Industries électriques et électroniques, piliers de l'innovation

12 Novembre 2013

Maurice Pinkus - Directeur emploi-formation de la Fieec

Maurice Pinkus, Directeur emploi-formation, Fieec Les industries électriques et électroniques sont un secteur important de l’économie française. Leurs entreprises représentent un vivier d’emplois pour les profils de techniciens et d’ingénieurs.

« Il y a un glissement vers des qualifications plus élevées. »
Quels types d’activités les industries électriques et électroniques regroupent-elles ?
On peut répartir les différentes activités des industries électriques et électroniques (IEE) dans trois grands pôles. Le pôle énergie/automatismes, qui comprend notamment les activités de production, de distribution et d’utilisation de l’énergie électrique. Ensuite, le pôle électronique et numérique, où l’on retrouve par exemple les activités de production d’équipements et de composants liés à l’électronique embarquée dans les systèmes de communication, de transport ou de sécurité. Enfin, un dernier pôle rassemble les activités de production de biens de consommation, comme l’électroménager domestique.
Le « déclin industriel » que connaît la France touche-t-il également vos industries ?
La désindustrialisation est malheureusement une réalité, qui affecte aussi nos industries. Néanmoins les entreprises des IEE ont des atouts forts. Elles comptent de grands groupes et des PME qui se positionnent au niveau mondial. Ceci s’explique par un fort investissement en R&D, par la participation des entreprises à l’élaboration des normes et standards internationaux - ce qui leur donne un avantage concurrentiel -, et par une force commerciale performante.
Est-ce que votre secteur recrute actuellement ?
Il existe un véritable paradoxe : nos industries connaissent une baisse de leurs effectifs, mais les recrutements restent très importants. Si l’on se réfère à une étude prospective réalisée par l’observatoire de la métallurgie, l’industrie des équipements électriques recrutera encore près de 11 000 personnes chaque année à l’horizon 2020, et celle des produits informatiques, électroniques et optiques plus de 18 000 personnes par an. Si l’on regarde dans le détail, on s’aperçoit que les effectifs d’ouvriers non qualifiés sont amenés à diminuer, mais que les recrutements d’ingénieurs et de techniciens vont en revanche augmenter. Il y a un glissement vers des qualifications plus élevées.
Quels sont les profils recherchés en Ile-de-France ?
L’Ile-de-France présente des caractéristiques particulières. Alors que notre secteur compte une forte proportion de PME et d’entreprises de tailles intermédiaires (ETI), la région compte davantage d’entreprises de grande taille et leurs sièges sociaux. Elle abrite également davantage d’activités de R&D, tandis que les activités de production sont souvent localisées en province. La structure des emplois y diffère donc par rapport au reste du pays. Les entreprises d’Ile-de-France recrutent davantage de cadres et d’ingénieurs.
Les entreprises de votre secteur ont-elles recours à l’alternance ?
Les IEE sont longtemps restées en retrait de l’alternance. Néanmoins, ces industries y sont venues depuis plusieurs années. Les contraintes réglementaires mettent aussi une certaine pression. Elles sont de plus en plus nombreuses à participer à la formation par l’apprentissage et à recruter dans le cadre de contrats de professionnalisation, à tous les niveaux de qualifications et pour de nombreux types de métiers.
Dans le futur, à quels enjeux sera confronté votre secteur ?
Depuis longtemps, nos entreprises, conscientes de l’enjeu de la protection de l’environnement, se sont positionnées sur le marché de l’efficacité énergétique. Les énergies renouvelables, mais aussi surtout l’efficacité énergétique active (développement de systèmes automatisés d’éclairage ou de chauffage par exemple), constituent des enjeux importants pour nos filières. Le déploiement de la fibre optique est également un chantier de grande ampleur, auquel nous participons dans le cadre de l’opération interbranche « Objectif fibre ». On pourrait citer aussi les smartgrids ou le cloud computing. Partout où l’on développe de nouveaux usages, de nouvelles technologies, nos industries sont impliquées.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne

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