L’OPCO EP accompagne ses adhérents dans la mise en place d’Afest

30 Septembre 2021

L’OPCO EP accompagne ses adhérents dans la mise en place d’Afest © Pixabay Catherine Bissey, directrice R&D à l'Opco des Entreprises de Proximité (OPCO EP), invitée de l’UODC le 28 septembre, témoigne de la mise en place d'Actions de formation en situation de travail (Afest) auprès des adhérents de l’Opco, à savoir des TPE.

Pour rappel, la Formation en situation de travail (Fest) se caractérise par trois séquences :  

  • l’analyse du travail afin de repérer les situations de travail formatives  ;

  • La mise en situation réelle de travail par l’apprenant ;

  • La réflexion de l’apprenant avec son formateur/tuteur Afest (Action de formation en situation de travail), qui lui permet de prendre conscience des apprentissages réalisés lors de la mise en situation et du degré de maîtrise par rapport aux attendus. 

Par ailleurs, cette action de formation, « recommandée pour acquérir des savoirs techniques ou procéduraux qui ne s’apprennent qu’en situation », mobilise d’une part des salariés de l’entreprise, apprenants et personnes expérimentées dans les activités à mener, et d’autre part, des formateurs professionnels. Ceux-ci interviennent en appui de l’action mais pas dans sa réalisation : repérage des situations de travail formatives, ingénierie de parcours et outillage afin de « tracer » l’action et de fournir des preuves de sa réalisation au financeur, à savoir l’Opco.   

Au bout de trois années d’existence, cette nouvelle modalité de formation peine à se mettre en place, reconnaît Catherine Bissey. Aussi cette dernière a-t-elle à cœur, avec son équipe, de proposer aux adhérents de l’OPCO EP un cadre « le plus large et le plus simple possible, afin d’accompagner mais pas de participer à l’action de formation »,   qui « se réalise dans et par des acteurs de l’entreprise », insiste-t-elle .   

Le cadre mis au point par l’OPCO EP se décline en 5 principes :  

Les compétences-clés d’un métier, qui s’acquièrent en situation de travail, sont identifiées avec les professionnels du métier. Il s’agit par exemple des activités relatives à l’hygiène-sécurité dans les métiers de l’alimentaire.  

L’ingénierie de parcours est construite avec des experts en pédagogie, à partir des situations de travail identifiées formatives, et en respectant une progression pédagogique (du plus facile au plus compliqué).  Pour exemple, dans les métiers de l’alimentaire, cinq situations sont repérées  :  le nettoyage du laboratoire après fabrication du produit ; la mise en place du poste de travail avant fabrication ; le stockage des denrées périssables  ; la préparation du produit en laboratoire et la préparation du produit en présence du client.  De plus, des prérequis sont associées à chacune de ces situations, et autoévaluées par l’apprenant via un questionnaire disponible sur smartphone (par exemple, la différence entre nettoyage et désinfection, la tenue de travail appropriée, etc.). En cas de besoin, des ressources formatives sont mises à la disposition de ce dernier. Enfin, pour chacune des situations, sont précisés les résultats attendus, relatifs par exemple au respect du protocole, au contrôle des températures… 

Des supports de preuves, à fournir à l’opco dans le cadre du financement, sont proposés à l’entreprise. En aide et soutien aux acteurs dans l’entreprise, un livret de 20 pages est remis.    

Les formateurs Afest qui travaillent dans l’entreprise et maitrisent la ou les compétences visées, sont des volontaires, à savoir bien souvent l’employeur dans les TPE.  

Enfin, ce sont les conseillers formation de l'opco, accompagnateurs des TPE au quotidien, qui proposent aux entreprises le cadre d’intervention en Fest. Aussi ont-ils été formés par un prestataire sur 4 situations : l’approche des TPE susceptibles de mobiliser la Fest  ; la présentation de l’Afest  ; la formation du formateur Fest  ; l’élaboration du bilan de l’action.   

A partir de ce cadrage de Catherine Bissey, un débat s’amorce. Il met notamment en exergue  que  les formateurs professionnels sont mobilisés en périphérie de l’action, mais pas dans sa réalisation car « ils ne sont pas dans, mais à côté du travail, au contraire des formateurs Fest ».  

Par ailleurs, il ressort que cette action, basée sur des situations réelles et non reconstituées, concerne plutôt des personnes en emploi.  Et que la mise en place d’une Afest nécessite de se poser des questions sur le travail et peut impacter par conséquent l’organisation comme le traduit un formateur Afest : « Vous nous avez obligés à prendre du temps à poser les questions avant de s’y mettre, on a pu s’améliorer ».  

Enfin, l'une des difficultés de mise en place de l’Afest réside peut-être dans son « son rayon d’action qui  va bien au-delà de l’apprentissage de gestes professionnel. [En effet], c’est un puissant levier de transformation du travail, du rapport des professionnels avec le travail et donc de l’organisation ». 

En savoir plus sur l'OPCO EP : https://www.opcoep.fr/

En savoir plus sur l'Université ouverte des compétences (UODC) : https://www.uodc.fr/

Françoise Lemaire

 

 

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