Les pratiques de formation et de tutorat pour les bénéficiaires de contrat aidé

04 Mai 2018

Les pratiques de formation et de tutorat pour les bénéficiaires de contrat aidé © Fotolia En avril 2018, la Dares a publié une étude sur l’accès à la formation des salariés en contrat aidé et le tutorat dont ils ont bénéficié. Plus l'entreprise est grande, plus le taux accès à la formation est important.

Les Contrats uniques d’insertion (CUI) et les Emplois d’avenir (EA) sont des emplois subventionnés par les pouvoirs publics à destination des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières.

Le CUI est entré en vigueur au 1er janvier 2010 en France métropolitaine et à partir du 1er janvier 2011 dans les départements d’outre-mer. Dans le secteur marchand, le CUI prend la forme d’un Contrat initiative emploi (CUI-CIE) et d’un Contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) dans le secteur non-marchand.
Les EA sont entrés en vigueur au 1er novembre 2012.

Les employeurs s’engagent à assurer un tutorat au salarié recruté en échange d’une prise en charge partielle du salaire par l’Etat.

Les obligations de formation sont différentes selon le type de contrat. Dans le cas des EA, l’employeur doit s’engager à proposer une formation aux jeunes peu ou pas diplômés.

En 2014, la Dares a réalisé une enquête auprès d’établissements ayant embauché en contrat aidé, afin d’analyser l’usage que les employeurs font des dispositifs d’aide à l’emploi.

45 % des bénéficiaires ont suivi au moins une formation (autre qu’une adaptation au poste de travail) et 32 % n’en ont pas encore reçu, mais devraient en suivre une dans les mois à venir.
Au total, 77 % des bénéficiaires devraient être formés dans l’année qui aura suivi leur embauche.

Les salariés de 50 ans et plus ont moins souvent accès à la formation que les jeunes. L’une des raisons est que le dispositif des EA est plus contraignant en matière de formation.

Les femmes en CUI-CAE sont un peu plus formées que les hommes alors que le taux d’accès à la formation est similaire entre les hommes et les femmes pour les EA non marchands et les CUI-CIE.

Plus l’entreprise est grande, plus le taux d’accès à une formation est élevé.

Dans le secteur marchand, les personnes en contrat aidé accèdent plus à des formations lorsque l’employeur pense les garder à l’issue de l’aide financière de l’Etat.

Les employeurs déclarent que presque tous les bénéficiaires d’un contrat aidé ont un tuteur (96 %).

Dans le secteur marchand, les bénéficiaires sont un peu moins encadrés et le tuteur est presque toujours le supérieur hiérarchique du salarié.

Cette différence peut s’expliquer par la taille des entreprises : les établissements employeurs du secteur marchand sont de plus petite taille que ceux du secteur non marchand et ont donc moins de collaborateurs disponibles pour la fonction de tuteur.

Cependant la partie des salariés, tous contrats confondus, qui ne suit pas une formation, bénéficie néanmoins d’un suivi régulier par son tuteur.

Pour les personnes en CUI-CIE, l’âge joue également : les jeunes ont une probabilité plus forte de bénéficier d’un accompagnement plus intensif contrairement aux seniors.

Pour les personnes en CUI-CAE, les personnes à temps partiel inférieur à 20 heures ont moins de chance de bénéficier d’un accompagnement intensif que les autres personnes à temps partiel, l’employeur ne souhaitant s’investir vis-à-vis d’un salarié peu présent dans l’entreprise.

Pour en savoir plus : Dares Analyses, avril 2018, n° 16

Céline Desserre

Tags : contrat aidé | accès à la formation | tutorat | CUI