Services automobiles : des métiers non-délocalisables

03 Octobre 2013

Sabrina Kockenpoo - Déléguée régionale Ile-de-France de l'Anfa

Services automobiles : des métiers non-délocalisables Les services de l’automobile recourent majoritairement à l’apprentissage comme mode de recrutement. En Ile-de-France, leurs métiers doivent s’adapter aux nouveaux enjeux de déplacement.

« Dans près de huit recrutements sur dix, les entreprises ont recours à l’apprentissage. »
On parle de crise de l’automobile, cela affecte-t-il votre secteur ?
La crise n’a pas épargné les services de l’automobile, mais le secteur est beaucoup moins touché que celui de la construction automobile. La branche comprend en effet toutes les activités autour du véhicule, une fois sorti de l’usine. Cela va des activités liées à la vente jusqu’au recyclage, en passant par la réparation ou la location des voitures, poids lourds, motos ou vélos. Il s’agit uniquement de services et c’est une notion très importante car il s’agit de métiers qui ne sont pas délocalisables.
Quels sont les acteurs franciliens de la branche des services de l’automobile ?
Comme dans l'ensemble du pays, la branche des services de l’automobile reste une branche artisanale. La taille moyenne des entreprises en Ile-de-France est de 6 salariés, mais on y rencontre également de grands groupes de distribution automobile employant plus de 1 000 salariés. La part des concessions automobiles, qui assurent des activités de commercialisation et de réparation de véhicules, y est plus forte que dans d’autres régions. Il y a également une dominante assez importante d’auto-écoles et d’activités de location de véhicules et de commerce de pièces.
Quelles qualifications faut-il avoir pour travailler dans le secteur ?
Nos entreprises recrutent à tous les niveaux de qualifications, en particulier après une formation en apprentissage ; c’est un dispositif qui reste culturellement très ancré dans notre branche. Le CAP vise une insertion professionnelle rapide, notamment au sein des centres de service rapide. Néanmoins, les entreprises recherchent désormais à recruter des jeunes titulaires d’un bac professionnel. Complété par un CQP en 1 an, ce diplôme permet par exemple de s’orienter vers le poste de technicien expert en diagnostic, très recherché actuellement. Par ailleurs, pour la réception automobile, les entreprises ont également besoin de BTS. Enfin, la Branche développe depuis déjà 10 ans une licence professionnelle Organisation Management des Services de l’Automobile en partenariat avec l’université de Paris Est Marne-la-Vallée. Cette licence permet d’accéder à des postes de chef d’atelier, et à terme de chef d’après-vente.
Existe-t-il des parcours pour les demandeurs d’emplois ?
Pour près de 80% des recrutements, les entreprises ont recours à l’apprentissage. Néanmoins, des dispositifs en direction des demandeurs d’emplois sont mis en place et concernent, notamment en Ile-de-France, la filière services rapides et la filière cycles. Nous avons développé différents partenariats avec les missions locales des Hauts-de-Seine (92) et de Seine-Saint-Denis (93), l’Afpa de Saint-Ouen-l’Aumône (95) et l’INCM (Institut National du Cycle et du Motocycle), notamment par le biais de la Préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) qui vise à l’obtention d’un CQP Opérateur Service Rapide ou d’un CQP Mécanicien Cycles.
Quelles sont les qualités requises pour travailler dans les services de l’automobile ?
Il faut avant tout être passionné. Ensuite, pour les métiers axés davantage sur la technique (liés à l’entretien et à la réparation des véhicules), il est nécessaire, pour pouvoir ensuite évoluer professionnellement, d’avoir des bases solides en électricité et en électronique, et des connaissances appliquées en sciences et mathématiques. Aujourd’hui, la formation tout au long de la vie est incontournable au regard des évolutions technologiques que connaît notre Branche. La relation clientèle fait aussi partie des compétences attendues, même pour les métiers techniques.
Existe-t-il des opportunités d’emploi particulières en Ile-de-France ?
Les entreprises sont à la recherche de profils de techniciens auto, moto et camions. La double compétence carrosserie-peinture est appréciée. C'est aussi le cas du BTS et de la Licence professionnelle, qui permettent d’accéder aux postes de réceptionnaires et management. Plus largement, les nouveaux enjeux d’éco-mobilité ou d’auto-partage créent de nouveaux marchés dans la région. Le vélo « mobilité » se développe aussi, notamment à Paris et en petite couronne, et crée de nouvelles opportunités pour les entreprises du secteur.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne

Tags : services | automobile | camion | moto | cycle