Six pistes pour l’avenir des métiers de l’ingénierie face aux enjeux climatiques

24 Mai 2022

© Pixabay Les métiers de l’ingénierie évoluent pour intégrer les enjeux de lutte contre le changement climatique. Pour faire face aux difficultés de recrutement qui s’annoncent, une adaptation rapide de l’offre de formation s’impose.

Énergie bas carbone, mobilités sobres, industrie décarbonée, performance énergétique des bâtiments, adaptation des territoires au changement climatique : autant de tendances qui influent sur les métiers de l’ingénierie. L’observatoire des métiers du numérique, de l’ingénierie, du conseil et de l’événement (Opiiec) vient de les décrypter dans une étude destinée à aider les entreprises à anticiper les besoins en compétences à un horizon de cinq ans.

8 400 ETP supplémentaires à cinq ans

En 2021, les missions liées au changement climatique représentent près de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et mobilisent 42 000 équivalents temps plein (ETP), soit 15 % des effectifs. Selon l’étude, 8 400 ETP supplémentaires seront nécessaires pour répondre aux nouveaux besoins en ingénierie en 2025. Le segment de l’énergie bas carbone s’avère le plus demandeur de compétences avec de forts besoins en ingénierie électrique et génie civil.

Selon l’étude, les enjeux climatiques ne génèrent pas de nouveaux métiers en tant que tels mais transforment profondément ceux qui sont exercés aujourd’hui : « les mêmes métiers seront mobilisés, mais avec des évolutions de compétences majeures. »

Une offre de formation insuffisante pour couvrir les besoins

Dans ses travaux, l’Opiiec s’est aussi penché sur l’offre de formation. A ce stade, les jeunes diplômés ne couvriront que 30 % maximum des besoins en recrutement dans cinq ans. Quant à l’offre de formation continue, elle s’avère insuffisante par manque d’experts notamment. « L’effort de formation de la branche devra accompagner les acteurs de terrain pour compléter cette offre », souligne l’étude.

Pour faire aux futurs besoins en compétences, l’Opieec propose six pistes d’action :

  • Décliner un référentiel de compétences climat pour les entreprises de la branche ;
  • Développer des certifications « créateurs de changement pour le climat » ;
  • Apporter du contenu de formation et de certification numérique ;
  • Développer le « tutorat climat » ;
  • Développer les actions de formation en situation de travail (Afest) centrées sur le climat ;
  • Intensifier l’alternance sur des profils élargis.

Estelle Durand (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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