Geiq Ile-de-France : quand les entreprises se mobilisent pour l'insertion

29 Septembre 2015

Karine Heudre - Directrice du Geiq Ile-de-France

Karine Heudre Créé par des entreprises franciliennes du BTP et de l'énergie, le Geiq Ile-de-France permet de répondre aux besoins en main d'œuvre des employeurs tout en proposant un accès à la qualification et un accompagnement social.

« 98 % des personnes qui vont au bout du parcours obtiennent une qualification et 65 % des personnes trouvent un emploi à l’issue du parcours. »
Qu’est-ce que le Geiq Ile-de-France ?
Le Geiq Ile-de-France est l’un des 250 groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification implantés en France. Il rassemble des entreprises franciliennes du bâtiment, des travaux publics et de l’énergie. Mais les Geiq sont présents dans tous les domaines d’activité : le bâtiment (pour environ la moitié des Geiq) mais aussi l’aide à domicile, les transports, les métiers de l’accueil, etc. Comme les autres Geiq, le Geiq Ile-de-France adhère à une fédération nationale. Il est labellisé sur la base de critères évalués chaque année, parmi lesquels celui de travailler avec un public en insertion.
Quels sont ses objectifs ?
Le Geiq Ile-de-France a été créé en 2006 par une dizaine d’entreprises. A l’époque, celles-ci avaient des besoins en main d’œuvre qu’elles n’arrivaient pas à satisfaire et souhaitaient également diversifier leurs candidatures. Le Geiq leur a semblé un moyen intéressant d’y parvenir, en permettant de former des personnes à leurs métiers, avec des qualifications correspondant à leurs besoins. Aujourd’hui, il rassemble 85 entreprises. Son activité principale est de former du personnel en alternance, en recourant en majorité au contrat de professionnalisation, dont la souplesse est bien adaptée à notre activité.
A quels types de métiers forme-t-il ?
Nous formons à une grande partie des métiers du bâtiment, des travaux publics et de l’énergie. Il s’agit aussi bien de métiers accessibles aux premiers niveaux de qualifications (bardeur, maçon, ouvrier de voirie, etc.) que de métiers de l’encadrement (conducteur de travaux, chef de chantier, etc.). Nous essayons d’attirer des femmes sur nos métiers. Dernièrement, nous avons pu former une dizaine de femmes sur le métier de bancheuse.
Comment se déroule le recrutement ?
Nos entreprises adhérentes font appel à nous lorsqu’elles ont un besoin en recrutement : elles nous transmettent leurs offres d’emploi ou nous sollicitent dans le cadre d’une clause sociale. Nous nous rapprochons alors de nos partenaires emploi : missions locales, Pôle emploi, Cap emploi, Plie ou structures d’insertion par l’activité économique (SIAE). Nous organisons une information collective puis des entretiens individuels. Pour sélectionner les personnes, nous privilégions des critères de savoir-être et d’intérêt pour le métier. La candidature est ensuite présentée auprès des opérationnels. Si elle est retenue, nous établissons un contrat de travail et une convention de mise à disposition avec l’entreprise.
Combien de temps dure le parcours et quel est l’accompagnement proposé ?
La mise à disposition en entreprise peut durer de 6 à 24 mois. Elle est de 12 mois en moyenne. Au sein de l’entreprise, un tuteur est affecté au salarié. Une chargée d’accompagnement du Geiq se rend une fois par mois sur le chantier. Avec le tuteur et le salarié, elle travaille sur l’intégration de ce dernier et vérifie sa progression professionnelle et la cohérence de son poste avec la formation. Seule avec le salarié, elle travaille aussi sur le champ social, familial et financier, pour l'aider si besoin à obtenir un permis, un logement, un suivi médical, etc. Nous misons beaucoup sur cet accompagnement social, car il est essentiel pour permettre aux personnes de se restructurer et d’aller au bout de leur projet professionnel.
Quelle est la part laissée à la formation ?
En moyenne, les personnes suivent 300 heures de formation par an, une durée qui peut être majorée de 150 heures dans le cas où une préparation opérationnelle à l’emploi (POE) est organisée en amont du contrat. La formation est vraiment adaptée au niveau de chacun, sachant que la plupart de nos salariés sont très peu qualifiés (en 2014, 71 % n’avaient aucune qualification lors de leur recrutement et 21 % un niveau V). Au final, nous obtenons de très bons résultats : 98 % des personnes qui vont au bout du parcours obtiennent une qualification. Par ailleurs, 65 % des personnes trouvent un emploi à l’issue du parcours.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne (septembre 2015)

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