Industrie mécanique : des métiers de plus en plus attractifs

13 Novembre 2013

Yves Fiorda - Vice-président de la Fédération des industries mécaniques

Industrie mécanique : des métiers de plus en plus attractifs La mécanique regroupe 20 % des emplois industriels en Ile-de-France. Ses métiers évoluent rapidement et sont occupés par des profils de plus en plus qualifiés.

« L’industrie mécanique, même en temps de crise, a d’importants besoins en recrutement. »
Pouvez-vous brosser un portrait de l’industrie mécanique en Ile-de-France ?
L’Ile-de-France est la deuxième région mécanicienne de France, après Rhône-Alpes. Près de 3 850 entreprises y emploient 67 000 salariés, soit 20 % des emplois industriels de la région. Les principaux secteurs d’activité sont la chaudronnerie, la maintenance de sites,  la fabrication de composants, celle de machinismes agricoles, et la mécanique de précision. En Ile-de-France, nos principaux clients sont l’aéronautique et l’automobile. Le troisième grand secteur client est celui de l’équipement mécanique (des mécaniciens travaillent alors pour d’autres mécaniciens). Mais les entreprises de l’industrie mécanique travaillent aussi pour des secteurs comme la chimie ou la pharmacie.
On parle de désindustrialisation de l’Ile-de-France, cela touche-t-il l’industrie mécanique ?
Il est vrai que la région, qui travaillait beaucoup pour l’automobile, a connu une érosion de son emploi industriel. Mais l’industrie mécanique, même en temps de crise, a d’importants besoins en recrutement, en particulier pour les secteurs d’activités de l’aéronautique et de l’énergie. En raison de nombreux départs à la retraite, nos entreprises prévoient d’embaucher, sur le territoire national, 40 000 jeunes par an sur les 5 prochaines années. De plus, la mécanique peine à attirer de nouvelles recrues, pourtant les usines sont aujourd’hui très modernes, la pénibilité  a fortement diminué et la sécurité s’est grandement renforcée. C'est pour montrer l'attractivité de notre industrie et de ses métiers que nous avons lancé la campagne "La mécanique en France, bien plus qu'une industrie".
Avez-vous des arguments pour corriger cette mauvaise image dont souffre votre secteur ?
Nos métiers sont de plus en plus attractifs : beaucoup de nouvelles professions sont créées, et nous avons besoin de plus en plus de chefs de projets, d’ingénieurs concepteurs de produits, ou d’opérateurs pouvant travailler sur des machines et des automatismes. La dimension internationale est aussi croissante avec beaucoup de marchés à l’export, et les évolutions de carrières sont importantes. Enfin, nous cherchons à attirer davantage de femmes dans nos métiers, elles ne sont que 20 % actuellement. Il faut qu’elles sachent que dans la mécanique la différence de salaire entre les hommes et les femmes est de 4 % à niveau égal de poste et de qualification, alors que l’écart moyen de salaire entre les hommes et les femmes en France est de 20 %.
Quels sont les profils recherchés ?
L’Ile-de-France est assez spécifique, car en raison de la présence de nombreux sièges sociaux l’industrie mécanique y « consomme » une grande quantité d’ingénieurs. Ils y représentent 17 % des salariés du secteur, contre environ 11 % dans le reste de la France. Reste qu’une majorité des effectifs travaillent encore pour la production, sur des postes d’opérateurs ou de techniciens. Ils demeurent accessibles à de faibles niveaux de qualifications, mais l’industrie mécanique a besoin de personnes de mieux en mieux formées. Pour assurer sa compétitivité, le secteur doit en effet développer des produits de plus en plus innovants.
Comment se former pour accéder à vos métiers ?
L’alternance et l’apprentissage, à tous les niveaux de qualifications,  demeurent des dispositifs de base pour intégrer les métiers de l’industrie mécanique. Les personnes passées par l’alternance trouvent du travail immédiatement : 79 % sont embauchées dans l’entreprise où elles ont effectué leur contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, et 75 % sont recrutées en CDI. A savoir aussi : un jeune qui intègre une entreprise comme opérateur continuera ensuite à être formé tout au long de sa vie. Grâce à la formation professionnelle, il pourra évoluer régulièrement dans sa carrière.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne

© Stéphane Lariven

 

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