La rénovation des bâtiments : formations-moteurs du réseau Format’eree

02 Février 2016

Emmanuelle Porcher - Responsable du réseau des adhérents Cler - Chargée de mission formation

Emmanuelle Porcher A l’instar de la formation « Technicien bâtiment basse consommation », les modules dispensés par les organismes de formation du réseau Format’eree en lien avec la rénovation des bâtiments rencontrent un vif succès.

« La loi transition énergétique, dont on attend la publication des décrets et des ordonnances, devrait susciter davantage de vocations auprès de la jeunesse. »
Quel est le projet Format’eree ?
Il s’agit d’un réseau, créé sous l’impulsion de l’association Cler, qui regroupe 40 organismes de formation en France, dont cinq en Ile-de-France. Tous ont fait de la transition énergétique leur objet d’études premier. Et tous s’engagent à dispenser une formation de qualité, à la fois sur les contenus, sur la méthode et sur le suivi des apprenants, via la signature d’un cahier des charges de l’agrément Format’eree, lancé en 2009. Sur le contenu, ces organismes s’engagent à faire appel à des experts de la transition énergétique pour le volet pédagogique. Sur la méthode, si la formation requiert des exercices pratiques, ils doivent proposer, pour leurs stagiaires, une plate-forme technique. Et ils s’engagent à ne pas laisser leurs apprenants dans la nature une fois le stage terminé : leur mission consiste aussi à les aider à trouver un emploi.
Quels types de formations dispensent les organismes adhérents du réseau Format’eree ?
Ce sont, premièrement, des formations aux énergies renouvelables, mises en place au sein des territoires en fonction des potentiels de métiers existants. Il s’agit aussi bien de formations initiales que continues, de courtes ou de longues durées. La rénovation des bâtiments est une thématique forte au sein du réseau Format’eree, il y a une vraie urgence sur le plan de l’isolation thermique de nos infrastructures d’habitation. Pour prendre un exemple de formation longue qui se duplique dans les régions, citons celle de « Technicien bâtiment basse consommation ».
Ressent-on un intérêt croissant de la part des Français de se former aux métiers liés à la transition énergétique ?
L’engouement se situe davantage au niveau des personnes en reconversion professionnelle. La loi transition énergétique, dont on attend la publication des décrets et des ordonnances, certainement début 2016, devrait susciter davantage de vocations auprès de la jeunesse. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les jeunes sont de plus en plus sensibilisés à la préservation du climat, donc à l’environnement, et par effet de ricochets, aux thématiques qui gravitent autour de la transition énergétique. S’agissant des formations qui figurent dans les catalogues des adhérents de notre réseau, leurs succès est indéniable : toutes atteignent leur quota nécessaire, en nombre de stagiaires inscrits, pour pouvoir être lancées. Et preuve qu’elles sont parfaitement ancrées dans le tissu économique, nous avons, au sein du réseau Format’eree, sondé les organismes de formation en leur posant la question suivante : « Combien de temps demande, en moyenne, à vos élèves la recherche d’un emploi à l’issue de la formation ? » Les réponses s’échelonnaient entre zéro et six mois, ce qui est tout à fait raisonnable.
En matière de formation continue, quel type de formation est le plus prisé ?
Pour les entreprises du Bâtiment, qui sont dans une grande majorité des Très petites entreprises (TPE), mobiliser leurs salariés dans le cadre de formations longues reste délicat compte tenu de leurs faibles effectifs. Ce sont donc les formations courtes qui sont privilégiées. En conséquence, les organismes de formation s’adaptent à la demande et proposent ainsi des formations de trois jours et parfois sur mesure.
Dans quels secteurs d’activité les métiers les plus concernés par la transition énergétique sont-ils inscrits ?
Les demandes d’emploi dans le champ des transports, notamment des transports en commun, vont s’accentuer à la faveur d’un levier fort : le Grand Paris. Citons aussi le secteur du Bâtiment, avec cette exigence de rénover, à l’échelle nationale, 500 000 logements par an à l’horizon 2017 (380 000 logements privés et 120 000 logements sociaux). En matière de production énergétique également, des objectifs ont été fixés par l’Union européenne, à l’horizon 2020 : satisfaire, pour le cas de la France, 23 % de notre consommation d’énergie par les énergies renouvelables. Ce qui suggère un gisement d’emploi considérable !

Propos recueillis par Christian Capitaine (novembre 2015)

Tags : transition énergétique | bâtiment | transports | formation | mutations économiques