Fracture économique : le Disse et la Direccte Ile-de-France mobilisés sur la formation

17 Avril 2018

Diane de Souza - Déléguée Information Stratégique Sécurité Economiques Intelligence Economique Ile-de-France

Diane de Souza L'intelligence économique en Ile-de-France doit permettre de favoriser l’accès à l’information ciblée et la protection des données, et mettre à disposition des outils et accompagnements pour les entreprises et les acteurs économiques.

« Sortir du cercle des experts pour entrer dans la vie quotidienne de toute entreprise, tel est le but de ma démarche. »
Pouvez-vous présenter votre mission ?
Le Disse (Délégué régional à l’information stratégique et la sécurité économiques) anime le milieu économique régional sur les questions d’Intelligence Economique (IE). Sa lettre de mission lui est donnée par le Sisse, service central à Bercy, dirigé par le Commissaire à l’information stratégique et la sécurité. Enfin, le DIisse est placé au sein de la Direccte pour travailler en synergie avec les services d’accompagnement des entreprises.

Dans notre société du numérique, il s’agit de favoriser l’accès à l’information ciblée et la protection des données, et de mettre à disposition outils et accompagnements pour les entreprises et les acteurs économiques : comment chercher des renseignements stratégiques, faire une veille concurrentielle, où trouver de nouveaux marchés ? Il s’agit de prestations de renseignement externes, ou de suivi de veilles dans l’entreprise.

Les deux autres volets de l’IE préconisent la sécurité des données, la protection de la propriété industrielle et l’accompagnement de l’entreprise sur le thème de l’influence et du lobbying. Pour se développer, la PME doit être remarquée comme experte. On parle alors de l’e-réputation, de son référencement dans les moteurs de recherche, de son audience nationale ou internationale.

Ma seconde mission est de participer à la surveillance des activités sensibles pour la préservation du savoir-faire français dans la chaîne de valeur. Je reçois ou rédige des alertes sur des entreprises en danger, examinées en interministériel, dans le cadre du pilotage économique de la Nation. A ce titre, j’anime aussi avec le corps préfectoral coordonnateur, la politique publique de l’IE, en réunissant les acteurs de l’Etat autour de comités opérationnels départementaux qui analysent les risques et organisent des évènements de sensibilisation.

Comment la formation peut-elle accompagner ces évolutions ?
Sensibilisations et visites d’entreprises ne suffisent pas. L’objectif est d’acculturer tout un milieu économique sur de nouveaux outils d’accès aux données et de protection. La digitalisation des entreprises et la multiplication des risques cyber méritent plus de moyens.

La formation en interne des salariés pourrait aider les chefs d’entreprise, peu disponibles, à mettre en place ces démarches dans les PME. Il ne s’agit pas de former des experts, mais de donner une culture de base, pour faire du salarié volontaire un référent en appui d’un professionnel extérieur. Proche du chef d’entreprise, il lui permettra de mieux appréhender le potentiel extraordinaire de ces approches.

Nous souhaitons pour cela démultiplier les offres de formation, les adapter aux salariés en formation continue : initiations de quelques jours sur la veille et la cyber sécurité, perfectionnement ensuite. Il sera fait appel aux professionnels, de façon ponctuelle, en cernant les besoins informatifs nécessaires à l’activité.

Comment accompagner les TPE ?
Les TPE-PME n’ont souvent pas les moyens de recruter des salariés bac +5 ou plus, spécialistes de l’information, dédiés à ces sujets. Toute personne à faible qualification, ayant une appétence pour le numérique, peut monter en compétence. Elle peut exercer ces missions en complément d’une autre fonction, à coût réduit pour l’entreprise. Aussi, la Direccte se saisit de la formation pour gérer le risque de fracture économique et stratégique : cerner l’offre de formation, la référencer, veiller à ce qu’elle couvre les besoins (insuffisante en cyber sécurité). L’objectif final est de proposer une offre plus large, notamment sur la veille, suffisante en nombre, et adaptée aux besoins de l’entreprise.

Enfin, avec la multiplication des moyens de communication, de nouveaux supports ont vocation à se généraliser : vidéos de sensibilisation sur la sécurité, MOOC et guides divers, kits de formations dans les établissements scolaires.

Sortir du cercle des experts pour entrer dans la vie quotidienne de toute entreprise, tel est le but de ma démarche.

Propos recueillis par Christine Barret-Labre (mars 2018)

Tags : intelligence économique | cyber sécurité | Direccte | action de formation | Ile-de-France