » ou encore « Conception aménagement d'espaces intérieurs ».
    Si la création d’une production originale dans un domaine d’art appliqué est le dénominateur commun de ces métiers et activités, celle-ci se matérialise de diverses manières et sur différents supports.
    Ces activités n’ont pas le même positionnement dans les processus créatifs puisque certaines interviennent en amont de la production (définition des concepts créatifs, conception, modélisation) quand d’autres se situent plutôt en aval (création). Certaines activités recoupent ces deux phases. Un même code ROME peut par ailleurs recouvrir des postes d’encadrement comme de production (chaque code ROME est ainsi associé à des diplômes de bac+2 à bac +5), ce qui élargit davantage le spectre de la profession.   
    Les mobilités entre les métiers de la FAP sont majoritairement en silos du fait des différences dans les activités et des formations distinctes menant à ces métiers. Ainsi, il est possible de passer de la réalisation à la conception de produits multimédias, ou de la décoration à l’aménagement d’espaces intérieurs (via l’obtention d’un diplôme d’architecte d’intérieur cependant). Des mobilités horizontales sont envisageables (du design d’objet au multimédia par exemple) lorsqu’il existe des similitudes entre les activités exercées mais peuvent, selon les attentes, nécessiter une formation complémentaire.
    Les professionnels du design d’objet pourront également évoluer vers la direction de services marketing ou de gestion de produit, alors que les professionnels orientés multimédia ont la possibilité de s’orienter vers la direction de pôles de communication ou le conseil dans ce domaine. L’ensemble de la famille professionnelle peut également s’orienter vers la direction d’une agence ou d’un cabinet.
    Enfin, ces professionnels peuvent également s’orienter par la suite (ou en parallèle) vers le domaine/les métiers de la formation, dans laquelle l’intervention d’opérationnels est appréciée.

    Des activités communes à l’ensemble de ces professionnels

    La conception et l’exécution d’œuvres originales en arts appliqués est le dénominateur commun à l’ensemble des activités pré-citées. Elles se déclinent ainsi :

    • Analyse de la demande (client, donneur d’ordre…)
    • Conception et/ou création de l’œuvre,
    • Réalisation ou supervision de la réalisation de l’œuvre
    • Veille des tendances et de l’existant

    Les graphistes, webdesigner, architectes d’intérieur, stylistes ou étalagistes ont tous pour point commun de partir d’une demande (de leur client dans le cas d’un professionnel travaillant en agence ou en tant qu’indépendant, de leur entreprise dans le cas d’un service interne). Leur expertise dans leur domaine artistique et leur créativité leur permettent de concevoir et de réaliser (ou suivre la réalisation d’) une production en art appliqué dans un cadre établi (temps, charte graphique, adaptation au cadre dans lequel se situe la production…).

    Un très fort impact du numérique sur l’évolution des métiers

    La transition numérique un impact important sur l’activité de ces professionnels, qui doivent adapter leurs pratiques aux innovations :

    • Emergence de nouveaux supports (réalité augmentée, supports mobiles…)
    • Utilisation de nouveaux modes de production (imprimante 3D) et outils (tablette graphique, logiciel BIM pour l’architecture d’intérieur)
    • Emergence de l’UX Design (« user experience » : expérience utilisateur)

    Les outils et méthodes mobilisés varient fortement selon l’activité exercée et son support. Les évolutions continues du numérique et des technologies impactent considérablement la plupart de ces activités, facilitées – quel que soit le support – par l’usage de logiciels (de Conception assistée par ordinateur (CAO) et de publication assistée par ordinateur (PAO), de design industriel ou d’architecture grâce aux méthodes BIM[1]) de visualisation, de maquette, ou de réalisation (animation, dessin…). De nouvelles activités que l’on peut rattacher à cette famille professionnelle émergent, en lien avec l’essor du numérique, telle que l’UX Design (adaptation du produit aux besoins et attentes des clients), dont la connaissance est de plus en plus demandée aux graphistes et webdesigner. Ceux-ci doivent également adapter leurs productions aux nouveaux supports numériques (mobilier urbain, tablettes et smartphones, réalité augmentée…). Enfin, le développement de l’imprimante 3D devrait fortement impacter les métiers de designer industriel ou de styliste dans les années à venir. Les activités des étalagistes sont moins amenées à évoluer du fait du numérique.   


    [1] BIM : Building Information Modeling se traduit par Modélisation des Informations (ou données) du Bâtiment. Le terme bâtiment ici est générique et englobe également les infrastructures.

     

  • Les secteurs concernés

    Des effectifs disséminés entre le travail en agence, « chez l’annonceur » et le secteur artistique et culturel

    Top 5 des secteurs d’activités employeurs

    Avec deux tiers des professionnels répartis au sein des 5 principaux secteurs d’activité, la FAP se caractérise par une concentration mesurée de ses effectifs. Les « activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses » représentent le secteur principal, qui recouvre notamment les cabinets de conseil et agences de communication, où ces professionnels travaillent en tant que prestataires pour des PME ou grands groupes. Ces professionnels sont également présents dans le secteur du commerce (comme graphistes dans les équipes marketing et communication de grands groupes ou comme étalagistes dans les magasins), des « arts, spectacles et activités récréatives », et dans les cabinets d’architecte d’intérieur.
    A l’exception du commerce, qui devrait connaître une croissance faible, l’ensemble des secteurs cités devraient connaître des perspectives de croissance favorables en raison notamment de l’essor des services aux entreprises (conseil en communication, publicité…) et de la forte consommation francilienne de produits culturels[1].


    [1] CALVIER, C. CASAROTTI, A,  CAMORS, C. SOULARD, O. « L'Île-de-France, première région française de l'économie culturelle » Rapport INSEE IAU IDF, INSEE Analyses Ile-de-France, avril 2018, 4p.

     

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Une famille professionnelle jeune, plutôt féminine et très concentrée à Paris

    40 745
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2017

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2017

    Cette famille professionnelle se caractérise par des actifs beaucoup plus jeunes que la moyenne régionale, 3 actifs sur 10 ont moins de 30 ans (10 points de plus qu’en moyenne régionale) et 1/5 des effectifs a plus de 50 ans (soit 10 points de moins qu’en moyenne régionale). En outre, les femmes sont légèrement plus nombreuses dans la FAP, plus particulièrement parmi les moins de 30 ans.  
     
    Les « Graphistes, dessinateurs, stylistes, décorateurs et créateurs de supports de communication visuelle » franciliens résident à plus de 40% à Paris, soit le double de l’ensemble des actifs de la région. Leur surreprésentation dans le département le plus onéreux de la région laisserait supposer des revenus supérieurs à la moyenne. Le fait que le seul autre département où ils ne soient pas sous-représentés est le second plus cher (Hauts-de-Seine) est un indice dans ce même sens. Le salaire mensuel net médian de ces professionnels est ainsi de 2 260€ entre 30 et 49 ans et de 2 500 € pour les 50 ans et plus[1].
    Cette concentration s’explique également (et surtout) par une très forte concentration de l’emploi créatif à Paris et l’essor de ceux-ci dans les Hauts-de-Seine comme le souligne un rapport de l’Institut Paris Région (ex-IAU IDF) déjà mentionné.


    [1] Source : outil dynamique des salaires de Défi métiers : https://www.defi-metiers.fr/observatoire-salaires

     

    Un niveau de qualification globalement élevé, plus particulièrement chez les jeunes actifs

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2017

    Avec près de 7 professionnels sur 10 diplômés du supérieur, cette famille professionnelle est plus diplômée que la moyenne régionale (5 sur 10). L’écart est cependant conséquent entre les professionnels de moins de 30 ans (environ 80% de diplômés du supérieur) et ceux de 50 ans et plus (près de la moitié). Si les jeunes actifs sont toujours en moyenne plus diplômés que les autres professionnels de leur FAP, l’essor relativement récent de certains métiers (du design digital par exemple) et des formations liées expliquerait cet écart de plus de 30 points, comme c’est le cas pour les familles professionnelles de techniciens informatiques.
    Cette famille professionnelle se distingue par un emploi non salarié (4 actifs sur 10) presque aussi important que les contrats de droit commun. Les métiers de la FAP se prêtent en effet bien à ce mode d’exercice (demande de prestation unique ou ponctuelle, comme la réalisation d’un logo pour une entreprise ou d’une affiche publicitaire pour une campagne). Ces professionnels peuvent travailler en tant qu’indépendants sous différents statuts : en tant qu’artiste-auteur (pour les graphistes et illustrateurs, qui doivent pour cela cotiser à la Maison des Artistes), en profession libérale, comme commerçant ou artisan...
    Ce pourcentage d’indépendant ne prend cependant en compte que ceux dont l’activité principale relève de cette famille professionnelle. Les individus exerçant comme graphiste en parallèle à une autre activité principale ne sont par exemple pas comptabilisés comme appartenant à la FAP. Ainsi, le recensement des actifs via les chiffres de l’INSEE ne permet pas de rendre compte de l’ensemble des individus exerçant de manière professionnelle ces activités. 
    L’apprentissage comme le stage sont deux fois plus répandus pour ces actifs que pour la moyenne francilienne.
    Les temps partiels sont légèrement surreprésentés parmi ces professionnels. Le fait que l’emploi soit (de peu) majoritairement féminin ne saurait expliquer cet écart, qui tiendrait davantage de la contrainte sur des métiers concurrentiels. Par exemple en 2017, 53% des artistes-auteurs inscrits à la Maison des artistes (dont les graphistes et illustrateurs représentent près de 45%) percevaient moins de 8 785€ à titre de revenus artistiques annuels[1]. Ce dernier chiffre illustre une activité à temps partiel pour un certain nombre d’entre eux (qu’il s’agisse de leur activité principale ou non). Par hypothèse, une partie du temps partiel de ces professionnels serait un temps partiel contraint, faute d’activité.


    [1]Rapport d’activité 2018 de la Maison des artistes, p.12

     

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2017
    17 % 14 %
    INSEE RP 2017

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Des demandeurs d’emploi plus jeunes et diplômés que les actifs

    11 883
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2017
    Taux d’écoulement
    56%
    60%
    DIRECCTE 2017

    Les moins de 30 ans sont surreprésentés parmi les demandeurs d’emploi puisqu’ils en représentent plus du tiers, ce qui pourrait attester de difficultés d’insertion en première partie de carrière. Plus de 9 demandeurs d’emploi de cette classe d’âge sur 10 sont par ailleurs diplômés du supérieur (contre 8 sur 10 parmi les actifs occupés). Tous âges confondus, les demandeurs d’emploi sont plus souvent titulaires d’un bac+2 ou plus (de 20 points). Par rapport à l’ensemble des demandeurs d’emploi, ceux de la FAP restent au chômage un mois de plus en moyenne, ce qui peut s’expliquer par la très forte concurrence au sein de ces métiers. La part des DE inscrits depuis plus d’un an est quasi-identique à la moyenne régionale.   

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Des offres d’emploi insuffisamment nombreuses pour absorber la demande d’emploi

    Durée des emplois proposés (en %)

    1 396
    DIRECCTE 2017

    Seules 1 400 offres d’emplois ont été enregistrées en 2018 à Pôle emploi, soit une offre pour 12 demandeurs d’emploi. Il est cependant possible que ce déséquilibre traduise un usage fréquent d’autres canaux de recrutement (recrutement parmi un réseau, via des sites spécialisés…). Par ailleurs, une offre sur dix a une durée de moins d’un mois et ne permet donc pas un retour à l’emploi durable. D’après l’enquête Besoins en Main-d’œuvre (BMO), le nombre de projets de recrutement en Ile-de-France a cependant plus que doublé entre 2013 et 2019 (de 1 600 à 3 370), même si la part de saisonniers a légèrement augmenté sur la période (passant de 17% à 19%) et est supérieure à la moyenne régionale (15%). En raison du grand nombre de demandeurs d’emploi par rapport aux offres, la part de recrutements difficiles est quant à elle moins élevée que la moyenne régionale de 10 points. Il s’agit toutefois des offres relatives aux « créateurs de supports de communication visuelle, stylistes, décorateurs », catégorie qui a peut-être des contours légèrement différents de ceux de la famille professionnelle étudiée. Ces chiffres apportent cependant un ordre de grandeur et un aperçu de la dynamique du recrutement sur ces métiers.

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Une forte évolution des moyens de production impactant les métiers

    Enjeux par dimension

    Les industries créatives franciliennes sont en croissance et les métiers de cette famille professionnelle en bénéficient. La mise en place de « clusters créatifs » et de nouveaux lieux de travail (à l’instar des FabLab) facilite l’installation de professionnels en réduisant les « coûts d’entrée » (location de locaux, achat de matériel…) dans ces professions.
     
    Si le numérique va impacter l’ensemble des activités, celles de ces professionnels sont fortement touchées. Les logiciels de conception, allant en s’améliorant, offrent aujourd’hui davantage de possibilités mais nécessitent une maîtrise accrue. L’imprimante 3D ouvre de nouvelles perspectives en termes de matériaux et de design d’objets comme de réalisation de maquettes. Elle présente également l’avantage de permettre la production de petites et moyennes séries à moindre coût. Toutefois, selon une étude d’Ernst & Young et France Creative[1], son usage généralisé ne serait pas sans risque puisqu’il accentuerait la menace de piratage et de vol d’œuvre, déjà accrue par l’essor du numérique.
     
    Le numérique, par la multiplication des supports potentiels qu’il apporte (réalité virtuelle, mobilier urbain, téléphones, tablettes…) et sa présence croissante dans l’espace (qui sera encore accentuée avec le déploiement de la 5G) offre de nouvelles possibilités aux graphistes et designers. Son intégration notamment du numérique de pointe, est cependant inégal et un écart considérable pourrait se former entre les entreprises (dans l’industrie créative ou non) qui bénéficieront des potentialités de ces innovations (UX Design, impression 3D…) et les autres, comme suggéré dans un rapport de BPI France[2].
     
    Enfin, du fait qu’ils sont souvent exercés en indépendant ou en cumul salariat/« freelance », ces métiers sont fortement exposés à une ubérisation avec des plateformes d’intermédiation (ou « plateforme de création participative », aussi appelée « crowdsourcing » [3]) entre graphistes et clients, proposant des logos et vidéos « type » à prix faible ou en réalisant des concours pour le compte de clients qui choisissent ensuite la réalisation leur convenant le mieux, rémunérée en « gains » (les autres « participants » auront alors travaillé sans être rémunérés). Cette ubérisation tend à rendre poreuses les frontières entre professionnel du graphisme et design et amateurs et précarise une frange de ces professionnels.


    [1] Ernst & Young, France Creative « Création sous tension, 2nd panorama de l’économie de la culture et de la création en France », rapport d’étude Octobre 2015, 116p.

    [2] BPI France, « Créativité déroutée ou augmentée, comment le numérique transforme les industries de la French Touch », rapport d’étude, juin 2017, 60p.

    [3] Le « crowdsourcing » (que l’on peut traduire par la « production participative ») consiste dans le cas du graphisme à organiser un appel d’offres déguisé en concours.

     

  • Les formations

    Une grande variété de spécialités de formations pour des métiers bien distincts

    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2017

    Les jeunes actifs sont issus de cursus plutôt variés puisque les trois principales spécialités de formation regroupent moins de la moitié d’entre eux. La variété des métiers de la FAP explique cette dispersion : les formations aux « techniques de l'imprimerie et de l'édition », « journalisme et communication (y compris communication graphique et publicité) » et « spécialité plurivalentes de la communications » conviennent aux futurs professionnels de la communication visuelle, graphistes et illustrateurs. Les formations liées à la mode sont a priori privilégiées par les stylistes et designer industriels (mais pourraient également mener au graphisme). Enfin, la présence des « finitions du bâtiment » parmi les 5 spécialités de formation les plus répandues s’explique par le fait que les formations d’architecte d’intérieur sont inclues dans cette catégorie. Cette segmentation en trois catégories rejoint celle élaborée sur les métiers, qui les distingue selon la nature du support.

    Une demande en niveau de diplôme élevée, complétée ou compensée par un savoir-faire technique

    La forte proportion de diplômés du supérieur (hormis parmi les 50 ans et plus) reflète une exigence en termes de qualifications qui s’est accrue. La formation initiale a connu d’importantes évolutions toujours à l’œuvre afin de s’adapter à des métiers en développement. Les formations du supérieur sont accessibles après un bac professionnel « artisanat et métiers d’art », un bac technologique « sciences et technologies du design et des arts appliqués » (qui permettent par ailleurs une insertion professionnelle) et précédemment une « mise à niveau en arts appliqués » (MANAA), classe préparatoire des diplômes du supérieur en arts appliqués. Depuis la rentrée 2018, le diplôme national des métiers d’art et du design (DN MADE), de niveau bac +3 et en trois ans, remplace la MANAA ainsi que les BTS en arts appliqués (design de produits, design d’espace, design graphique, étude et réalisation d’agencement…) et Diplôme des métiers d’art (DMA d’arts graphiques, arts de l’habitat…) qui étaient les débouchés de ces bacs et de la MANAA.
     
    Il est possible à la suite du DN MADE de s’inscrire à un diplôme du supérieur en arts appliqués (DSAA, dans des écoles comme l’ENSAD[1] ou l’ENSAAMA[2]) afin de devenir chef d’équipe ou chef de projet. Il est également possible de concourir dès l’obtention d’un titre de niveau IV à ces dernières écoles pour une formation de 5 ans, bien que celles-ci soient très sélectives.
    De nombreuses écoles publiques ou privées proposent des formations de bac + 3 à bac +5 en architecture d’intérieur, design industriel ou graphique (école Boulle, LISAA[3], école d’Estienne, école des Gobelins… ).
     
    Il est également possible d’accéder à ces métiers via une formation technique (bac pro « métiers de la mode », CAP Orfèvre…) apportant des savoir-faire et connaissances très spécifiques. Il est par ailleurs indispensable de se constituer un « artbook » ou « book » composé de ses différentes réalisations, faisant office de « CV pratique ».
     
    Les formations françaises, qu’il s’agisse des CAP et bac pro ou des formations supérieures d’art, sont internationalement reconnues – on parle de French touch dans l’animation comme le souligne un rapport de l’Institut Paris Région. Cette reconnaissance a pour conséquences d’augmenter le nombre de postulants dans ces formations et de faciliter l’expatriation des jeunes diplômés à la recherche de débouchés.


    [1] Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs

    [2] École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art

    [3] L’Institut Supérieur des Arts Appliqués

     

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie

    BPI France, « Créativité déroutée ou augmentée, comment le numérique transforme les industries de la French Touch », rapport d’étude, juin 2017, 60p.
    CALVIER, Céline ; CASAROTTI, Aurélie ; CAMORS, Carine ; SOULARD, Odile « L'Île-de-France, première région française de l'économie culturelle » Rapport INSEE IAU IDF, INSEE Analyses Ile-de-France, avril 2018, 4p.
    CAMORS, Carine ; SOULARD, Odile « L’écosystème créatif en Ile-de-France », rapport IAU Ile-de-France, Mai 2015, 68p.
    Ernst & Young, France Creative « Création sous tension, 2nd panorama de l’économie de la culture et de la création en France », rapport d’étude Octobre 2015, 116p.
    Rapport d’activité 2018 de la Maison des artistes, 24p.

    Source des données

    Outil dynamique des bassins, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    Outil dynamique des salaires, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015 
    INSEE, données du recensement, RP 2016
    DARES, traitement direccte Ile-de-France
    DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022
    Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.