Cadres de la banque

Cadres de la banque

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

48 %
176 264
Actifs en emploi
en France
Dont
85 406
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+11 %

La famille professionnelle des cadres de la banque a vu ses effectifs augmenter de manière conséquente ces dernières années.

1 cadre des activités bancaires sur 2 travaille en Ile-de-France

  • Les activités et leurs évolutions

    La famille professionnelle des cadres de la banque regroupe l’ensemble des effectifs d’encadrant du secteur bancaire dont l’activité bancaire est le cœur de métier.

    Des activités variées, centrées sur l'expertise bancaire
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    On retrouve ainsi quatre métiers (au sens de l’INSEE) dans cette catégorie. Les « chefs d'établissements et responsables de l'exploitation bancaire » représentent plus de la moitié de ces cadres. Ils dirigent des entités bancaires (agences, centre administratif, unité commerciale…). Contrairement aux premiers, les cadres des opérations bancaires (25% des professionnels) sont axés sur les opérations bancaires elles-mêmes (évaluation des risques, opérations financières, traitement d'opérations administratives liées à la gestion des dépôts, crédits et moyens de paiements) plutôt que sur la gestion des entités bancaires. Les cadres des marchés financiers et les cadres commerciaux de la banque (environ 10% chacun) sont quant à eux spécialisés dans une fonction précise : respectivement le suivi des marchés financiers pour les premiers (à droite du schéma)  et de l’activité sur ceux-ci pour les premiers, et dans la relation client et la prospection commerciale pour les seconds (« spécialisation dans les relations commerciales et le conseil bancaire » sur le schéma).
    En plus de leur connaissance du système bancaire, ces professionnels ont en commun une maîtrise des chiffres appliquée à la finance et de la comptabilité leur permettant d’exercer d’autres fonctions dans le secteur ou dans les services financiers de toutes sortes d’entreprise (contrôle de gestion, trésorerie…). Le « management en exploitation bancaire » se distingue des autres activités de ces professionnels par un volet managérial (d’équipe, d’agence ou de pôle d’activité) plus prononcé.
    Etant positionnés hiérarchiquement haut dans leur secteur d’activité, seuls les postes de direction des banques peuvent être considérés comme de la mobilité ascendante logique pour ces professionnels. Ils peuvent également enseigner dans le supérieur (cursus d’éco-gestion, école de commerce, BTS banque…) en tant que professeurs associés ou enseignants-chercheurs pour ceux titulaires d’un doctorat.

    Des activités bancaires et financières « cœur de métier »

    Bien que leurs activités soient diverses, les conseillers en patrimoine, gestionnaire de portefeuilles sur les marchés financiers et managers de structure ou de pôles bancaires ont tous un cœur d’activité centré sur une expertise bancaire ou financière.

    • Analyser une demande de crédits et les possibilités du client
    • Définir une stratégie de placements
    • Evaluer les risques financiers
    • Etudier les marchés financiers
    • Mettre en place des stratégies de financement
    • Réaliser des opérations financières
    Auxquelles s’ajoutent des activités commerciales et de management
    • Réaliser un entretien commercial
    • Développer un portefeuille de clients et de prospects
    • Définir des objectifs commerciaux
    • Manager une équipe de conseillers
    • Contrôler et évaluer les résultats de son équipe / sa structure
    • Etablir des rapports de gestion et de performance
  • Les secteurs concernés

    Des professionnels logiquement quasi-exclusivement présents dans le secteur bancaire
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    On retrouve la quasi-intégralité de cette famille professionnelle au sein du secteur des activités bancaires et financières. Les perspectives de création d’emploi de ce secteur sont par ailleurs favorables, ce qui confirme la hausse de l’emploi dans le secteur depuis 2015 

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Une proportion moindre de jeunes par rapport à la moyenne francilienne
    85 406
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Les femmes représentent un peu plus de 2 actifs sur 5 dans cette FAP en Ile-de-France, chiffre stable au sein des différentes catégories d’âge, et un peu plus faible que la proportion parmi les actifs franciliens (50%), ce qui s’explique au moins en partie par l’inégale représentation des femmes aux postes de direction. Les professionnels d’âge intermédiaire (30 à 49 ans) sont surreprésentés au sein des cadres de la banque, où 6 actifs sur 10 appartiennent à cette catégorie d’âge (10 points de plus que la moyenne francilienne). Les moins de 30 ans sont quant à eux peu nombreux parmi ces professionnels (7 points de moins que toutes FAP confondues).
    Ce chiffre pourrait s’expliquer par l’importance de l’expérience pour les métiers d’encadrement dans la banque. Il peut également traduire un désintérêt des jeunes diplômés pour le secteur bancaire, comme le souligne une étude du cabinet Deloitte publiée en 2016[1]. D’après celle-ci, cela s’explique par la concurrence de nouveaux secteurs d’activité (à commencer par l’informatique et ses géants) et par l’image du secteur d’autre part. Ainsi, le secteur bancaire pâtirait d’une image conservatrice aux antipodes des attentes en termes de créativité ou d’entrepreneuriat, citées comme montantes par cette étude. Toujours selon celle-ci, le secteur bancaire serait néanmoins un tremplin apprécié en début de carrière. D’après l’Observatoire des métiers de la banque[2], tous métiers confondus, les moins de 30 ans représentent la moitié des embauches de cadres dans le secteur bancaire entre 2013 et 2015. Si ce chiffre reste constant et qu’il s’applique à cette famille professionnelle, la proportion de jeunes actifs devrait être croissante dans les années à venir.
     
    Il est également notable que plus de la moitié de la FAP habite à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, contre un tiers des actifs franciliens. Ce chiffre correspond à la part de ces deux départements pour les entreprises et emplois du secteur des activités d’assurance et financière[3], qui regroupe 90% de ces professionnels.


    [1] Cette étude n’est plus accessible en ligne, mais des extraits de celle-ci sont présents dans différents articles de presse :
    https://www.regionsjob.com/actualites/banques-generation-y.html
    https://www.boursedescredits.com/actualite-banques-peinent-attirer-jeunes-talents-667.php
    https://start.lesechos.fr/emploi-stages/reseau-carriere/pourquoi-les-ban...

    [2] BIPE pour l’Observatoire des métiers de la banque, « La banque à 2020-2025, quelles orientations ? », rapport d’étude, mars 2017, p.131 (traitement des chiffres disponibles par Défi métiers)

    [3] DIRECCTE Ile-de-France, chiffres clés 2019, p.117

     

    Un niveau bac +5 faisant office de prérequis pour entrer dans la FAP

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    97 % des moins de 30 ans sont diplômés du supérieur, soit 20 points de plus que parmi les 50 ans et plus. La forte technicité requise sur ces postes (maîtrise financière, statistique, capacités commerciales…) est en effet reconnue par des diplômes du supérieur, généralement des bac +5. Ainsi, les bac +5 représentaient 30% des recrutements du secteur de la banque tous métiers confondus (périmètre AFB, dans l’ensemble de la France)[1] entre 2013 et 2015, soit le niveau d’études sur lequel le recrutement était le plus important. Cette proportion passe à un recrutement sur deux en ajoutant les bac +4. Sur cette période, le nombre de recrutement de bac +5 est passé de 2 600 à 6 000, et sa part dans le total des recrutements a augmenté de plus de 10 points. Si l’on s’attarde uniquement sur les recrutements en CDI, on constate que ces embauches concernent pour un peu plus de la moitié des bac +5 en 2018, chiffre en hausse de plus de 10 points par rapport à 2015[2].


    [1] BIPE pour l’Observatoire des métiers de la banque, « La banque à 2020-2025, quelles orientations ? », rapport d’étude, mars 2017, p.132 (traitement des chiffres disponibles par Défi métiers)

    [2] Fédération Bancaire Française, « L’emploi dans les banques », mémo n°5, octobre 2019, p.4

     

    Des emplois en CDI et à temps plein

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    6 % 14 %
    INSEE RP 2018

    La quasi-totalité des cadres de la banque sont en CDI et les temps partiels sont près de trois fois moins nombreux que parmi l’ensemble des actifs franciliens. En effet, les différentes formes de travail atypiques (temps partiel, CDD…) sont perçues comme incompatibles avec les postes de direction. Par ailleurs, le recrutement de professionnels en CDI peut également être un vecteur de fidélisation sur des profils de professionnel parfois difficiles à recruter.
    6% des cadres du secteur bancaire sont à temps partiel. Ce chiffre, deux fois plus faible que la moyenne francilienne, s’explique là encore par une incompatibilité perçue entre certaines activités de la FAP (notamment la direction d’établissement) et le temps partiel.
     
    Avec un salaire net médian à 3 350€ pour les moins de 30 ans et d'environ 4 500€ pour les 50 ans et plus, les rémunérations sur ces métiers sont particulièrement élevées. A titre de comparaison, le salaire médian national net était d'environ 1 850 € en 2017.

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Des demandeurs d’emploi plus âgés, restant un peu plus longtemps au chômage
    3 280
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    45%
    49%
    DIRECCTE 2020

    Les 2 000 demandes d’emploi enregistrées dans cette famille professionnelle équivalent à 2,5% des actifs occupés sur ces métiers. Ces demandeurs d’emploi sont légèrement plus souvent inscrits depuis plus d’un an que la moyenne francilienne (de 3 points) et restent presque deux mois de plus au chômage que la moyenne francilienne. Les femmes sont sous-représentées : leur part est inférieure de 10 points à celle parmi les actifs occupés, alors que tous métiers confondus, la proportion de femmes parmi les demandeurs d’emploi est similaire à celle en emploi.  Alors que les moins de 30 ans sont généralement surreprésentés parmi les demandeurs d’emploi, ce n’est pas le cas dans cette famille professionnelle. Les 50 ans et plus sont quant à eux légèrement surreprésentés parmi les demandeurs d’emploi.  
    Enfin, le taux d’écoulement annuel de la demande (% des demandeurs d’emploi en début d’année ne l’étant plus à la fin de celle-ci) est plus faible que la moyenne francilienne tous métiers confondus, ce qui peut s’expliquer par une relative rareté des offres d’emploi et par une plus grande capacité à « sélectionner » ces offres pour les demandeurs d’emploi.

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Des recrutements généralement en CDI dans une optique de fidélisation

    Durée des emplois proposés (en %)

    271
    DIRECCTE 2020

    Les demandes d’emploi sont près de 4 fois plus nombreuses que les offres pour cette famille professionnelle, ce qui, au regard de leur proportion par rapport aux effectifs en emploi, pourrait indiquer un taux de rotation faible induisant peu de besoins en recrutement. Il est également possible que les recrutemetns se fassent majoritairement par d'autres canaux que le dépôt d'offres d'emploi.
    8 offres sur 10 sont d’une durée de 6 mois ou plus, ce qui laisse supposer une part importante de CDI (qui est le type de contrat de la presque totalité de ces professionnels).

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Le numérique, les réglementations et la situation macroéconomique comme principaux facteurs d’évolutions des métiers et emplois
    Enjeux par dimension

    Les prévisions de la Dares anticipaient 13 000 créations de postes entre 2018 et 2022 (environ 15 % du total actuel) et 14 000 départs à la retraite sur la période, ce qui a pour conséquence des besoins en emploi considérables représentant un tiers des effectifs actuels. Différents facteurs tendent à augmenter les besoins en emploi dans certains domaines au détriment d’autres, notamment face à la concurrence d’autres acteurs et aux attentes des clients.
    L’impact du digital sur le secteur bancaire est majeur et protéiforme :
    Le conseil et la prise d’information se font davantage à distance, via les outils numériques. La prestation d’accompagnement et de conseil évolue progressivement et devient « multicanale » (application mobile, site web, téléphone, en agence). Cette évolution impacte principalement les cadres commerciaux, qui doivent faire évoluer en conséquence la politique de relation client au sein de leurs équipes. Les directeurs d’agences doivent également prendre acte de cette évolution dans la mesure où ces établissements sont de fait moins fréquentés et voient leur nombre diminuer (-5% entre 2009 et 2016 au niveau national)[1]. L’articulation entre l’offre de service en agence et celle dématérialisée est un axe stratégique majeur – notamment à l’heure de la concurrence des banques en ligne. Le rôle des managers sera ainsi charnière face à une évolution de cette ampleur, tant dans la définition de la stratégie à adopter que dans la gestion des effectifs dans un contexte de restructuration de l’emploi qui impliquerait une destruction d’emploi sur des « spécialités en désuétude »[2]. Ainsi, dans l’étude mentionnée du Bureau d’informations et de prévisions économiques (BIPE) pour l’Observatoire des métiers de la banque, « l’adaptation du management aux nouveaux enjeux et processus » apparaît comme le second enjeu principal perçu par les directions.
     
    L’évolution de la réglementation a également plusieurs conséquences. Ainsi, les réglementations Bâle III (entrée en vigueur en 2013) et Bâle IV (2019) entraînent une hausse des fonds propres bancaires nécessaires à l’octroi de prêts. Ces actions financières passeront ainsi par d’autres institutions, ce qui aura pour conséquence une baisse de l’activité, notamment pour les professionnels des marchés financiers qui pourraient alors voir leur nombre diminuer.[3]
    L’émergence d’acteurs concurrents (banques en ligne, mais aussi plateformes de financement et prêt participatif, de paiement en ligne ou mobile, ou encore de transfert d’argent, voire les GAFA) oblige là encore le secteur bancaire à orienter sa stratégie vers des axes où la relation client et le conseil ont un rôle majeur.
    Enfin, l’environnement macroéconomique, avec un contexte de taux particulièrement bas, a contribué à faire stagner l’emploi dans le secteur entre 2012 et 2017 en raison de la baisse de la rémunération moyenne de l’encours de crédit que cela entraîne[4]. L’inversion actuelle de la tendance pourrait avoir des effets positifs sur l’emploi, mais à plus long terme.
     
    Parmi les évolutions notables, le Brexit peut également être cité puisque les établissements présents à la City de Londres (place financière londonienne) pourraient être tentés de déménager vers d’autres places fortes européennes (Paris, Francfort…).


    [1] Fédération Bancaire Française, op. cit., p.8

    [2] BIPE pour l’Observatoire des métiers de la banque, op. cit ; p.64

    [3] CESBRON, C, pour l’Observatoire des métiers de la banque, « L’impact de la réglementation de Bâle III sur les métiers des salariés des banques », 2ème partie, novembre 2012, p.21

    [4] BIPE pour l’Observatoire des métiers de la banque, op. cit ; p.13

     

  • Les formations

    4 jeunes actifs sur 10 issus de formation en finance ou banque, mais d’autres spécialités de gestion ou vente sont fréquentes
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Plus de 8 jeunes actifs sur 10 de cette famille professionnelle sont issus de trois spécialités de formation : « finances, banque, assurances » (plus de 4 sur 10), « spécialités plurivalentes des échanges et de la gestion » (plus de 25%) et « commerce, vente » (15%). Ce lien fort entre emploi et formation s’explique par la forte technicité des métiers de cadre du secteur bancaire, qu’il est difficile d’intégrer sans avoir de solides connaissances spécifiques, difficiles à acquérir sans passer par une formation destinant à ces métiers.
    Ces postes de cadre sont pour la plupart accessibles à partir d’un bac +5 uniquement dans des domaines bien précis (master en finance, banque, mathématiques appliquées…). En Ile-de-France, différentes universités (Panthéon-La Sorbonne, Paris-Dauphine, l’Institut d’Administration des Entreprises de la Sorbonne) et randes écoles de commerces (HEC, ESSEC) ou écoles d’ingénieurs préparent à des diplômes en lien avec ces métiers.

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie

    APEC, « Baromètre sourcing cadres, rétrospective 2009-2019 », juin 2019, 24p.
    BIPE pour l’Observatoire des métiers de la banque, « La banque à 2020-2025, quelles orientations ? », rapport d’étude, mars 2017, 140p.
    CESBRON, Christian, pour l’Observatoire des métiers de la banque, « L’impact de la réglementation de Bâle III sur les métiers des salariés des banques », 2ème partie, novembre 2012, 40p.
    DIRECCTE Ile-de-France, chiffres clés 2019, 152p.
    Fédération Bancaire Française, « L’emploi dans les banques », mémo n°5, octobre 2019, 12p.

    Source des données

    Outil dynamique des bassins, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    Outil dynamique des salaires, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015 
    INSEE, données du recensement, RP 2016
    DARES, traitement direccte Ile-de-France
    DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022
    Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.