Simplon.co forme aussi les femmes au numérique

14 Mai 2018

Camille Meier - Responsable Grands Projets à Simplon.co

Camille Meier Les femmes sont encore nettement sous-représentées dans les métiers techniques du numérique et dans les écoles de code où elles ne constituent que 5 à 8 % des effectifs. Simplon.co a développé un programme spécifique pour ce public.

« Notre objectif : redonner confiance aux apprenantes et leur faire réaliser les perspectives d’emploi, de développement et d’épanouissement professionnels qu’elles ont dans les métiers - et notamment les métiers techniques - du numérique. »
Pouvez-vous nous présenter Simplon.co ?
Simplon.co est né en 2013 d'un double constat : à la fois, celui de la nécessité de former plus de personnes dans le domaine du numérique pour répondre aux besoins des recruteurs ; et celui de la possibilité de faire du numérique un véritable levier d'inclusion en formant des personnes éloignées de l'emploi aux métiers du numérique. Aujourd'hui, nous avons atteint le chiffre de 2 056 apprenants et apprenantes formés ou en cours de formation, dont 60 % de niveau Bac ou infra-Bac et 35 % de femmes, pour 75 % de sorties positives.
Pourquoi le programme #Hackeuses est-il exclusivement réservé aux femmes ?
Nous organisons régulièrement des sas de remobilisation, de préqualification et d’orientation pour réussir à embarquer, dans nos formations qualifiantes, des jeunes éloignés de l’emploi. Dans le cadre des travaux de groupe que les jeunes sont amenés à réaliser, nous avons remarqué que s'installait presque systématiquement une division genrée du travail : les garçons se chargent du code et les filles font le webdesign !

Nous avons décidé de mettre en place un sas réservé aux femmes - le sas #Hackeuses - pour créer un environnement neutre, libéré des stéréotypes de genre, dans lequel les filles se sentent libres de s’essayer aux aspects techniques du numérique. Avec le sas #Hackeuses, nous essayons également de sensibiliser les prescripteurs - travailleurs sociaux, mais également professeurs et parents - pour qu’ils pensent à orienter les filles et les femmes vers les métiers techniques du numérique dans lesquelles elles sont tout autant compétentes et légitimes que les hommes.

La formation dure un mois et demi. Elle permet de découvrir les métiers du numérique, d’acquérir un socle de compétences numériques, de développer ses compétences transposables et de préparer un projet de formation qualifiante. Notre objectif est de redonner confiance aux apprenantes et leur faire réaliser les perspectives d’emploi, de développement et d’épanouissement professionnels qu’elles ont dans les métiers - notamment les métiers techniques - du numérique.

Bien entendu, nous favorisons la mixité dans nos formations longues : nous avons d’ailleurs un objectif de parité d'ici 2020.

Comment ces femmes ont-elles été sensibilisées ?
Nous sensibilisons et recrutons les apprenants du sas #Hackeuses grâce à des ateliers pratiques pour s’initier au code et à la pensée informatique que nous organisons main dans la main avec les acteurs de l’accompagnement des jeunes. Nous travaillons notamment avec les Missions Locales, Pôle emploi, les Écoles de la 2ème chance, la Mission de lutte contre le décrochage scolaire et les EPIDE.
Comment déconstruire les stéréotypes de genre attachés à la profession ?
Dans le cadre du programme #Hackeuses, nous prenons le temps d’écrire une autre histoire et d’enseigner aux apprenantes le rôle clé qu’ont joué les femmes dans l’histoire de l’informatique (voir notamment Ada Lovelace, Hedy Lamarr, Grace Hopper). Nous travaillons également sur la déconstruction des stéréotypes. Enfin, les apprenantes rencontrent chaque semaine des professionnelles femmes du secteur du numérique qui viennent leur présenter leur métier et, ce faisant, jouent un rôle de figure d’identification. A noter que nous mettons également en place ces actions dans nos formations qualifiantes pour sensibiliser l’ensemble des apprenants et établir un environnement de travail accueillant et bienveillant pour les apprenantes.

Propos recueillis par Faïssa Moustapha (mars 2018)

Tags : action de formation | femmes | métiers du numérique | simplon.co