2019, un nouveau départ pour l’apprentissage ?

18 Avril 2019

© Défi métiers La loi « Avenir professionnel » impacte, entre autres, le dispositif apprentissage : une table ronde organisée par Défi métiers le 16 avril a permis de partager les points de vue entre les parties prenantes.

Le dispositif de l'apprentissage, jugé faciliter l’accès à l’emploi durable, « a été révisé afin de faciliter sa mobilisation. En l'assouplissant et le simplifiant, le législateur a souhaité le rendre plus efficient, plus transparent et plus sécurisant pour les entreprises et pour les jeunes » a précisé en introduction du Rendez-vous de la formation et de l'orientation organisé par Défi métiers le 16 avril, Bénédicte Garnier. Après avoir rappelé les évolutions pour les divers acteurs (voir support de présentation en fin d'article), les intervenants ont partagé avec le public leur réflexion et apporté nombre de précisions. Néanmoins, « des zones d'ombre » restent à éclairer ultérieurement lorsque tous les décrets seront parus.

Une chose est sûre : le rôle des acteurs étant modifié, leurs relations vont s’organiser différemment : les branches professionnelles sont désormais au cœur du réacteur [...]. La situation actuelle est en miroir de la précédente, la Région devient les fonds libres de l’apprentissage », a expliqué Vincent Vergès, directeur de l’apprentissage au Conseil régional d’Ile-de-France. C’est ainsi que l’Opco Atlas, représenté par Nizarr Bourchada, responsable du service promotion des métiers et de l’apprentissage au Fafiec, aidera les entreprises adhérentes à rechercher des apprentis en informant sur les métiers du numérique, insuffisamment connus. De ce fait, il appuiera les Régions dans leur nouvelle compétence d’information aux scolaires et étudiants. Pour le Fafih, Opco à forte intensité de main d’œuvre, représenté par Jean-Nicolas Dez, Directeur général délégué à la transition, l’enjeu est la complémentarité des financements entre les différents financeurs (Opco et Régions) car « il est crucial de maintenir un service de proximité d’apprentissage pour les très jeunes encore mineurs ». D’autres missions, portant par exemple sur la transformation de CQP en titres professionnels pour qu'ils puissent être obtenus par l’apprentissage, ou encore sur le service aux petites entreprises, sont dévolues aux Opco ont rappelé leurs représentants.

La libéralisation du marché est vue comme une opportunité aussi bien par Sevérine Le Mière, représentante des CFA actuels via l’Ardir Ile-de-France, que par Hélène Fourrier, directrice du CFA d’entreprise Adecco. Pour l’une, c’est l’occasion de mettre en valeur l’innovation pédagogique et la qualité d’accompagnement des jeunes dont les CFA font preuve. C’est aussi l’occasion pour ces derniers de renforcer leur savoir-faire sur le sourcing des apprentis. Pour l’autre, c’est l’opportunité de recruter des collaborateurs, de les former et les fidéliser.

Sur le terrain, cette transformation du système est accompagnée par des agents de la Direccte pendant trois ans, a précisé Christophe Seroux, référent Apprentissage à la Direccte Ile-de-France (voir kit de création d’un CFA), en charge par ailleurs de repérer les ajustements de textes légaux si besoin. L’Etat a également un rôle de cadrage et de contrôle des CFA et organismes de formation, a-t-il rappelé.

Considérant les simplifications administratives et d'avance de trésorerie, le système pourrait être désormais plus favorable au développement de contrats d’apprentissage que de contrats de professionnalisation. Encore faut-il que les employeurs trouvent un intérêt dans ce dispositif et puissent s’organiser pour accueillir des jeunes apprenti(e)s et les former.

Support de présentation de l'événement

Françoise Lemaire

Tags : réforme de la formation professionnelle | apprentissage

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