Un budget formation exceptionnel pour accompagner les mutations dans le BTP

12 Novembre 2015

Philippe Guez - Secrétaire général de Constructys Ile-de-France Grande couronne et Région parisienne

Philippe Guez Lauréat de l’appel à projets MutEco, l’Opca Constructys dispose d’un budget exceptionnel pour financer des formations, afin d’accompagner les mutations économiques dans les petites entreprises du BTP.

« Constructys s’est naturellement positionné sur l’appel à projets MutEco car la construction est confrontée à plusieurs mutations. »
Pourquoi votre Opca s’est-il positionné sur MutEco ?
MutEco est un appel à projets du Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (FPSPP) qui concerne exclusivement les mutations économiques, fonctionnelles ou organisationnelles, survenant au sein des entreprises. Il vise à aider les entreprises à relever ces défis grâce à la formation. Constructys, au niveau national, s’est naturellement positionné sur l’appel à projets du fonds paritaire car la construction est confrontée à plusieurs mutations.
Quels en sont les axes d’intervention ?
En premier lieu, MutEco doit permettre d’accompagner les mutations induites par la transition énergétique. Dans la construction, elles sont d’ordre technique, avec des métiers qui doivent évoluer, mais aussi commerciales, ou encore organisationnelles, les entreprises devant désormais pouvoir proposer une offre globale associant plusieurs corps de métiers. Tous ces éléments nécessitent des actions de formation pour l’ensemble des catégories socioprofessionnelles.

Une autre mutation est liée à la fibre optique, dans le cadre du Plan France Très Haut Débit. MutEco va permettre de faire évoluer des électriciens, parfois mis en difficulté par la crise touchant le secteur du bâtiment, grâce à des passerelles courtes, vers des métiers d’avenir liés à l’installation de la fibre.

Un troisième axe propre à l’Ile-de-France concerne le Grand Paris. Les entreprises franciliennes intervenant dans le gros œuvre, affectées par le fort ralentissement du marché du neuf, vont pouvoir grâce à des modules courts faire évoluer leurs collaborateurs vers les fonctions du génie civil. L’objectif est de leur permettre de se positionner sur les marchés liés au Grand Paris et d’éviter les licenciements.

Un dernier axe transversal porte sur l’activité partielle. Il est proposé aux entreprises en grande difficulté, ayant mis leurs salariés en chômage partiel, de profiter de cette période pour organiser une montée en compétences.

Quel est le montant affecté à ces projets et pour quels types de formations ?
MutEco représente un budget de 8 millions d’euros, sur trois ans (de 2014 à 2016), pour l’ensemble de l’Ile-de-France. Il permet de financer des formations courtes, de 35 heures à 150 heures. Il s’agit d’actions concises et ciblées, avec généralement un positionnement des salariés et la mise en œuvre de parcours personnalisés, qui répondent aux besoins et aux contraintes des entreprises de la construction. Nous sommes par ailleurs dans une logique de co-investissement : Constructys finance à hauteur de 70 % les frais d’enseignement, le solde restant étant à la charge de l’entreprise.
Les études montrent un très faible taux de formation dans le secteur de la construction. Comment y remédier ?
Le faible niveau de formation concerne exclusivement les entreprises artisanales. En revanche, sur les PME et les Grandes Entreprises, le taux de formation est élevé, mais dans la construction beaucoup de formations sont intégrées au travail, et ne sont donc pas comptabilisées par Constructys. Le secteur est composé pour 90 % de TPE. Il s’agit d’une population très nombreuse, difficile à contacter car les chefs d’entreprises sont sur les chantiers en journée, et qui doit être sensibilisée à la formation. C’est un travail de fond, qui nécessite des moyens humains très importants. Même si notre Opca s’appuie sur les organisations professionnelles pour maintenir et développer la formation, nous sommes encadrés dans nos investissements par la convention d’objectifs et de moyens que nous concluons avec la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP).

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne (octobre 2015)

Tags : bâtiment | mutations économiques | formation