L'E2C, un tremplin pour les jeunes en difficulté

24 Septembre 2013

Jean Serror - Coordinateur pédagogique de l'E2C Paris

Serror, Jean, E2C Chaque année l'E2C Paris accueille 400 jeunes sortis sans diplôme du système scolaire. Jean Serror fait le point sur l'accompagnement de ces jeunes en vue de leur insertion professionnelle.

« L'E2C peut être une étape préalable avant un Emploi d’avenir car elle permet aux jeunes de mieux se connaître, d'appréhender le monde du travail, et de découvrir des métiers. »
L'E2C est "une école différente". En quoi ces écoles du réseau E2C se distinguent-elles du système scolaire "traditionnel" ?

L'E2C permet à des jeunes ayant quitté le système scolaire sans diplôme ni qualification, depuis au moins un an, d'élaborer un projet personnel et professionnel visant l’accès à une formation qualifiante ou l'entrée dans la vie professionnelle. A l’E2C, les jeunes trouvent un cadre de travail exigeant où ils peuvent reprendre l’acquisition des savoir de base de façon individualisée et trouver le métier qui leur correspond. L’alternance (3 semaines en entreprise et 3 semaines à l'E2C) est une des forces de l'E2C. Elle permet aux stagiaires de prendre le temps de construire un projet professionnel en connaissance de cause grâce à un contact étroit avec le monde de l’entreprise. L’individualisation leur offre la possibilité de reprendre des apprentissages à leur rythme et selon leur niveau en dehors des schémas scolaires classiques. C’est une condition importante pour reprendre confiance et réussir.

Comment recrutez-vous les jeunes ?

Il est possible de rentrer à l’E2C toute l’année. Pour cela il faut respecter quelques conditions : avoir entre 18 à 25 ans, avoir quitté l’école depuis un an, sans diplôme ni qualification. Mais la clé pour réussir, c’est la motivation : avoir envie de retourner à l’école et de se confronter au monde de l’entreprise. L’inscription se fait à la suite d’un entretien avec 2 formateurs pour évaluer la motivation et la disponibilité du candidat. Il faut aussi pouvoir communiquer en français à l’oral et à l’écrit. Nous travaillons en étroite collaboration avec les missions locales qui orientent la moitié des stagiaires que nous accueillons. Les autres viennent grâce au bouche à oreille ou par l’intermédiaire d’autres structures d’orientation ou d’insertion (Antennes jeunes, CIO, foyers, clubs de prévention...).

Quel est, selon vous, le point fort de votre dispositif ?

L'accompagnement individualisé est une des caractéristiques fortes des E2C. Chaque stagiaire est suivi par un formateur référent qu’il rencontre chaque semaine pour faire le point sur son parcours, évoquer ses difficultés et ajuster ses objectifs de formation. Il fait aussi le lien avec les autres structures qui peuvent être amenées à suivre le jeune sur des problématiques de logement ou de santé, par exemple. Ce suivi se poursuit après la sortie de formation. Conserver le lien, c'est offrir la possibilité à chaque jeune de se retourner vers nous pour l’aider dans un apprentissage ou se préparer à un entretien. Cela lui permet de trouver une solution à une difficulté passagère et donc limite le risque d'une rupture de contrat ou d'abandon en cours de formation qualifiante.

Que deviennent les jeunes passés par l'E2C Paris ?

En moyenne, 65 % des jeunes sortant de l'E2C Paris débutent une formation qualifiante ou décrochent un emploi, souvent dans des secteurs en tension (commerce, hôtellerie restauration, services à la personne, petite enfance, etc.).

Les Emplois d'avenir peuvent-ils être une solution pour les jeunes que vous accueillez ?

En cette période de crise, c'est une opportunité supplémentaire. Mais pour réussir, il faut que le jeune orienté vers ce dispositif ait eu l'occasion de tester le métier sur le terrain pour éviter trop de ruptures de contrat. La question de l'orientation professionnelle est la clé de la réussite des dispositifs d’accès à l’emploi pour les jeunes.

En partenariat avec les missions locales avec qui nous travaillons étroitement, les Emplois d’avenir doivent nous encourager à mobiliser nos moyens pour sécuriser les parcours des jeunes. L'E2C peut être une étape préalable avant un emploi d’avenir car elle permet aux jeunes de mieux se connaître, d'appréhender le monde du travail, et de découvrir des métiers. Après des années d'échec, l'E2C leur donne de nouveau la possibilité d'avoir le choix et non de subir une orientation par défaut.

Propos recueillis par Sandrine Damie

Tags : insertion | jeunes | E2C | Emploi d'avenir