L'enregistrement au RNCP, une reconnaissance du savoir-faire de l'organisme de formation

01 Décembre 2021

Clément Berger de Nomazy - Chargé de développement des partenariats, GSM Master

Clément Berger de Nomazy GSM Master a conçu et fait certifier une formation dédiée à la réparation des smartphones, ordinateurs portables, tablettes et autres produits connectés. Retour sur une démarche bien menée.

« C’est tout un écosystème, tant du côté de l’accompagnement social que d’un point de vue administratif qui a besoin de se fluidifier et de s’assouplir. »
Pouvez-vous présenter en quelques mots votre organisme de formation ?
Spécialisé depuis vingt ans dans la vente et la réparation de produits nomades, définis comme des produits connectés, non filaires et avec une batterie (type smartphones, ordinateurs portables, tablettes, etc.), nous avons constaté un manque de compétences notoire sur le marché de l’emploi. Aussi, afin de garantir et standardiser une qualité de service en termes de sécurité et de conformité dans la réparation de ces produits connectés, ce faisant de valoriser le secteur du reconditionnement et de développer l’envie des consommateurs de recycler leurs équipements plutôt que de les jeter, nous avons créé en 2014 un organisme de formation, GSM Master. L’objectif de la formation de « Réparateur/trice de produits nomades », devenue certifiante depuis 2017, est de s’approprier une méthodologie pour savoir réparer tous types de pannes et de marques et d’apprendre le métier dans son intégralité : de l’accueil du client, au diagnostic en passant par la réparation et la facturation.
Qu’est-ce qui a motivé l’enregistrement au RNCP en 2017 ?
Plusieurs éléments. Avant tout, cela permet d’afficher les valeurs fortes qui nous animent : l’accessibilité pour tous à une formation offrant la possibilité de s’impliquer dans l’économie circulaire, où les produits à réparer sont considérés comme des ressources à exploiter et non comme des déchets à jeter, ce qui permet d’allonger leur durée de vie ou de récupérer des minerais.

C’est aussi un savoir-faire qui est ainsi reconnu. De plus, cette certification valorise les candidats qui l’ont obtenue car c’est souvent leur premier diplôme, reconnu de niveau 4 (niveau bac). Elle leur permet de trouver un emploi dans un secteur porteur ou de continuer leur formation . Les prérequis se limitent à savoir parler, lire et écrire en français et savoir réaliser les quatre opérations mathématiques. Enfin, une certification permet d’être repéré et légitime auprès des financeurs publics telle la Région. Elle facilite ainsi la mobilisation du Compte personnel de formation si besoin.

Quelles difficultés rencontrez-vous au quotidien dans votre activité de formation ?
Elles sont de deux ordres : une grosse majorité des candidats ont besoin d’être accompagnés pour retrouver confiance en eux. Certains n’ont pas eu l’accompagnement nécessaire pour acquérir les codes et comportements sociaux attendus en emploi et pour pouvoir suivre un parcours de formation dans de bonnes conditions. Nous nous retrouvons devant un paradoxe : alors que cette formation leur permettrait de trouver un emploi, certains abandonnent, faute de revenus par exemple. C’est tout un écosystème que nous tentons de mobiliser mais non sans mal.

L’autre difficulté est d’ordre administrative. Nous rencontrons des difficultés face aux cahiers des charges des administrations qui manquent parfois de clarté ou de précision. Ce qui peut ralentir des processus qui sont déjà longs. De plus, ces cahiers de charges sont souvent très lourds à gérer : nombreux documents à collecter et à traiter, déclarations mensuelles sur les plateformes, impossibilité de contacter directement des responsables, délais de réponse très longs. Enfin, ces dispositifs nécessitent parfois d’avancer des coûts sur plus d’un an ce qui fragilise les trésoreries des organismes de formation qui doivent bien payer les formateurs ! Des avances sur les formations longues ou avec des paliers pourraient alléger cette difficulté.

Rencontrez-vous aussi des difficultés auprès des entreprises ?
De notre point de vue, les entreprises du secteur sont très engagées et en appui de la formation, par exemple à travers l’apprentissage, car elles ont besoin de recruter des personnes compétentes mais aussi de développer les compétences de leurs salariés. Pour nous, ce sont plutôt des partenaires à part entière.

Propos recueillis par Françoise Lemaire (novembre 2021)

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