Parrainage : les franciliens s'impliquent

29 Septembre 2014

Mounir Nabil - Chargé de mission alternance et parrainage, Pôle entreprises, emploi et économie de la Direccte Ile-de-France

Mounir Nabil Le parrainage connaît une progression continue en Ile-de-France. Porté par une centaine de structures, le dispositif a bénéficié à près de 6 500 personnes en 2013.

« La Direccte Ile-de-France organise l'animation régionale du parrainage pratiquement depuis les débuts du dispositif. »
Quel est le rôle de la Direccte dans le déploiement du dispositif du parrainage en Ile-de-France ?
Le parrainage est mis en œuvre dans le cadre d'une campagne annuelle de financement lancée en début d'année. La Directte d’Ile-de-France est en charge du conventionnement des structures porteuses du dispositif et du suivi, du bilan quantitatif et qualitatif des actions menées pour les structures qu’elle finance. Plus largement, nous organisons l'animation régionale du parrainage pratiquement depuis les débuts du dispositif. Dans ce cadre, nous avons notamment mis en place des outils et des actions de communication (guides, vidéos, rencontres, assises régionales, etc.) et initié des programmes de formation pour les parrains et les directeurs de projets.

Nous sommes actuellement en train de travailler sur un outil numérique qui devrait être disponible en octobre prochain. Il s'agit d'un support téléchargeable qui permettra aux parrains de s'auto-former sur les différentes problématiques du parrainage. Cette solution a été choisie car il n'est pas toujours facile pour les bénévoles de se déplacer pour suivre une formation dans une vaste région comme l'Ile-de-France.

Combien de structures organisent-elles des actions de parrainage en Ile-de-France ?
Une centaine de structures portent actuellement le dispositif. Il y a trois financeurs institutionnels du parrainage dans la région, ce qui n'est néanmoins pas une spécificité francilienne. En 2014, la Direccte Ile-de-France finance 37 structures, la DRJSCS 18 structures sur des quartiers relevant le plus souvent de la politique de la ville, et le Conseil Régional environ 46 structures, uniquement des missions locales.

Les structures que nous finançons à la Direccte peuvent être des missions locales, mais aussi des structures associatives ou les services emploi de certaines collectivités qui parrainent des jeunes et des adultes. Elles sont quasi exclusivement sur des zones prioritaires et concernent les publics spécifiques définis dans la circulaire DGEFP n° 2005-20 du 04 mai 2005 (jeunes de milieux défavorisés, jeunes connaissant des discriminations de toutes sortes etc.).

Le parrainage progresse-t-il dans la région ?
Le dispositif est en progression continue. A ses débuts, il y a plus de 20 ans, il y avait en Ile-de-France une vingtaine de structures qui parrainaient environ 300 personnes. Aujourd'hui il y a près de 6 500 parrainés. Leur nombre augmente en continu, avec 150 à 200 parrainés supplémentaires enregistrés chaque année.
Le dispositif a-t-il évolué depuis sa création ?
Les publics du parrainage ont varié, suite aux différentes circulaires qui ont peu à peu élargi le dispositif. A l'occasion de chaque campagne, les financeurs peuvent également faire évoluer les critères d'instruction des demandes, en désignant certains publics prioritaires : jeunes, personnes résidant en ZUS, personnes en situation de handicap, etc.

Le parrainage a aussi évolué du point de vue des profils des parrains. Il y a 20 ans il s'agissait en majorité de bénévoles retraités ou en pré-retraite. Aujourd'hui, les 2/3 des parrains sont en activité. Cela correspond à une plus grande implication des entreprises et des actifs dans la sphère sociale et dans la politique de l'emploi. Les femmes sont aussi de plus en plus nombreuses parmi les bénévoles, on est passé d'un quart de femmes parmi les parrains au début du dispositif à près de la moitié aujourd'hui.

Le parrainage est-il utilisé parallèlement à d'autres dispositifs ?
Le parrainage n’est pas une « mesure emploi » à proprement parler. Il s’agit d’un dispositif adaptable et complémentaire des autres dispositifs. Nous avons souvent constaté que les structures porteuses, telles que les missions locales, mettent en œuvre les Emplois d'avenir et, au besoin, intègrent le dispositif du parrainage pour renforcer leur action. Le parrainage peut aussi être tout a fait indiqué dans le cadre du Civis. Plus largement, de par sa souplesse, le parrainage se prête très bien à ce type de montage articulant plusieurs mesures. C’est l’une de ses richesses.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne (juillet 2014)

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