Montée en charge progressive du Plan d’investissement dans les compétences (Pic)

29 Octobre 2018

Montée en charge progressive du Plan d’investissement dans les compétences (Pic) © Adobe Stock Un an après le lancement du PIC, Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi auprès de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, a dressé un premier bilan et la feuille de route de la mise en œuvre.

Aux manettes depuis trois mois, Jean-Marie Marx a rappelé l’ambition du Plan d'investissement dans les compétences (Pic), doté de 15 milliards d’euros sur le quinquennat. « C’est un investissement sans précédent, très ciblé sur les publics les plus éloignés de l’emploi et inscrit dans la durée ». Mais le haut-commissaire a surtout tenu à expliquer la cohérence et l’articulation des différents programmes portés par le Pic.

Il a indiqué que ce plan ne se limite pas à l’objectif quantitatif de former 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et d’1 million de jeunes éloignés du travail. Il complète la réforme de la formation professionnelle engagée par la loi du 5 septembre 2018. « Nous travaillons sur des approches innovantes, la qualité des formations et la simplification du système ». Une dimension systémique qui a pu rendre, parfois, le déploiement des actions peu lisible. Le Pic intervient sur trois axes - l’analyse des besoins en compétences, le financement des formations et l’expérimentation par des appels à projets - au niveau régional et national.

Anticiper les besoins en compétences

Sur le chantier crucial des prospectives des métiers et des compétences, le Pic a lancé un appel à projets destiné aux branches professionnelles (notre article). « Les branches, notamment dans l’industrie ou l’économie solidaire, se sont regroupées pour y répondre. À ce jour, 10 projets ont été retenus » précise Jean-Marie Marx. On peut y voir les prémices de la restructuration des branches et de leurs observatoires autour des futurs opérateurs de compétences prévue par la réforme. D’autres appels à projets portant sur le développement de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies d’analyse des data emploi seront ouverts dans un second temps. Une enveloppe de 160 millions d’euros sera ainsi consacrée à l’analyse des besoins en compétences.

Pactes régionaux

Sur le volet du financement des formations, le Pic intègre les dimensions d’orientation, d’accompagnement, de remise à niveau et d’innovation pédagogique autour d’une approche parcours. Le forfait moyen du parcours est ainsi fixé à 8 500 euros contre 3 000 euros dans le cadre du Plan 500 000 formations supplémentaires du précédent quinquennat. Les Régions concentrent 52 % des crédits et sont appelées à jouer un rôle clé dans leur mise en œuvre. En 2018, les conventions d’amorçage auront permis de financer 148 000 parcours de formation. Deuxième étage de la fusée est le lancement des pactes régionaux. « Les pactes régionaux sur la période 2019-2022 devraient être signés d’ici la fin de l’année. Ils seront évolutifs et nous avons des exigences claires vis à vis des Régions », déclare Jean-Marie Marx. Pôle emploi sera chargé de déployer ces actions dans les Régions qui auront choisi de ne pas les signer.

Expérimenter et évaluer

Le Pic cherche également à promouvoir l’innovation sur le marché de la formation. La logique des appels à projets permet, selon le haut-commissaire, de « libérer les initiatives au plus près du terrain ». Trois projets ont déjà été lancés, le 100 % inclusion, l’intégration professionnelle des réfugiés et les prépa-apprentissage. Enfin, l’évaluation du Pic est confiée à un comité scientifique indépendant doté d’un budget de 18 millions d’euros. Il a commencé à travailler sur les protocoles d’évaluation en concertation avec les Régions. La consigne est claire : dynamiser l’innovation pédagogiques, mesurer ses impacts et, si besoin, réajuster.

Catherine Trocquemé (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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