Un financeur solidaire pour la création d'entreprise en Ile-de-France

23 Décembre 2014

Patrice Simounet - Président d'Ile-de-France Active

Patrice Simounet Ile-de-France Active finance et accompagne les projets de création et de reprise d'entreprises dans les territoires franciliens. Son réseau cible en priorité les publics les plus éloignés de l'emploi.

« L'accompagnement est une ressource clé, qui multiplie par deux ou par trois les chances de réussite d'un projet. »
Quelles sont les missions d'Ile-de-France Active ?
La mission d'Ile-de-France Active est de mettre la finance au service de l'emploi et des territoires. Nous coordonnons le réseau des associations France Active implantées dans chacun des huit départements de la région. Celles-ci financent les créateurs et repreneurs d'entreprises en garantissant leur emprunt bancaire. Cette aide cible en priorité un public éloigné de l'emploi. Ainsi, l'an passé, 82 % des bénéficiaires de nos garanties d'emprunt étaient des demandeurs d'emploi. L'autre volet de l'action de notre réseau est le financement des associations et des entreprises de l'économie sociale et solidaire, par des garanties bancaires et des prêts solidaires.

La quasi-totalité des porteurs de projets bénéficie en outre d'un accompagnement. C'est en effet une ressource clé, notamment en période de mauvaise conjoncture économique, qui multiplie par deux ou par trois les chances de réussite d'un projet.

Quels sont les projets éligibles et comment se déroule la demande de financement?
Notre soutenons plutôt les projets de création ou de reprise de très petites entreprises (TPE), ne dépassant pas quelques dizaines d'emplois, et un budget de quelques dizaines de milliers d'euros, voire quelques centaines de milliers d'euros.

Nous sommes ouverts à tous types de projets, dans tous les secteurs d'activité : commerce, bâtiment, restauration, innovation, internet, services à la personne, etc. Nous intervenons lorsque le dossier est déjà avancé, lorsque le plan d'affaires de l'entreprise a déjà été établi. Après avoir validé sa viabilité économique et étudié ses possibilités de financement, le projet est présenté à un comité d'engagement. Dans ce comité, on retrouve différents experts qui ont une très bonne connaissance du territoire : des représentants des collectivités locales, des banquiers, des experts comptables, des chefs d'entreprises, etc. Les dossiers dont le financement a été validé par le comité pourront bénéficier de la garantie d'emprunt France Active. C'est un levier important pour mobiliser ensuite d'autres partenaires financiers.

Durant le comité d'engagement, nous évaluons également les besoins d'accompagnement dont aura besoin le porteur de projet : aide au niveau de la gestion des ressources humaines, du montage financier, etc. Il peut être décidé alors de mettre en place un parrainage. Notre action se poursuit ensuite au delà de la création de l'entreprise. Dans le cas d'une garantie d'emprunt, l'accompagnement dure jusqu'à ce que le prêt soit remboursé.

Vous mettez en œuvre des dispositifs particuliers pour les jeunes, les femmes ou les demandeurs d'emploi, pouvez-vous nous les présenter?
Pour les demandeurs d'emplois et les bénéficiaires de minima sociaux, nous pouvons en effet mobiliser, en plus de la garantie d'emprunt, le dispositif national du prêt d'honneur Nacre (Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d'entreprise.

Pour faciliter l'accès des femmes au crédit bancaire, nous disposons également du Fonds de garantie à l'initiative des femmes (FGIF, dont nous sommes l'opérateur pour l'Etat. C'est un très bon outil, qui permet de lutter contre le très fort plafond de verre auxquelles se heurtent les femmes souhaitant créer leur entreprise. Notre concours Créatrices d'avenir récompense par ailleurs chaque année des projets portés par des femmes entrepreneures en Ile-de-France.

Enfin, les jeunes sont aussi une cible privilégiée de nos actions. Nous avons créé à leur intention le dispositif Cap'Jeunes. Il permet à des créateurs d'entreprise âgés de moins de 26 ans de bénéficier d'un accompagnement et d'une subvention de 2000 euros, financée en partie par des entreprises locales. Nous avons accompagné une cinquantaine de jeunes avec ce dispositif en 2013 et espérons en accompagner une centaine en 2014.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne (Février 2014)

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