Formation continue : renforcer les liens entre les entreprises et l’enseignement supérieur

18 Mai 2021

 Formation continue : renforcer les liens entre les entreprises et l’enseignement supérieur © Veolia L’essor des universités d’entreprises offre des possibilités de collaboration aux établissements d’enseignement supérieur. C’est ce qui ressort d’une table ronde organisée le 7 mai lors du colloque « Formation tout au long de la vie » de la CGE*.

Chez Renault, les formations proposées aux salariés répondent à des axes stratégiques définis chaque année par les directions, explique Laurent Grembowski, pilote compétences de l’école de l’ingénierie Renault. Ensuite, les représentants de l’école et les experts métiers définissent ensemble les formations à créer pour chaque direction : « Notre particularité est de reposer essentiellement sur des formateurs en interne, qui sont des salariés. Toutefois si nous n’avons pas les compétences, nous pouvons collaborer avec différents organismes, qui peuvent nous proposer des parcours certifiants ou qualifiants. »

De son côté, Microsoft a fait de la formation « une priorité stratégique de l’entreprise », note Kristine Naltchadjian, directrice éducation chez Microsoft France. Elle est désormais rattachée au business et non plus aux RH. « Nous formons nos salariés, mais aussi nos clients et partenaires à nos produits, a-t-elle précisé. Nous essayons donc de mutualiser nos contenus sur des plateformes qui peuvent être accessibles à tous ». L’entreprise peut délivrer des certifications techniques et pour les salariés, « des contenus sont dédiés aux managers, avec un focus sur le coaching pour changer la culture de management ». Comme Renault, l’entreprise mise d’abord sur les compétences existantes en interne pour produire le contenu, « sinon nous faisons des partenariats avec des experts ».

Compétences transversales et métier

Pour Frank Giuliani, président de la FCU, le réseau de la formation continue à l’université qui œuvre au lancement « d’expérimentations pour faire évoluer les modèles pédagogiques et les offres de formation », « l’enseignement supérieur doit produire les compétences de demain ». Ce qui nécessite, selon lui, « une stratégie d’alliance » avec les entreprises, comme dans les universités ou CFA d’entreprise ou de branche. L’idée est de « construire des parcours de sécurisation et de compétences, pour acquérir à la fois des compétences transversales et métier ». En lien avec les opérateurs de compétences, il souhaite « développer des certifications sur l’ensemble du territoire, ce qui permettrait d’assurer une homogénéité dans la formation continue ». Il cite notamment l’exemple du secteur bancaire, qui, grâce à l’École supérieure de la banque, a structuré le référentiel de la licence professionnelle.

Socle généraliste

Mohamed Ou-Halima, directeur de la formation continue à l’Insa de Lyon est responsable du Mastère spécialisé informatique, qui est accessible à la fois en formation initiale et continue. Ce mastère « fournit un socle généraliste pour permettre aux étudiants de construire leur projet professionnel, dans un secteur qui compte de nombreux métiers ». La majorité des participants opte pour cette formation dans le cadre d’une reconversion. Certains sont salariés d’entreprise, d’autres au chômage. Parfois, des entreprises forment un ou plusieurs salariés, par ce biais. « Nous avons la possibilité d’adapter nos parcours pour répondre à ces demandes. »

* Conférence des grandes écoles

Sarah Nafti  (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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