Confinement : la Mission locale de Rambouillet s'adapte

07 Mai 2020

Marie-Françoise Corbonnois - Directrice de la Mission locale de Rambouillet

Marie-Françoise Corbonnois La Mission locale de Rambouillet (78), qui accompagne un millier de jeunes par an, continue d’assurer pratiquement toutes ses prestations pendant le confinement grâce aux outils de collaboration à distance.

« Les jeunes sont souvent agréablement surpris que nous gardions le contact avec eux pendant cette période. »
Quelle organisation avez-vous mis en place à la Mission locale de Rambouillet suite au confinement ?
Toute l’équipe de la Mission locale, soit 16 personnes au total, est en télétravail. Nous avons la chance que tout le monde travaille, il n’y a pas de malades ni de personnes contraintes d’arrêter de travailler. Du point de vue de l’équipement informatique, nous avons juste réaffecté trois postes PC portables et aujourd’hui, chacun est équipé à son domicile. Concernant la Téléphonie, des solutions ont été trouvées en fonction de chaque salarié puisque nous ne disposions pas de mobiles professionnels. Et le standard téléphonique ne peut être transféré que vers une seule personne pour l’instant.
Comment se déroule le travail auprès des jeunes ?
Avant le confinement, j’avais commencé à réfléchir à la possibilité de mettre en place des réunions à distance. Nous avons la chance d’avoir dans l’équipe une personne en mécénat de compétences Orange. A l’approche du confinement, je lui ai demandé ce qu’on pouvait déployer vis-à-vis des jeunes. Des solutions ont été proposées, le lundi avant le confinement a été une journée intense, il a fallu rassurer les équipes, informer sur l’organisation envisagée, mettre à jour le matériel, assurer une formation à l’outil collaboratif... Dès le premier jour du confinement, nous étions prêts pour notre première réunion en visio, et nous pouvions assurer la quasi-totalité de nos prestations.

Les premiers accueils sont maintenus et nous continuons à organiser des ateliers. De même, la psychologue assure toujours des permanences, par téléphone. Et nous arrivons à positionner des jeunes sur des offres d’emploi, en veillant aux consignes de sécurité.

Les jeunes répondent-ils présents ?
La difficulté avec la fermeture de l’accueil de la Mission locale, c’est que les jeunes ne viennent pas vers nous. Ils sont très impactés par le confinement, on sent qu’il y a une angoisse, ils ont dû mal à prendre du recul. Et ils sont souvent agréablement surpris que nous gardions le contact avec eux pendant cette période.

Au début, nous avons passé beaucoup de temps à les accompagner pour qu’ils puissent se connecter à nos outils. Nous les avons appelés individuellement pour trouver des solutions. Nous avons des jeunes dont la situation professionnelle s’est interrompue avec le confinement, certains sont revenus vers nous et d’autres pas. D'autres ne peuvent pas parler lorsqu’ils sont dans leur famille... Nous n’avons pas 100% de connexion et nous avons moins d’entretiens, mais nous arrivons à poursuivre notre travail de soutien des jeunes qui est notre ADN.

Quel bilan tirez-vous des 3 premières semaines de confinement ?
Depuis le 19 mars, nous avons organisé 113 entretiens en visio, 70 rendez-vous téléphoniques et une dizaine d’ateliers. Les premiers accueils se déroulent par téléphone ou en visio, le conseiller remplit le dossier sur Imilo directement avec le jeune. Les ateliers d’orientation et de recherche d’emploi sont maintenus avec des aménagements, grâce au partage d'écran il est même possible de partager des documents avec le jeune.

Ce qui nous pose plus de souci, c’est la Garantie jeunes car ce dispositif s’appuie au démarrage sur une forte dynamique de groupe qu’il est difficile de reproduire à distance. Il faudra peut-être attendre la fin du confinement pour reprendre les entrées sur ce dispositif.

Comment maintenez-vous le lien avec vos partenaires ?
Pendant les deux premières semaines, nous avons mis l’accent sur notre organisation et sur l’accompagnement de notre public. Maintenant que cela fonctionne bien, nous nous tournons vers nos partenaires et l’axe entreprise. Par exemple, nous venons de préparer une communication en direction des 100 communes de notre territoire pour rappeler que la Mission locales reste « ouverte ».
Quelle est la situation dans les autres missions locales d’Ile-de-France ?
Chaque structure a ses outils et doit s’adapter aux contraintes locales. Mais dans l’ensemble des Missions locales franciliennes, la volonté de maintenir le contact avec les jeunes et l’énergie déployée sont très fortes. Les missions locales restent un point d’ancrage pour les jeunes pendant le confinement.

Propos recueillis par Patricia Holl (avril 2020)

Tags : Covid19 | missions locales | jeunes