L’appel à projet 2019 du Pric Ile-de-France privilégie les technologies numériques

25 Juillet 2019

Marie Morel - Directrice de la formation professionnelle, Conseil régional d'Ile-de-France

Marie Morel Marie Morel expose les enjeux de l’appel à projet Pacte régional d'investissement dans les compétences (Pric) 2019 visant à « soutenir des actions innovantes d’insertion dans l’emploi ».

« Notre objectif, c’est l’innovation. »
L’appel à projet 2019 du Pric Ile-de-France va consacrer 17,5 millions d’euros à des actions innovantes. Quels sont vos objectifs ?
L’objectif principal est de trouver de nouvelles réponses en matière de formation pour s’insérer dans l’emploi. Des expérimentations pour répondre aux besoins de compétences aujourd’hui insatisfaits vont porter sur de nouvelles actions de formation, mais pourront également comprendre de nouvelles formes d’accompagnement et des initiatives qui ne sont pas portées dans le cadre habituel de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi. Nous cherchons aussi à promouvoir l’utilisation des technologies innovantes, qui peuvent faciliter la pédagogie et, à terme, alléger les coûts de formation. Il est difficile d’avoir un chiffrage précis du nombre de bénéficiaires, mais on considère que c’est de l’ordre de 2 000 à 2 500 personnes.
L’incitation à la constitution de consortiums est-elle un élément nouveau dans ce type d’appel à projet ?
La constitution de consortiums doit permettre d’attester d’un bon maillage sur le territoire et de la mobilisation d’un spectre d’expertises adapté, à même d’offrir une réponse globale sur les difficultés observées de bout en bout de la chaîne. Cela peut être difficilement l’affaire d’un seul acteur, quel qu’il soit. La réponse formation pour les plus fragilisés ne suffit pas ; le sourcing des personnes très éloignées de l’emploi, leur insertion dans l’emploi nécessite de bien connaître les publics mais aussi les acteurs de l’insertion. C’est également l’occasion d’expérimenter d’autres voies sur ces domaines.
Quels sont les besoins non pourvus en raison d’une « inadaptation de l’offre » ?
Nous connaissons en Ile-de-France une période paradoxale. Les embauches sont relativement élevées, les entreprises recrutent mais le chômage ne baisse pas significativement. Les secteurs en forte tension de besoin de main d’œuvre sont connus : BTP, hôtellerie-restauration, sanitaire et social, sécurité, etc. Ces besoins ne vont probablement pas se tarir à court et moyen termes tant l’Ile-de-France porte de nombreux projets d’infrastructures, d’événements sportifs, touristiques, etc. Et les besoins de la population francilienne en services vont également s’accroître.
La seconde orientation de l’appel à projets privilégie les technologies numériques dans les modalités de formation. Pourquoi ?
C’est une orientation majeure de la démarche que nous portons. Les technologies numériques doivent permettre de lever bon nombre d’obstacles. Il peut s’agir de faciliter l’usage des données pour mieux connaître les besoins des entreprises. Ce peut aussi être l’utilisation de ces technologies dans un but pédagogique, soit pour en maîtriser l’usage, soit pour en faire des outils d’apprentissage dans certains métiers. Nous ne nous arrêtons pas aux technologies numériques. Notre objectif, c’est l’innovation. Nous attendons des propositions, des projets qui auront pour but de trouver des modalités d’insertion professionnelle nouvelles et à fort potentiel.

Dès lors que les dispositifs existants dits « classiques » ne permettent pas de répondre entièrement au besoin des demandeurs d’emploi et des entreprises, ils nous faut repenser nos modalités d’intervention. Nous estimons, de manière réaliste, que nous ne pouvons pas le faire sans les forces vives de la Région. Notre valeur ajoutée est d’impulser et de donner une orientation qui permette de faire émerger les bonnes idées.

Que représente le Pric signé le 4 avril ?
Le Pric est une opportunité de « faire plus ». Nous abondons l’offre régionale à hauteur de 24 000 places en plus des 38 000 prévues. Il permet aussi d’avoir une approche complémentaire avec Pôle emploi et de les associer au Pacte pour les actions relevant de leur champ de compétences. C’est une opportunité aussi pour « faire mieux », en expérimentant de nouvelles réponses, notamment dans la conjoncture favorable pour l’emploi que nous connaissons. Nous, Région, devons utiliser le Pic pour répondre aux besoins des entreprises rapidement, pour favoriser l’emploi durable en apportant toutes les réponses aux besoins de qualification aujourd’hui insuffisamment ou pas satisfaits.

Propos recueillis par Nicolas Deguerry (Centre inffo, juillet 2019)

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