La recherche, élément-clé du développement de la formation continue à l'UPMC

25 Septembre 2017

Alain Gonzalez - directeur de la Formation continue de l'UPMC et président de la Formation continue universitaire (FCU)

Alain Gonzalez Le service formation continue de l’UPMC accueille 9 000 stagiaires par an et figure parmi les premiers centres de formation continue universitaire en France. Gros plan sur la stratégie de formation continue plutôt élitiste déployée par l'établissement.

« La formation continue est adossée au service public, à la recherche et aux enseignants chercheurs. Elle ne doit pas contrarier la réputation et l’image de marque de l’établissement mais l’accompagner et si possible la renforcer. »
Quels sont les enjeux pour l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) d’investir le champ de la formation continue ?
La formation continue est au service du développement de l’université au même titre que les autres domaines comme la recherche et la formation initiale. Elle s’appuie sur l’image de marque et la notoriété de l’université en matière de recherche dans les domaines scientifiques et de la santé. Nous sommes devenus un des vecteurs de la promotion de l’université notamment auprès des entreprises.

Notre stratégie vise à répondre prioritairement aux besoins de formation des salariés en développant une offre pour accompagner les transitions professionnelles dans les entreprises et les branches professionnelles. Dans ce cadre, la recherche est un élément clé du développement de l’activité de formation continue.

Les deux-tiers de notre activité concernent la santé et plus particulièrement la médecine. Dans ce domaine, nous avons un positionnement très fort tant sur les diplômes d’université (plus de 200) que sur les stages courts qui répondent aux besoins des médecins, des laboratoires de recherche privés ou de toute autre organisation. Ce développement, marqué et réussi, nous souhaitons maintenant le « cloner » aux sciences pour connaître la même évolution dans les années qui viennent.

Les sciences (biologie, informatique, science de données, actuariat, etc.) représentent seulement un tiers de notre activité et donc un très fort potentiel de développement en formation continue. Les enseignants chercheurs auront besoin d’un appui en ingénierie pour entendre les besoins qui s’expriment à travers les salariés et les entreprises et pour concevoir les programmes. C’est précisément autour de cette transformation que le service formation continue est aujourd’hui engagé et que nous avons situé notre réponse à un Appel à Manifestation d’Intérêt lancé en 2015 : des stages courts pour des publics qui requièrent des compétences nouvelles pour continuer à exercer leur métier ou pour anticiper des transitions professionnelles.

La recherche nous permet justement d’anticiper le plus tôt possible ces évolutions. Le lien entre recherche et formation continue est donc assez naturel : il s’agit de sortir la recherche du laboratoire et la conduire vers l’entreprise lorsque c’est utile et nécessaire.

Le service formation continue ne sera pas jugé sur le nombre de candidats en reprise d’études qui reste peu prégnant à l’UPMC en raison d’une offre insuffisamment adaptée à ce type de public, mais davantage sur notre capacité à développer des formations courtes et de haut niveau qui peuvent être par ailleurs, des éléments constitutifs des masters et licences.

Dans le prolongement des travaux engagés, avez-vous pour ambition de traduire les diplômes nationaux et diplômes d’université en blocs de compétences ?
La décision a été prise et partagée avec les responsables de master et de licence de proposer en 2019 une offre de formation découpée en blocs de compétences qui permet une entrée séquencée dans les formations. C’est une décision politique très forte, qui va conduire tous les responsables de formation à concevoir leur certification en blocs, avec l’appui du service formation continue. L’université prend le chemin de la formation tout au long de la vie et a décidé d’en faire un axe fort de son prochain contrat quinquennal.

Une partie des publics en formation continue est constituée d'anciens étudiants de l’université. Accompagner la reprise d’études des alumni qui voudraient se former sur des blocs qui répondent à des besoins immédiats, c’est une façon de répondre aux besoins de formation de nos étudiants tout au long de leur vie. Cela nous permet de mieux appréhender l’évolution des métiers et la nécessité de les former à ces évolutions lorsque cela est nécessaire. Cela ne nous interdit pas, dans une logique de transition professionnelle choisie, de former d’autres publics que nos anciens étudiants.

Propos recueillis par Pauline Baumgartner (juillet 2017)

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