L’insertion des jeunes des quartiers prioritaires, enjeu majeur en Ile-de-France

16 Septembre 2020

Maïra Laville - Chargée de mission Politique de la ville, DRJSCS Ile-de-France

Maira Laville Depuis 2014, plus 8 302 bénéficiaires ont intégré le parrainage en Ile-de-France. Le budget alloué est en constante augmentation, permettant ainsi au dispositif d'être déployé dans tous les départements franciliens.

« Nous souhaitons doubler le nombre de bénéficiaires d’ici 2022 en développant la communication autour de ce dispositif pour inscrire dans la démarche le plus grand nombre de bénéficiaires. »
Quel est le rôle de la DRJSCS* sur le dispositif parrainage, marrainage, mentorat ?
Nous finançons le dispositif dans le cadre d’un appel à projets commun aux services de l’Etat (DRJSCS et Direccte), nous sommes chargés de l’animation du dispositif et devons l’articuler avec le Plan régional pour l’insertion de Jeunes (Prij) lancé par le Préfet de Région et qui vise à accompagner 10 000 jeunes vers l’insertion socio-professionnelle en décloisonnant tous les dispositifs d’accompagnement.

Depuis 2014, nous avons financé l’accompagnement de 8 302 bénéficiaires en Ile-de-France. Le budget alloué est en constante augmentation pour que le dispositif soit déployé dans tous les départements franciliens et particulièrement dans le Val-d’Oise ainsi que la Seine-et-Marne qui sont très étendus et, de fait, moins bien couverts par le dispositif.

En quoi ce dispositif intéresse-t-il particulièrement la DRJSCS ?
Ce dispositif obtient des résultats probants car 60 % des bénéficiaires trouvent une sortie positive une fois l’accompagnement finalisé. La DRJSCS travaille étroitement en collaboration avec le réseau associatif pour pérenniser les actions et engager des expérimentations pour atteindre notre objectif : permettre au plus grand nombre d’habitants issus d’un quartier prioritaire de s’insérer durablement dans le monde du travail.
Quelles sont les ambitions de la DRJSCS pour ce dispositif en Ile-de-France ?
D’abord, notre ambition est d’inscrire dans la démarche le plus grand nombre de bénéficiaires et de développer le réseau associatif porteur des actions en faveur de l’insertion des jeunes. Nous souhaitons doubler le nombre de bénéficiaires d’ici 2022 en développant la communication autour de ce dispositif. La DRJSCS a par ailleurs développé des actions spécifiques en faveur de femmes diplômées ou victimes de violences : une première action expérimentale de mentoring collectif de femmes des quartiers a été financée en 2019. Et depuis 2018, nous soutenons et encourageons les acteurs à engager des actions de marrainage en direction de jeunes filles pour leur faire découvrir des nouveaux métiers.
Quelles sont les difficultés rencontrées et les solutions apportées sur la mise en œuvre de ce dispositif sur le territoire francilien ?
Nous avons constaté un essoufflement du dispositif depuis 2018, moins de salariés souhaitent s’investir dans l’accompagnement des jeunes. Mais je reste convaincue que cela est dû en partie à un manque d’information et de sensibilisation sur le sujet car les problématiques liées à l’insertion socioprofessionnelle restent d’actualité.

Nous devons favoriser davantage les rencontres entre les bénévoles déjà inscrits dans le dispositif et ceux souhaitant l’intégrer. En partenariat avec la Mairie de Paris et la Direccte, nous avons engagé un plan régional d’animation pour favoriser la rencontre des bénévoles, accompagner les nouvelles structures proposant le parrainage/marrainage, mais aussi développer la communication auprès des entreprises afin de les inciter à favoriser l’investissement de leurs salariés dans cette démarche.

Propos recueillis par Catherine Gwet (juin 2020)

*Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale d'Ile-de-France

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