La Biennale internationale de l’Éducation 2021 aura pour thème « Faire et se faire »

10 Juin 2021

Jean-Marie Barbier - Professeur émérite au Cnam, Responsable de la Chaire Unesco-ICP « Formation Professionnelle, Construction personnelle, Transformations sociales »

Jean-Marie Barbier Jean-Marie Barbier préside la Biennale Internationale de l’Éducation, de la Formation et des Pratiques professionnelles qui se déroulera du 22 au 25 septembre 2021 à Paris.

« La Biennale de l'Education permet de faire se rencontrer la grande diversité des cultures en formation autour de thématiques transverses. »
Qu’est-ce que la Biennale internationale de l’Éducation, de la Formation et des Pratiques professionnelles ?

La Biennale est à la fois un congrès de recherche, un congrès professionnel et une fête du milieu professionnel de la formation. Elle est tournée vers les usages de la formation, vers son sens professionnel, personnel et social. Très divers, le monde de l’éducation s’étend de la petite enfance à la formation des adultes et aux organisations apprenantes. Ces milieux se connaissent peu alors qu’ils ont à traiter des mêmes questions, par exemple celle de l’apprentissage. L’idée de la Biennale, c’est de faire se rencontrer la grande diversité des cultures en formation autour de thématiques transverses.

Afin de toucher le plus grand nombre, nous invitons des gens qui parlent au grand public. François Jullien, l’auteur des « « Transformations silencieuses, participera à l’ouverture. Il y aura également la philosophe Cynthia Fleury, professeure au Cnam, Bernard Lahire, l’auteur d’« Enfances de classe », et Boris Cyrulnik.

Qu’est-ce qui se cache derrière la thématique « Faire et se faire » de l’édition 2021 ?

Les gens considèrent l’éducation et la formation comme un phénomène de transmission. Nous, nous considérons qu’il s’agit d’une transformation, ce qui est radicalement différent. L’action à laquelle prépare l’éducation contribue beaucoup à l’éducation. Ainsi, en situation scolaire on introduit des exercices, en formation d’adultes on fait appel à l’expérience… L’idée est la même, c’est d’inclure dans l’éducation ce à quoi prépare l’éducation, c’est-à-dire la vie professionnelle et sociale.

A travers le thème « Faire/se faire », nous proposons de réfléchir à la façon dont les situations d’activité ou d’action contribuent à la construction des identités scolaires, professionnelles et sociales. S’interroger sur les rapports entre « faire » et « se faire », c’est par exemple s’interroger sur le statut donné à des pratiques éducatives fondées sur une distinction entre théorie et pratique.

Quel sera le programme de la Biennale 2021 ?

Nous aurons 200 communications individuelles. En plus des traditionnelles communications de recherche, il y aura des communications d’expérience : des personnes viendront raconter leur expérience personnelle et comment celle-ci les a transformées. Nous ferons se croiser communications d’expérience et de recherche dans les mêmes ateliers.

Il y aura également 24 symposia pris en charge par des laboratoires de recherche, en coordination avec les organisations professionnelles pour que soit traitée la question de la finalisation des recherches, de leur sens pour les professionnels.

Pour les trois « après-midis de la Biennale », nous avons invité Jean Guichard qui est responsable d’une chaire Unesco « Orientation professionnelle et conseil tout au long de la vie », Jean-Louis Laville, économiste et sociologue proche des milieux associatifs et spécialiste de l’économie solidaire et Denise Jodelet, qui travaille sur les représentations sociales.

Enfin, il y aura des colloques professionnels organisés par nos partenaires : le CCCA-BTP, Défi métiers et possiblement Centre inffo.

Quel sera l’état d’esprit de cette manifestation ?

Nous avons tout d’abord une préoccupation de travail. Nous abordons la Biennale également dans un esprit d’échange entre des gens qui n’ont pas tellement l’occasion de se rencontrer. Enfin, nous voulons que ce soit une fête, que les gens soient contents d’être ensemble. Pour cela, rien de tel que des moments culturels avec de la musique ou des artistes.

Pourquoi avoir choisi Défi métiers comme partenaire ?

Défi métiers est dans une position stratégique entre la formation et ce qui lui donne du sens, et tourné vers la professionnalisation et les démarches actives. Il y a donc une zone de recouvrement entre Défi métiers et notre projet. De plus, le Gip est « branché » sur une grande diversité de ressources. Ainsi, avec l’aide de Défi métiers, nous allons proposer une expérience autour de la réalité augmentée. Défi métiers devrait également participer à une recherche collaborative autour de « se préparer à l’action. »

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Propos recueillis par Patricia Holl (avril 2021)

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