Une meilleure reconnaissance des qualifications des réfugiés pour faciliter leur intégration

11 Février 2020

Hélène Bekker - Responsable du Département Reconnaissance des Diplômes - Centre ENIC-NARIC France de France Education International (ex-CIEP)

Le centre ENIC-NARIC se forme à la méthodologie développée dans le cadre du projet EQPR, pour reconstruire le parcours académique de personnes réfugiées qui ne sont pas en possession des documents l’attestant.

« La méthodologie des entretiens devrait, en effet, nous aider à compléter notre procédure de reconnaissance des qualifications des réfugiés dans un avenir proche. »
Pouvez-vous présenter France Education International (FEI, ex-CIEP) et votre service ?

FEI est l’opérateur public en charge de la coopération internationale en éducation, du pré-primaire au supérieur. Il offre une expertise dans les domaines de l’éducation et de la formation, de l’enseignement du et en français, des certifications en langue française, de la reconnaissance des diplômes et de la mobilité internationale. Créé en 1945, il vient de changer de nom.

Rattaché à FEI depuis 2004, le centre ENIC-NARIC France est le seul centre pour la reconnaissance des diplômes étrangers en France avec 21 agents permanents représentant une quinzaine de nationalités et langues. Il appartient au réseau international European network of information centers - National academic information centers, constitué de 55 centres situés dans 54 pays et coordonné par la Commission européenne, le Conseil de l’Europe et l’Unesco.

Son expertise est sollicitée à trois niveaux : l’évaluation des diplômes étrangers et la délivrance d’attestations de comparabilité ; l’information du public sur la reconnaissance des diplômes étrangers en France ; la coopération nationale et internationale dans le domaine de la reconnaissance des diplômes.

Vous avez mis en place une procédure spécifique pour la reconnaissance des diplômes des réfugiés. Pouvez-vous la présenter ?

Les demandes de reconnaissance de diplômes de réfugiés, demandeurs d’asile et bénéficiaires de la protection subsidiaire sont traitées en priorité et gratuitement. Comme le prévoit la Convention de Lisbonne de reconnaissance des qualifications, ces personnes bénéficient par ailleurs d’une certaine souplesse dans l’étude de leur dossier lorsqu’ils ne sont pas en mesure de présenter tous les documents requis.

Grâce aux travaux réalisés dans plusieurs projets internationaux, notamment le projet EQPR (European qualification passport for refugees), nous espérons prochainement être en mesure de proposer une procédure adaptée aux personnes réfugiées qui ne seraient plus en possession d’aucun document attestant leur niveau académique.

Récemment, vous avez accueilli une session d’EQPR en France. Comment ce dispositif répond aux enjeux de reconnaissance soulevés par les acteurs ?

Ces sessions d’évaluation des qualifications des réfugiés sont organisées dans le cadre du projet EQPR piloté par le Conseil de l’Europe, dont FEI est partenaire. A ce titre, huit agents du centre ENIC NARIC France ont participé à des sessions d’évaluation. Cela leur a permis de se former à la méthodologie développée dans le cadre de ce projet, qui vise à reconstruire le parcours académique de personnes réfugiées qui ne sont pas en possession des documents l’attestant.

La seconde session en France s'est tenue à FEI, nous permettant d’accueillir 36 personnes réfugiées, dont 29 ont pu obtenir un "passeport européen de qualification".

Le passeport européen de qualification des réfugiés est un document développé dans le cadre du projet éponyme EQPR. Il fournit une évaluation des qualifications académiques basée sur les documents disponibles et un entretien. Il présente aussi les informations portant sur l’expérience professionnelle du candidat et sa maîtrise des langues. Par son caractère officiel et la fiabilité des informations qu’il contient, il facilite l’intégration sur le marché du travail et/ou une poursuite d’études.

Une conclusion ?

FEI, notamment à travers le centre ENIC-NARIC France, œuvre à une meilleure reconnaissance des qualifications des réfugiés afin de faciliter leur intégration dans notre pays. Des avancées importantes ont pu être réalisées dans le cadre des actions décrites ci-dessus. La méthodologie des entretiens devrait en effet nous aider à compléter notre procédure de reconnaissance des qualifications des réfugiés dans un avenir proche.

Propos recueillis par Christine Barret-Labre (février 2020)

Tags : France Education international | diplômes | refugiés