La CAE, une alternative pour les travailleurs indépendants

07 Octobre 2019

Isabelle Cartier - Entrepreneure-salariée, Coopérative d'activité en emploi (CAE) « Port Parallèle »

 Isabelle Cartier, consultante en développement des compétences, spécialiste de la VAE Isabelle Cartier, consultante en développement des compétences et spécialiste de la VAE , présente Port Parallèle, une Coopérative d'activité et d'emploi (CAE) où elle est entrepreneure-associée depuis 4 ans.

« La CAE est une société de personnes, non de capitaux, dont la mission relève de l’intérêt général. »
Qu'est-ce que la Coopérative d’activité et d’emploi (CAE) Port Parallèle ?
Comme près de cent autres coopératives d’activité et d’emploi, Port Parallèle s’adresse à des entrepreneurs qui préfèrent bénéficier du statut de salarié plutôt que d’indépendant et par là même bénéficier des droits inhérents au régime général (droits au chômage, complémentaire santé, etc.). Concrètement, leur revenu commercial est transformé en revenu salarial, ce qui leur permet de bénéficier d’un CDI, dans le respect du Smic horaire. L’entrepreneur peut développer son activité économique, avec sa propre marque commerciale le cas échéant, sans limite de chiffre d'affaires, dans un cadre sécurisé juridiquement. Il n’a pas besoin de créer d’entité juridique ad hoc. C'est ainsi qu'au sein de Port Parallèle, 40 entrepreneurs interviennent sous un même numéro d’activité et bénéficient d'un référencement unique, par exemple sous Datadock.
En quoi l’appartenance à une CAE se distingue-t-elle du portage salarial ?
La CAE est une société de personnes et non de capitaux (tous les entrepreneurs sont copropriétaires de la CAE), dont la mission relève de l’intérêt général, plutôt que particulier, à savoir l’appui aux porteurs de tout type de projet entrepreneurial, appui qui est financé par les co-entrepreneurs à hauteur de 10 % de leur chiffre d'affaire hors taxe, et prend diverses formes : un accompagnement au développement de son activité ; un outil de gestion partagé permettant d’émettre ses devis et factures, de suivre son activité ; des moyens mutualisés pour répondre aux obligations légales sur le plan comptable, social, fiscal ; une sécurité financière lorsqu’on rencontre un problème d’impayé ou une tension de trésorerie. Le mode de gouvernance est fondé sur le principe « un homme = une voix » et les bénéfices de la CAE sont équitablement répartis.
Pourquoi avez-vous choisi personnellement cette solution pour mener vos activités professionnelles ?
La CAE répond bien à mon souhait de me focaliser sur mon cœur de métier, le conseil en formation professionnelle, tout en apprenant à mon rythme le « métier » d’entrepreneur et de sécuriser mes clients en m’appuyant sur une organisation solide. A travers la CAE, je fais également partie d’un collectif qui partage mes valeurs de coopération et solidarité et m’ouvre des opportunités d’échanges très variées.
Avez-vous identifié au fil du temps des limites à ce modèle ?
Ce n’est pas simple de se retrouver et de travailler à des projets communs car les personnes sont à des stades différents de maturité. Devenir entrepreneur et, au-delà, coopérateur, peut demander du temps... De plus, les personnes travaillent dans des lieux différents, à des tempos différents et les modes d’échanges à distance ne sont pas encore très développés. Ce modèle se présente néanmoins comme une solution intéressante qui mérite d'être mieux connue.

Propos recueillis par Françoise Lemaire (octobre 2019)

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