A la mission locale de Cergy-Pontoise, jeunes et employeurs se rencontrent

08 Juillet 2014

Christophe Raimbault - Chargé de projet rencontres pro et parrainage, association AVEC - ML de Cergy-Pontoise

Christophe Raimbault La mission locale de Cergy-Pontoise parvient à faire échanger jeunes et professionnels dans le cadre de rencontres régulières. Christophe Raimbault présente les modalités d'organisation de ces évènements.

« Les professionnels ont une méconnaissance du public des missions locales. »
Pourquoi avoir choisi d'organiser ces rencontres professionnelles ?
Notre ambition était de construire une action sur la durée. Depuis que ces rencontres ont commencé, début 2010, nous en sommes à la 30e édition. Le pari était de rassembler des professionnels, de leur demander une demi-journée de leur temps pour partager un moment de convivialité avec les jeunes. Dans ce cadre, en prenant le temps, ces derniers se livrent davantage et osent poser des questions. En face, les intervenants s'étonnent de leurs qualités et de leur potentialité.

Souvent, les professionnels ont une méconnaissance de notre public. Du côté des jeunes, ces rencontres permettent de ré-humaniser la relation à l'entreprise. Cela leur rend les professionnels accessibles et recrée du lien, alors qu'ils ont souvent du mal à obtenir des réponses et ont pour seuls interlocuteurs des systèmes informatiques.

Quel est le public de ces rencontres ?
Nous essayons de fédérer des acteurs et des publics différents. Parmi les intervenants il y a aussi bien des artisans, que des représentants de PME ou de grandes entreprises. Participent également aux rencontres des organismes de formation, souvent des CFA. Du côté des jeunes, certains viennent de l'université de Cergy, d'autres de l'éducation spécialisée, d'Avenir jeunes, ou encore de l'école de la 2ème chance (E2C). Ils peuvent être à la recherche d'informations pour leur orientation, pour une entrée en formation, ou pour une entrée en emploi.
Comment se déroulent les rencontres ?
Les rencontres ont lieu à la bibliothèque d'études et de formation de Cergy-Pontoise. Elles commencent, après un café d'accueil, par une plénière durant laquelle les intervenants se présentent et donnent des informations sur leurs métiers. Ensuite, des tables rondes sont organisées. Un intervenant se réunit avec sept ou huit jeunes, répond à leurs questions et prend souvent leurs CV en fin d'échange. Pour les jeunes, qui peuvent être jusqu'à 50 ou 60 lors de certaines rencontres, il est plus facile d'interroger les professionnels ainsi, en petit comité. Cela leur permet aussi de mutualiser leurs questions.
Certains secteurs professionnels attirent-ils davantage de jeunes que d'autres ?
Certains secteurs ont plus de succès que d'autres, notamment les métiers du tertiaire, de l'animation, de l'aide à la personne, du social ou de la solidarité. Nous avons plus de difficultés à attirer des jeunes durant les rencontres consacrées à la restauration ou à l'industrie. Cela est dû à la mauvaise image de ces métiers, surtout pour la restauration. Pour l'industrie, c'est davantage un problème de méconnaissance. Nous avons aussi organisé des rencontres autour de thématiques transverses, comme les métiers du développement durable ou le handicap. Les jeunes étaient là aussi un peu moins nombreux, mais j'ai constaté que les échanges étaient très intéressants.
Comment convainquez-vous les professionnels de participer à vos rencontres ?
Nous essayons d'avoir à chaque fois cinq à sept intervenants, ce qui fait environ 45 professionnels mobilisés chaque année. Pour les convaincre de venir, dans un contexte économique qui reste difficile, il faut beaucoup de relationnel. C'est une organisation assez lourde car on n’est jamais à l'abri d'un désistement de dernière minute.

Mais il faut aussi attirer les jeunes, qui peuvent être une ressource rare. Je mobilise ceux engagés dans nos actions de parrainage, qui sont 130 chaque année à la mission locale de Cergy. Je démarche aussi les jeunes suivis par mes collègues. Puis je repère dans nos fichiers les personnes susceptibles d'être intéressées par la thématique de la rencontre. Je leur envoie un SMS (le mail ne "fonctionne" que très moyennement), et si elles me répondent qu'elles sont intéressées, je les appelle. Je renvoie systématiquement un SMS la veille de la rencontre pour confirmer. Cela permet de toucher un nombre conséquent de jeunes, à l'exception de ceux qui sont en rupture de forfait téléphonique.

Raphaëlle Pienne (mai 2014)

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