L'adaptation de l'offre de formation, priorité du Campus des métiers de la conception et de la construction automobiles

09 Octobre 2018

François Hisquin - Directeur opérationnel du Campus des métiers et des qualifications de la conception et de la construction automobiles

François Hisquin Le développement du numérique change la place de l'humain : il devient accompagnateur de la production sur des postes de travail moins exigeants physiquement. Une opportunité pour développer la présence des femmes de la conception à la production.

« Nos objectifs : répondre aux évolutions des métiers de l'industrie automobile par la montée en compétences, la création de parcours de formation originaux, la promotion des métiers de l'industrie et le renforcement de la collaboration entre partenaires. »
Le Campus des métiers et des qualifications de la conception et construction automobiles rejoint les 3 Campus labellisés en Ile-de-France. Pouvez-vous présenter ses missions ?
Ce Campus est né de la volonté conjointe de la Région Ile-de-France, de l'Etat représenté par les trois rectorats franciliens et de la filière de l'industrie automobile. Ses objectifs visent à répondre aux évolutions des métiers de l'industrie automobile par la montée en compétences, la création de parcours de formation originaux, la promotion des métiers de l'industrie et le renforcement de la collaboration entre les partenaires.
L'ancrage du Campus sur un territoire lié à l'industrie automobile vous permet de réunir les acteurs. Quelle est leur contribution ?
Le Campus travaille en effet avec de nombreux acteurs et son rôle est d'en fédérer les forces et les énergies. Les organismes de formation (lycées, CFA, Greta, IUT, écoles d'ingénieurs, universités et centres de recherche) proposent une offre allant du niveau CAP à des niveaux Bac + 5 et plus. Cette offre correspond aux besoins des entreprises du secteur de l'industrie automobile, représenté par le Réseau automobilité et véhicules en Ile-de-France (Ravi), association régionale des industries de l'automobile. Le Campus appuie les actions existantes de la filière industrielle et plus particulièrement automobile afin de relancer la participation et d’en faire la promotion, notamment le dispositif « Course en cours » (des équipes de collégiens ou lycéens montent une écurie de course de véhicules électriques) mais aussi la Semaine de l'industrie. Le Campus s'attache aussi à créer de nouvelles actions comme la création de parcours de découverte des métiers de l'industrie automobile pour les élèves de 3ème ou la création de défis pour des groupements d'établissements (écoles d'ingénieurs, lycées, IUT) autour des véhicules connectés.
Votre préoccupation concerne l'adaptation de l’offre de formation. Comment se traduit-elle sur le territoire ?
Le territoire francilien est un pôle de développement important pour l'industrie automobile avec les sites de construction de véhicules, de production d'équipementiers et de sous-traitants. De nombreux sites de recherche et développement, particulièrement sollicités avec le véhicule autonome connecté, sont aussi présents. Les métiers de la production et de la conception évoluent. Des travaux sont en cours avec des écoles d'ingénieurs, des universités, des pôles de compétences et la filière de l'industrie automobile pour faciliter l'émergence de formations de niveau Bac + 5 intégrant des modules sur de nouvelles compétences techniques (Big Data par exemple). Une démarche est aussi engagée pour les formations de niveau CAP à Bac + 2 pour identifier les actions complémentaires de formations et répondre aux besoins des métiers de la construction automobile.
Quelles difficultés rencontrez-vous pour drainer le public vers les formations ?
Les métiers de l'industrie sont souvent méconnus et souffrent d'une image dévalorisée. Cette problématique ancienne se révèle pénalisante dans une période où l'industrie cherche à recruter un grand nombre de salariés. Il est connu que les ingénieurs sont recherchés dans l'industrie automobile, comme dans d'autres secteurs. Les formations dans les lycées professionnels et les CFA offrent de vraies opportunités de développement de compétences vers des métiers porteurs d'emploi.
Une conclusion sur l'impact des nouveaux usages du numérique ?
Les métiers changent, évoluent et beaucoup de gestes professionnels sont réalisés avec le numérique, tant pour la production en elle-même que pour la logistique. Avec le développement du numérique, la place de l'humain change : il devient accompagnateur de la production, sur des postes de travail moins exigeants physiquement. Une opportunité pour développer la présence des femmes à tous les niveaux de la conception et de la construction automobile.

Propos recueillis par Christine Barret-Labre (mars 2018)

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