Formation continue : des actions pour faire coopérer universités et secondaire

02 Septembre 2019

Florence Daumarie - Conseillère académique à la Formation continue dans l’Enseignement supérieur, Académie de Versailles

Florence Daumarie La loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 rénove le système de construction des diplômes professionnels, obligeant les universités à penser différemment leur offre de formation, en lien avec l'enseignement secondaire.

« Demain, les plateformes de mise en visibilité de l'offre de formation devront être thématiques. »
Quelles sont vos missions au sein du réseau des Conseillers académiques à la Formation continue dans l’Enseignement supérieur (Cafces) ?
La mission d’un Cafces est définie par arrêté dans une lettre de mission signée par le recteur qui précise objectifs et axes prioritaires de l’action pour 4 ans. Sur l’académie de Versailles, j’œuvre à la coordination de la formation continue pour améliorer et amplifier le rôle des universités. Les objectifs sont : renforcer la notoriété des cinq universités par une certification « qualité » ; accroître la visibilité de l’offre de formation continue de l’enseignement supérieur sur les listes pertinentes et accentuer l’articulation avec celle du secondaire ; organiser une veille juridique et économique sur des logiques d’appels d’offres ; traiter de sujets transversaux comme la place du digital dans l’accès à la certification ; et représenter la formation continue dans le supérieur partout où cela est pertinent.
Comment travaillez-vous avec les directeurs de la Formation continue à l’université (FCU) ?
Je travaille à faire coopérer deux mondes de la formation continue : le secondaire (Dafco, Greta) et le supérieur (directeurs FCU des cinq universités de l’académie de Versailles). L’idée est de développer le potentiel existant en articulant mieux les deux offres pour répondre aux demandes de formation émergentes et innover en ingénierie de formation sur des filières de secteurs en tension. A ce titre, je travaille en proximité avec le réseau FCU, dont j’intègre une partie des préoccupations.
La réforme de la formation professionnelle rénove le système de construction et de régulation des diplômes professionnels. Quelles sont les conséquences selon vous ?
Cette réforme se préoccupe de réduire le chômage structurel en France en développant les certifications professionnelles, c’est-à-dire celles dont l’objectif immédiat est l’insertion dans l’emploi ou l’évolution professionnelle. Elle renforce le rôle clé de l’approche compétences, sorte d’espéranto qui permettrait aux différents mondes (formation, social, économique) de se comprendre. La réforme oblige les universités à structurer l'offre de formation en blocs de compétences cohérents et en modules indépendants, aligner leur pédagogie, revoir leur système de certification pour valider des compétences et créer de nouvelles situations d'apprentissage motivantes (Afest), développer l'enseignement à distance encadré pour faciliter l'acquisition des nouvelles compétences tout au long de la vie.
Vous avez accompagné le processus d'harmonisation de présentation de l'offre de formation des universités franciliennes. Quels sont les enjeux ?
Mon action s’inscrit dans un écosystème spécifique (académie de Versailles, 5 universités, 1 Dafco, des Greta) et s’articule étroitement avec celles des deux autres académies d'Ile-de-France. Elle intègre également une logique nationale en pleine mutation pilotée par la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (DGESIP). Au niveau régional, nous avons travaillé avec Défi métiers pour rendre visible l’offre des universités sur DOKELIO. Ce système d’information a l’immense avantage d’alimenter le national et de dialoguer avec celui de Pôle Emploi. Nous avons aussi soutenu l’effort de la DGESIP et du réseau FCU pour harmoniser la présentation des diplômes nationaux au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
Comment les plateformes de mise en visibilité de l'offre de formation doivent-elle évoluer ?
Ces plateformes devront être thématiques (intelligence artificielle, santé, etc.), territoriales et destinées à tout un écosystème : étudiants, actifs, entreprises, collectivités, associations, etc. Elles devront présenter l'offre de formation qui développe les compétences, mettre en relation les acteurs et proposer des stages, projets, services (labos, junior entreprise, etc). En d'autres termes, elles devront accompagner la complexité des défis sociétaux et environnementaux qui devront être relevés.

Propos recueillis par Corinne Rouanet (juillet 2019)

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