Les métiers de demain en Ile-de-France

Mis à jour le 07 Juillet 2016

Les métiers de demain en Ile-de-France © Stéphane Asseline / Conseil régional d'Ile-de-France L'Ile-de-France se démarque par une forte proportion de cadres. Dans la région, entre 520 000 et 728 000 emplois pourraient être créés à l'horizon 2030, dont une partie liée au projet du Grand Paris.

  • L'Ile-de-France, terre de contraste

    Vieillissement de la population, évolution des modes de vie, développement des nouvelles technologies, ou encore prise en compte accrue des contraintes environnementales et écologiques : de multiples facteurs sont susceptibles de créer de nouveaux besoins en compétences pour les années à venir. A ces emplois nouveaux viendront s'ajouter, dans certains secteurs d'activité, des recrutements indispensables pour combler d'importants volumes de départs à la retraite prévus à court ou moyen terme. Par ailleurs, on note que certains employeurs rencontrent déjà des difficultés à recruter certains profils professionnels.

    L'analyse de ces divers éléments permet de prévoir quels seront les "métiers de demain", c'est à dire les métiers qui recruteront le plus dans les années à venir. Même si les incertitudes économiques incitent à rester prudent sur les prévisions qui peuvent être réalisées, les opportunités de recrutement seront nombreuses dans une large palette de métiers, notamment dans les secteurs des services aux entreprises et des services à la personne. Quant aux autres métiers, ils ne cesseront pas pour autant d'embaucher, mais recruteront simplement dans des proportions plus restreintes

    Une main d'oeuvre francilienne jeune et diplômée

    L'Ile-de-France est une terre de contraste. Si elle concentre près d'un quart de l'emploi national, elle se distingue par une sur-représentation du statut de cadre (1/3 des cadres français sont franciliens, selon l’étude « Chiffres-clés de la Région Ile-de-France 2015, de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris) et, à l'inverse, par une sous-représentation des statuts d'employé ou d'ouvrier.

    Par ailleurs, le bassin parisien attire en nombre les jeunes entre 20 et 30 ans, qui s'installent dans la région poursuivre leurs études ou trouver un premier emploi. Dans le même temps, les départs vers la province pour les plus de 30 ans sont importants.

     

  • Panorama de l'emploi francilien

    Au 31 décembre 2014, l'Ile-de-France comptait, selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) 5 650 000 salariés - soit 22,5 % des effectifs au niveau national - dont 87,3 % étaient employés dans des activités tertiaires.

    La région se démarque par la présence de grands groupes, de sièges sociaux (huit établissements industriels sur dix sont des établissements sièges) et de centres de décision.

    Elle concentre également les établissements d'enseignement supérieur et les centres de recherche développement. Enfin, les activités de son territoire sont plus souvent orientées vers la production de biens et de services à haute valeur ajoutée. On y trouve 11 pôles de compétitivité, destinés à développer des projets et de l'emploi sur des marchés porteurs.

    Les spécificités de l'économie francilienne expliquent que la région se différencie du reste de la France par une plus forte proportion de cadres (29,1 % des effectifs salariés, contre 17,1 % au niveau national) et de professions intermédiaires (26,4 %, contre 25,6 %). Les ouvriers, et en particulier les ouvriers industriels, sont au contraire sous-représentés dans la région (13,5 %, contre 21,3 % pour l'ensemble de la France).

    Les métiers les plus spécifiques à l'Ile-de-France sont les métiers qualifiés relatifs aux domaines professionnels de la communication, des arts, de l'informatique, de la recherche, du tourisme, de la comptabilité et de la finance, des transports et du commerce.

    La région regroupe ainsi 47 % des emplois de la filière numérique, 39 % des emplois nationaux de la finance, 30 % des emplois liés au tourisme et 30 % des emplois du spectacle vivant. Elle concentre également 65 % des journalistes et 40 % des agents de gardiennage et de sécurité.

    Depuis les années 90, les effectifs ont fortement diminué chez les ouvriers de l'industrie, du bâtiment et chez les secrétaires. Par contre, ils ont augmenté dans les services à la personne (notamment les emplois d'assistante maternelle), l'action sociale et l'informatique.

    En termes de répartition entre les départements franciliens, on peut dire que les métiers des banques et assurances, de la communication, des arts, et de l'hôtellerie-restauration sont très concentrés à Paris. Dans la petite couronne, on trouvera une plus forte proportion d'ingénieurs et de cadres de l'industrie et d'informaticiens. Enfin, les métiers industriels, de l'agriculture et du transport sont davantage présents en grande couronne.

  • Des industries à forte valeur ajoutée

    L'Ile-de-France a connu un important mouvement de désindustrialisation depuis les années 80. Selon l’Insee, la part de l'industrie y est plus faible que dans les autres régions (7,7 %, contre 12 % dans l'ensemble de la France).

    Cependant, le secteur industriel francilien regroupe tout de même près de 392 000 salariés (soit 8 % de l’emploi salarié au niveau régional), ce qui place l'Ile-de-France au 1er rang pour ses effectifs industriels, malgré un repli des effectifs de 6 % depuis 2009.

    Avec 46 000 entreprises répertoriées en 2013 par l’Insee, l’industrie en Ile-de-France se distingue par un ancrage autour de secteurs d’activité dynamiques sur le plan économique, innovants et à forte valeur ajoutée

    Au fil des années, la région s'est progressivement recentrée autour de secteurs dynamiques et a délocalisé ses activités de production les moins compétitives, pour conserver en priorité les activités innovantes et à forte valeur ajoutée (recherche et développement, marketing, design, publicité, etc.). Si l'industrie francilienne conserve quelques sites de production dans des secteurs fragilisés (automobile, fabrication de produits informatiques et électroniques), elle accueille également un grand nombre de secteurs dynamiques (aéronautique, pharmacie, agro-alimentaire, etc.).

    Sur le plan géographique, la petite couronne, c’est-à-dire les départements des Hauts-de-Seine (92), de la Seine-Saint-Denis (93) et du Val-de-Marne (94), recensait, fin 2013, plus de la moitié des emplois industriels de la région. Les trois départements franciliens qui comptaient, à cette date, le plus de salariés étaient les Hauts-de-Seine (22 % des effectifs), les Yvelines (18 %) et Paris (15 %). La Seine-et-Marne en comptabilisait 11 %, l’Essonne et la Seine-Saint-Denis, 10 %, le Val-de-Marne, 7 %, et le Val-d’Oise, 8 %.

     

  • Plus de 520 000 emplois créés d'ici 2030

    S'appuyant sur l'analyse des évolutions macroéconomiques et démographiques que devrait connaître la région, une étude prospective réalisée par Défi métiers a estimé qu'entre 2013 et 2030, 520 000 à 728 000 emplois seraient créés en Ile-de-France, soit entre 30 % et 40 % des créations nationales d'emploi prévues sur cette période.

    Dans la région, les secteurs industriels, notamment ceux liés aux activités de hautes technologies et haut de gamme, contribueront à cette croissance des emplois. Le secteur de la pharmacie créerait ainsi entre 2 000 et 3 000 emplois à l'horizon 2030, et celui de l'agroalimentaire entre 4 000 et 4 500 emplois. Mais ces activités industrielles, compétitives et fortement présentes en Ile-de-France, entraîneraient surtout d'importants volumes de créations d'emploi dans les services associés, très qualifiés, auxquelles elles auraient recours pour se développer.

    Le secteur des conseils et de l'assistance aux entreprises (activités informatiques, comptables, publicité, etc.) créerait selon les prévisions entre 123 500 emplois et 142 500 emplois d'ici à 2030, tandis que la recherche et développement (R&D) connaîtrait une croissance de 13 500 à 15 500 emplois supplémentaires. Sur des postes moins qualifiés, le développement des industries de hautes technologies devrait contribuer également à de nombreuses créations d'emploi dans le secteur des services opérationnels (sécurité, nettoyage, intérim, etc.), avec entre 134 500 et 138 500 nouveaux emplois à l'horizon 2030. A noter également, les activités financières, très présentes en Ile-de-France, créeraient sur la même période entre 46 500 et 52 000 emplois supplémentaires.

    Les activités de service aux personnes, elles aussi très bien représentées dans la région (200 000 emplois, soit 22 % de l'emploi national), devraient connaître également de nombreuses créations d'emploi. Le vieillissement de la population, même s'il sera moins important qu'en province, devrait ainsi contribuer à la croissance des services personnels liés à la dépendance. Les secteurs de la santé et de l'action sociale (infirmiers, aides-soignants, aides à domicile, etc.) pourraient créer entre 67 500 et 76 000 emplois d'ici à 2030. D'autres facteurs, comme l'augmentation du taux d'activité des femmes ou la poursuite de la hausse des revenus de la population francilienne, devraient aussi contribuer à créer de nouveaux besoins dans les domaines de la garde des enfants, des services domestiques, ou encore des loisirs. A l'horizon 2030, le secteur des services personnels et domestiques (assistantes maternelles, coiffeurs, esthéticiens, employés de maison, agents d'entretien, etc.) créerait entre 42 500 et 43 000 nouveaux emplois en Ile-de-France, tandis que les activités récréatives, culturelles ou sportives pourraient connaître une croissance de 71 000 à 72 500 emplois supplémentaires.

    Les 10 secteurs les plus créateurs d'emploi en Ile-de-France à l'horizon 2030

    • Conseil et assistance
    • Services opérationnels
    • Construction
    • Santé, action sociale
    • Activités culturelles, récréatives et sportives
    • Services personnels et domestiques
    • Activités financières
    • Education
    • Distribution
    • Transports

    Source : Les créations d'emploi en Ile-de-France à l'horizon 2030, Défi métiers

     

  • Plusieurs secteurs affectés par les fins de carrière

    Selon l'Insee, 3 actifs sur 10 exerçant un emploi en Ile-de-France sont susceptibles de cesser leur activité d'ici à 2020, soit 1 644 000 personnes. Certains métiers seront plus représentés parmi ces départs. Dans la région, les cadres administratifs et financiers formeront le contingent le plus important, avec 90 000 départs d'ici à 2020, suivis par les agents d'entretien (75 500 départs).

    Quant aux secteurs d'activité les plus affectés par les fins de carrière, l'administration publique (180 000 départs), le commerce (174 000) et l'enseignement (124 200), représenteront à eux trois 29 % des cessations d'activités en Ile-de-France entre 2010 et 2020.

    Certains secteurs connaîtront enfin une proportion importante de fins de carrières, au regard de la part de leurs effectifs concernés. Ainsi, 40 % des salariés de la métallurgie pourraient cesser leur activité en Ile-de-France d'ici à 2020, 35 % de ceux exerçant dans les activités de fabrication de matériel de transport, et 36 % dans celles de produits informatiques, électroniques et optiques.

    Ces fins de carrières entraîneront des besoins en renouvellement de personnel différents selon les secteurs. Pour les cadres administratifs notamment, le remplacement des salariés qui cesseront leur activité devrait occasionner d'importantes opportunités de recrutement. Dans les activités industrielles (métallurgie, fabrication de matériel informatique, etc.) les départs pourraient, au contraire, s'accompagner d'un nombre réduit de remplacements.  

     

  • Le Grand Paris de l'emploi

    La métropole du Grand Paris doit voir le jour le 1er janvier 2016. Le projet prévoit la mise en place d'une gouvernance partagée pour une centaine de communes de la région parisienne, regroupant près de 7 millions de franciliens, soit plus de la moitié des habitants de la région. De grands objectifs ont été associés à la réalisation du Grand Paris, notamment dans le domaine de la construction de logements neufs et d'infrastructures de transport qui, s'ils sont réalisés, pourraient contribuer à la création de nombreux emplois dans la région.

    Selon l'étude réalisée par Défi métiers, le projet Grand Paris pourrait, si l'ensemble des investissements prévus est assuré, générer 175 000 emplois en Ile-de-France à l'horizon 2030. Le projet aurait un impact direct pour l'emploi dans le secteur de la construction (55 000 nouveaux emplois liés au Grand Paris) et des transports (création de 9 000 emplois). La construction de logements neufs entraînerait par ailleurs un accroissement de la population, qui aurait pour conséquence de créer des emplois supplémentaires dans les secteurs des services à la personne (26 500 emplois), de la santé (12 000 emplois) ou de l'éducation (12 000 emplois).

     

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