Le décret Qualité est un texte équilibré

12 Avril 2016

Laurent Boulanger - Président d'ASSOFAC, co-président commission Ile-de-France de la FFP

Laurent Boulanger Laurent Boulanger apporte son éclairage sur le décret relatif à la qualité des actions de formation publié en juin 2015.

« Le décret apportera de la transparence, de la lisibilité et une légitimité à toutes les structures de formation engagées dans une démarche qualité. »
Jusque-là existait-il une démarche qualité volontaire au sein des organismes ?
Bien sûr. De nombreuses structures ont mis en œuvre une démarche qualité. A ce propos, je tiens à préciser que tout membre de la Fédération de la Formation professionnelle (FFP) doit engager une démarche de qualification OPQF dans les deux ans qui suivent son adhésion. Au demeurant, dispenser une action de formation de qualité a toujours été un « marqueur » de professionnalisme et nous accordons une attention particulière à la formalisation de critères et d’indicateurs pour chaque élément clé constituant la chaine de valeur d’une action de formation à savoir : l’analyse des besoins, la démarche de conception, la réalisation de l’action, le pilotage et l’évaluation. A cela, j’ajouterais la vigilance appuyée que nous avons à propos de la qualité de la coopération du « sous système client » (commanditaire et/ou bénéficiaire) car il est bon de rappeler que la formation est un service qui a une singularité : la co-production est indissociablement liée à la réussite et au résultat d’une action de formation.
Qu’apportera le décret encadrant la qualité de la formation professionnelle ?
Selon moi, l’intention du législateur fait écho à une forte préoccupation de la société qui consiste à se prémunir de tout risque potentiel et, donc, à matérialiser par des textes des réponses à cette question. En cela, les textes relatifs à la qualité, dont le décret, visent plus à prévenir le risque de non qualité lié à l’appareil de formation qu’à graver dans la marbre des procédures normalisées pour mettre en œuvre une action de formation. Et c’est tant mieux. En instituant un socle commun de critères, le décret, apportera incontestablement de la transparence, de la lisibilité et une légitimité à toutes les structures de formation engagées dans une démarche qualité reconnue (OPQF, ISO, NF, etc.)
Le décret est-il une réponse adaptée ?
Adaptée, l’avenir nous le dira. En tout cas, il me parait assez équilibré. Il est prescriptif sans être normatif car nous savons tous qu’une hypertrophie de normes peut-être contre-productive et nuire à la plasticité de nos organisations, plasticité indispensable pour innover. Enfin, par la reconnaissance induite des labels existants, il évitera, je l’espère, le foisonnement des référentiels qualité lesquels pourraient nous conduire à passer plus de temps à dire ce que l’on devrait faire qu’à faire !

Propos recueillis par Christian Lacôte (janvier 2016)

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