Intérim d'insertion : un accès à l'emploi durable

30 Juillet 2014

Jean-François Connan - Directeur responsabilité et innovation sociale, Groupe Adecco France

Jean-François Connan Les entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI) accompagnent les publics en difficulté pour faciliter leur accès à l'emploi durable : présentation de leur action avec le réseau Adecco insertion.

« L'accompagnement en ETTI repose sur la capacité à mesurer les aptitudes et le potentiel des personnes. »
Qu'est-ce que le réseau Adecco insertion ? Est-il présent en Ile-de-France ?
Le réseau Adecco insertion est une fédération de plusieurs entreprises de travail temporaire d'insertion (ETTI), réunies sur une seule signature au sein du réseau, mais qui relèvent de plusieurs marques. Le réseau compte 65 agences, qui emploient 2 500 équivalents temps plein (ETP) en intérim d'insertion et un peu plus de 200 professionnels de l'insertion. Le flux de personnes passant par le réseau est assez considérable : chaque année entre 7 500 et 8 000 personnes passent par nos agences.

En Ile-de-France, Adecco insertion est présent à Paris (où il y a 3 agences), Pantin, Saint-Denis, Aulnay, Argenteuil, Mantes-la-Jolie, Créteil et Massy. Environ 800 intérimaires y sont employés en ETP, et près de 2 000 personnes par an fréquentent le réseau.

Qu'est-ce qui différencie une ETTI d'une entreprise de travail temporaire « classique » ?
Commençons par leur point commun, qui est d'ordre juridique. Les ETTI appliquent les mêmes règles du droit du travail que les entreprises de travail temporaire : elles utilisent les mêmes contrats, les mêmes principes de facturation, etc. Ce qui est différent, c'est la prescription. Dans les ETTI, 100 % des publics relèvent de l'insertion et ont obtenu un agrément de Pôle emploi en amont de leur mission. On arrive dans l'intérim d'insertion car on a été orienté vers ce type de structure par une mission locale, le service emploi d'une mairie, un PLIE, ou par Pôle emploi.

Une autre différence est que l'Etat et les collectivités locales sont les premiers clients de nos agences. Les ETTI sont des structures de l'insertion par l'activité économique (SIAE), pour lesquelles l'Etat finance une partie de l'aide au poste des accompagnateurs. Chaque professionnel permanent d'une ETTI ne doit pas suivre plus de 12 intérimaires en équivalent temps plein. Enfin, alors que les entreprises de travail temporaire classiques cherchent à fidéliser leurs intérimaires, les intérimaires en insertion doivent quitter leur structure dès qu'ils sont autonomes.

Combien de temps dure l'accompagnement et en quoi consiste-t-il ?
Les intérimaires restent en ETTI rarement moins de 6 mois et, sauf exception, pas plus de 2 ans. La moyenne des parcours se situe plutôt entre 6 et 18 mois. Nous travaillons beaucoup sur l'intensité d'emploi, et le temps passé en mission est bien supérieur à celui de l'intérim classique. L'accompagnement tient compte du public : peu ou pas qualifié (85 % de nos intérimaires ont un niveau de qualification inférieur au niveau V), avec peu d'expérience, des parcours heurtés. Il repose donc sur la capacité à faire des diagnostics, à mesurer les aptitudes et le potentiel des personnes, à estimer si elles seront capables d'occuper le poste. Les missions s'effectuent en effet dans un environnement de travail « ordinaire ».

Nous mobilisons beaucoup la formation (nos agences investissent 8 à 9 % de leur masse salariale dans la formation) : l'alternance avec le contrat de professionnalisation, le contrat d'insertion professionnelle intérimaire (Cipi) ou le contrat de développement professionnel intérimaire (CDPI), le plan de formation, les dispositifs du conseil régional, le Cif, la POE, etc. Nous suivons aussi les personnes sur le plan social (logement, santé, etc.). Nous ne nous substituons pas aux acteurs spécialisés, mais orientons nos intérimaires vers eux si besoin.

Quels types de missions effectuent les intérimaires en insertion ?
Par définition, l'intérim d'insertion est généraliste, afin d'offrir le plus de débouchés possible. Dans les faits, il y a une sur-représentation des métiers du bâtiment et de l'environnement. Ceci est notamment lié à l'effet des clauses sociales, qui se sont beaucoup développées notamment en Ile-de-France. C'est néanmoins plutôt positif, car il s'agit de métiers porteurs, pour lesquels il est possible de construire des parcours complets de formation.

Pour aller plus loin : Parcours d'insertion, paroles d'exception (video)

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne (juillet 2014)

Tags : intérim | insertion socio-professionnelle