En Ile-de-France, les petites entreprises sont plus ouvertes aux salariés les plus fragiles

13 Juillet 2017

En Ile-de-France, les petites entreprises sont plus ouvertes aux salariés les plus fragiles © Fotolia Les TPE et PME franciliennes offrent des conditions d’emploi plus précaires mais ont des politiques de recrutement plus ouvertes que les grandes entreprises, analyse une étude de la Direccte Ile-de-France.

Plus de neuf entreprises franciliennes sur dix sont des TPE ou des PME, qui emploient plus de la moitié des salariés franciliens. Alors que la région se caractérise par une forte présence de grandes entreprises et de cadres, c’est sur les salariés de ces petites entreprises qu’a choisi de se pencher la Direccte Ile-de-France. Dans une récente étude, basée sur les résultats de l’enquête « Emploi » de l’Insee, elle analyse leurs profils et leurs conditions d’emploi et de travail.

Plus de « diversité » dans les TPE franciliennes

Les salariés des plus petits établissements présentent des caractéristiques propres, note l’étude. Les femmes sont en proportion plus nombreuses dans les TPE de moins de 10 salariés (leur part s’élève à 49 % des salariés). C’est aussi le cas des salariés étrangers, particulièrement dans la construction (26 %), le commerce (16 %) et l’hôtellerie restauration (18 %).

Les jeunes sont aussi plus nombreux dans les TPE et PME franciliennes (autour de 25 % des salariés, contre 18 % dans les grandes entreprises), ce qui est notamment lié au recours plus fréquent à l’apprentissage. Les salariés de 60 ans et plus, minoritaires, sont aussi proportionnellement plus nombreux dans les plus petits établissements.

Des emplois plus précaires mais plus accessibles aux plus fragiles

Le recours au Contrat à durée déterminée (CDD) est plus fréquent dans les TPE (7 %) et dans les PME (6 %) que dans les grandes entreprises (4 %). Le temps partiel est aussi beaucoup plus fréquent dans les établissements de taille petite (18 % des salariés) ou moyenne (11 %) que dans les grands (8 %). Il est aussi plus souvent subi : 27 % des salariés à temps partiel dans les TPE souhaitent travailler plus, contre 22 % des mêmes salariés de PME, et seulement 12 % de ceux des grandes entreprises.

Malgré ces conditions de travail plus précaires, l’étude émet néanmoins l’hypothèse que les plus petites entreprises franciliennes  font preuve d’une « plus grande souplesse » et d’une « plus grande ouverture des pratiques de ressources humaines ».

Elles sont ainsi plus susceptibles d’employer des salariés qui étaient au chômage au moment de leur recrutement (22 % et 20 % des salariés de TPE et PME, contre 13 % des salariés de grandes entreprises). Par ailleurs, le mode d’entrée dans l’entreprise par relations familiales, personnelles ou professionnelle est beaucoup est beaucoup plus fréquent dans les TPE (40 %) et dans les PME (27 %) que dans les grandes entreprises (20 %).

Consulter l’étude de la Direccte Ile-de-France

Raphaëlle Pienne

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