L’offre de formation continue à visée écologique peine à trouver son modèle économique

24 Mai 2018

L’offre de formation continue à visée écologique peine à trouver son modèle économique © Pixabay Le Céreq publie les résultats de son enquête « Former vert ». Elle permet de faire le point sur l’offre de formation continue en matière de développement durable. Principal enseignement : un modèle économique difficile à trouver.

« Peu lisible » et généralement « dépourvue de référentiels partagés », l’offre de formation continue à visée écologique « peine à trouver son modèle économique, dans un contexte d’expertise élevée mais aussi de forte instabilité des savoirs ». Tel est le principal résultat issu de l’enquête « Former vert » lancée par le Céreq en 2014. Parce qu’elle est fortement liée à l’innovation, l’économie verte « ne peut pas encore s’appuyer sur un corpus stable de savoirs et de compétences bien identifiés », rapportent les auteurs.

Au terme de l’enquête du Céreq, l’analyse de l’offre de 250 organismes dispensant quelque 200 formations révèle quatre grands domaines de formation : prévention et gestion des risques majeurs ; gestion et traitement des déchets ; économies d’énergie ; protection de la nature et des milieux écologiques. L’analyse économique fait, elle, apparaître cinq modèles stratégiques de dispensation de la formation.

5 modèles de formation

Le premier modèle caractérise l’offre dédiée aux demandeurs d’emploi, dispensée par des associations, sur des durées longues et des niveaux inférieurs au bac. Elle concerne surtout les enseignements en gestion et recyclage des déchets et recourt fortement à des intervenants extérieurs. Le second modèle s’adresse à un public divers, pour des formations de l’enseignement supérieur principalement liées aux économies d’énergie. Elles sont dispensées par des enseignants et des chercheurs de services universitaires de formation continue ou d’organismes privés. Le troisième modèle renvoie à des savoirs très spécifiques qui ne sont pas encore intégrés à l’appareil classique de formation. Ces savoirs sont le plus souvent dispensés dans le cadre de formations de très courte durée, organisées au bénéfice de pairs adhérents. Elles concernent essentiellement des salariés et chefs d’entreprise artisanale, agricole ou du bâtiment.

Les deux derniers modèles relèvent des formations délivrant des certificats de type habilitation, attestant l’acquisition de normes et de réglementations, sans niveau requis ni visé. Ils se distinguent par leur mode de dispensation, en « inter » ou « intra » entreprise.

Inscrire l’expertise dans l’offre

Le Céreq le souligne en conclusion, ces cinq modèles ont en commun une « expertise élevée des personnels pédagogiques, pour la plupart extérieurs aux organismes ». Il ressort de cette observation la recommandation suivante : « Une meilleure association de ces professionnels aux ingénieries de formations, ainsi qu’un investissement parallèle dans la formation des formateurs, permettraient d’inscrire durablement cette expertise dans l’offre de formation continue. »

Les publications de l’enquête « Former vert » :
Les différents visages des formations continues à visée écologique, Alexandre Meliva, Christèle Gauthier, Céreq Bref n° 363, avril 2018
Quelle économie pour les formations professionnelles continues à visée écologique ?, Alexandre Méliva, Christèle Gauthier, Céreq Études n° 14, avril 2018

Nicolas Deguerry (Centre Inffo pour Défi métiers)

 

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