S'engager dans un parcours VAE

Mis à jour le 23 Novembre 2020

© Adobe Stock L'obtention d'une certification professionnelle par la Validation des acquis de l'expérience (VAE) nécessite de suivre un parcours en 4 étapes qui se déroule sur une durée de 9 à 12 mois.

  • Les étapes de la VAE

    La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est un parcours visant l’obtention d’une certification professionnelle inscrite au RNCP (Répertoire nationale des certifications professionnelles). Au terme de ce parcours, un jury délivre au candidat soit une validation totale, c’est-à-dire la certification visée, soit une validation partielle qui nécessite de poursuivre le parcours pour obtenir la certification, soit un refus de validation. La durée moyenne du parcours est souvent comprise entre 9 et 12 mois.

    Quatre étapes scandent ce parcours de VAE :

    1. L'information et le conseil en VAE

    Cette première étape, non obligatoire mais recommandée, permet au candidat de s'informer et se faire conseiller sur son projet de VAE. Pour cela, il peut notamment se rendre dans un des 40 points d’accueil des centres conseil en VAE. Le service proposé est gratuit pour les personnes (financé par la Région Ile-de-France). Il s’adresse à tout francilien quel que soit son âge ou son statut (en ou hors emploi). Il concerne non seulement l’information sur le dispositif VAE, mais aussi une aide personnalisée :

    • à l’évaluation de la pertinence d’une VAE pour la personne, dans sa situation ;
    • au repérage des certifications éligibles ainsi que des certificateurs ;
    • à l’accès au financement à l’accompagnement pour les demandeurs d’emploi (chéquier unique VAE) ;
    • à la rédaction du dossier de recevabilité (une fois ce dossier admis par le certificateur, la personne peut entamer une démarche VAE).

    A noter : Il est possible de présenter plusieurs demandes de VAE par année civile (trois au maximum) pour des certifications différentes, mais un candidat ne peut entamer qu’une seule demande par certification.

    2. La recevabilité : « Livret 1 » et notification de recevabilité

    Cette phase obligatoire, souvent aussi appelée « Livret 1 », permet d’obtenir un accord du certificateur à entamer une VAE visant sa certification. A cette fin, le demandeur doit apporter les preuves qu’il a acquis l’expérience requise correspondant au référentiel de la certification visée. Ces preuves sont formalisées dans le « Livret 1 » : il peut s’agir d’un CV détaillé ou de tout autre document prouvant l’expérience acquise. Ce « Livret 1 » est déposé auprès du certificateur choisi qui statue sur sa recevabilité. Si le certificateur juge la demande recevable, le candidat reçoit une notification de recevabilité qui l’autorise à se présenter à un jury VAE une fois le « Livret 2 » rédigé.

    3. « Livret 2 » : prouver que les acquis de l’expérience correspondent à la certification visée

    La constitution du « Livret 2 » est une phase cruciale. Il s’agit pour le candidat de décrire avec précision sont parcours et de montrer que les acquis de l’expérience correspondent au référentiel de la certification visée.

    Au regard du référentiel de certification visée, une formation complémentaire à l’expérience peut s’avérer nécessaire. Elle peut être menée (et financée) en parallèle du parcours VAE en vue d’obtenir d’emblée une validation totale, c’est à dire la certification.

    4. La validation

    Afin d’obtenir la certification visée, le passage devant un jury est obligatoire et peut prendre différentes formes selon le certificateur : une présentation du « Livret 2 », assortie le plus souvent d’un entretien avec le jury ou avec mise en situation professionnelle.

    Le jury, dont la moitié des membres sont théoriquement des professionnels, est souverain dans la délivrance de la certification. Il peut accorder la certification ou la refuser. En cas d’accord, la validation est soit totale, soit partielle. Dans ce dernier cas, le candidat reçoit une notification lui précisant les écarts observés avec le référentiel de la certification visée des préconisations et, dans la plupart des cas, les recommandations du jury lui permettant d’obtenir totalement la certification convoitée. Il s’agira, par exemple, de compléter son expérience professionnelle, suivre une formation, ou encore réaliser un rapport ou dossier complémentaire.

    Plus d'informations sur le portail national de la VAE

  • Choisir une certification et un organisme valideur

    Le terme « certification professionnelle » désigne à la fois les diplômes d’Etat, les titres à finalité professionnelle créés par des organismes privés, publics ou consulaires ou les CQP (certificats de qualification professionnelle) créés et délivrés sous l’égide des branches professionnelles (en savoir plus), ainsi que diverses habilitations exigées pour certaines activités (en savoir plus).

    Seule condition : la certification visée doit être inscrite au RNCP (Répertoire national de la commission nationale de la certification professionnelle).

    A noter : le choix de la certification est délicat, tant l’offre est riche. Il en va de même concernant le choix du certificateur. Aussi, bénéficier à cette étape du conseil avisé des conseillers des centres conseil en VAE est crucial.

    Ne pas confondre VAE et VAP

    Depuis 1985, la validation des acquis professionnels (VAP ou VAP 85) permet de postuler dans une formation de l'enseignement supérieur sans avoir les titres ou diplômes requis (Cf Art D163-38 à D163-50 du Code de l'éducation). Ce dispositif diffère donc de la VAE, qui permet d’obtenir une certification sans reprendre d’études. Peuvent bénéficier du dispositif de la VAP toutes les personnes ayant interrompu leur formation initiale depuis au moins 2 ans (depuis 3 ans en cas d'échec dans la formation visée). Les candidats non titulaires du baccalauréat, à l’exception des sportifs de haut niveau, doivent être âgés de 20 ans au moins. La demande de VAP se fait auprès de l’établissement dispensant la formation à laquelle on souhaite accéder.

    Une fois la certification choisie, reste à identifier le ou les organismes valideur(s) en charge d’organiser le jury qui décidera d’accorder, au regard du référentiel de certification, totalement ou partiellement la certification visée, ou encore de la refuser. Chaque valideur a ses propres modalités de validation : les conseillers des centres VAE sont en mesure d'informer les candidats sur ce point.

  • A chaque certification son certificateur

    Les certificateurs délèguent le cas échéant la validation de ses certifications par la VAE à des organismes. Il s’agit par exemple :

    • des Cava (Centres académiques de validation des acquis) et Dava (Dispositifs académiques de validation des acquis) pour les diplômes du ministère de l’Education nationale (du CAP au BTS). Certains d’entre eux organisent régulièrement des sessions d’information collective sur la VAE ;
    • de l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes) pour les titres professionnels du ministère du Travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social (par exemple, assistant(e) de vie, assistant(e) ressources humaines, maçon(ne), carreleur(se), etc.). Certains centres Afpa organisent régulièrement des sessions d’information collective sur la VAE ;
    • la DRJSCS (Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale) pour les diplômes du Ministère des solidarités et de la Santé et les diplômes délivrés par le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. L’information relative à la VAE et la gestion des candidatures est centralisée par l’Agence de services et de paiement (ASP). Informations : http://vae.asp-public.fr 
    • La Driaaf (Direction régionale et interdépartementale de l’Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) pour les diplômes du ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation. En Ile-de-France, la Driaaf anime plusieurs points d’information conseil et orientation sur la VAE. Informations : 01 41 24 17 59. 

    A noter : il n’existe pas de structure centralisée pour les diplômes de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il convient de s’adresser directement aux services de formation continue des établissements (universités, Cnam, écoles d'ingénieurs). 

     

     

  • Constituer le dossier de recevabilité dit « Livret 1 » 

    Le « Livret 1 » ou dossier de recevabilité vise uniquement l'obtention de la notification de recevabilité. Le candidat peut être accompagné dans son élaboration, notamment au sein d'un centre conseil en VAE (voir le dossier « L'accompagnement à la VAE ».

    Le livret de recevabilité renseigne les éléments suivants :

    • identité et adresse du candidat (copies des pièces d'identité) ;
    • statut du candidat ;
    • certification choisie ;
    • présentation du parcours professionnel ou bénévole, des activités exercées en rapport avec la certification et leur durée ;
    • parcours de formation (certifications, diplômes, titres, attestations de participation à des formations continues, etc.) ;
    • documents attestant d'au minimum une année d'activité salariée, non-salariée, bénévole, syndicale, etc. (pour chaque emploi : bulletins de salaire, attestations d'employeur ou des responsables d'association, certificats, déclaration d'existence URSSAF, extrait K bis, extrait D1, etc.) ;
    • validation partielle ou complète visée ;
    • déclaration sur l'honneur assurant l'exactitude des informations fournies.

    A noter : le financement de l’accompagnement à l'élaboration du « Livret 1 » peut être demandé une fois la notification de recevabilité acceptée, obtenue dans un délai maximum de deux mois après demande (l'absence de réponse vaut accord).

  • Constituer le dossier de validation dit « Livret 2 » : apporter les preuves.

    Chaque certificateur a son propre modèle de dossier de validation. Ce dossier doit mettre en évidence la réflexion du candidat sur les activités exercées et confirmer les qualités, aptitudes, savoir-faire et connaissance en cohérence avec le référentiel de la certification visée. Dans les faits, il y a deux dossiers distincts : le dossier narratif, explicitant les études de cas et le dossier de preuves.

    Le candidat peut se faire accompagner à la rédaction du « Livret 2 » s’il le souhaite. Bien que non obligatoire, cet accompagnement est recommandé (en savoir plus). L’accompagnement est réalisé par un prestataire expert une fois la notification de recevabilité obtenue, sous réserve d’avoir obtenu un financement.

    Le candidat peut financer sa démarche VAE en mobilisant son Compte personnel de formation (CPF), en sollicitant des financeurs selon son statut (plus d'informations dans le dossier VAE Mode d'emploi, paragraphe Financer son parcours VAE), ou encore en la finançant lui-même.

    Délai du dépôt de dossier

    Certains organismes valideurs imposent de déposer le dossier de validation dans un délai fixé à compter de la notification de recevabilité (un an en général).

    Mise en situation professionnelle

    Au livret de validation, le valideur peut ajouter une épreuve de mise en situation réelle pour un Titre Professionnel, un Certificat de qualification professionnelle (CQP), ou une certification dispensée par certaines écoles.

    Formations obligatoires ou complémentaires

    Des formations avant le passage devant le jury peuvent être obligatoires, notamment pour les diplômes du secteur sanitaire et social. Des modules de formation peuvent être recommandés pour renforcer ses chances d’obtention d’une certification totale.

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