Cap emploi accompagne les personnes handicapées dans leur projet de formation

16 Mars 2021

Nazim Menaï - Conseiller en évolution professionnelle, Cap emploi, Paris

Nazim Menaï Nazim Menaï jongle avec les dispositifs ouverts aux demandeurs d’emploi fragilisés par leur situation de santé.

« C’est le projet de la personne, sa situation financière pendant la formation et la rapidité d’accès à la formation qui déterminent le choix de l’action de formation. »
Pouvez-vous expliquer la façon dont vous procédez pour faciliter l’entrée en formation d’une personne, quand ce besoin est avéré ?
Une fois le projet de la personne validé, et si la formation s’impose pour retrouver un emploi, je recherche avec elle dans l’outil des prescripteurs « OUIFORM » mis en place par Pôle Emploi, une action de formation adéquate, en privilégiant la formule de l’alternance, le cas échéant en puisant dans les actions dites conventionnées c’est-à-dire financées par la Région, Pôle emploi ou l’Agefiph et identifiables sur le site Défi métiers. En dernier recours, je me tourne vers les actions individuelles via les dispositifs AIRE du Conseil régional d'Ile-de-France ou AIF de Pôle emploi par exemple.
Dans votre approche, le financeur ou le dispositif ne semblent pas des critères prioritaires.
Les critères que je regarde avec la personne accompagnée sont avant tout son projet, considérant sa situation de santé, puis l’action de formation la plus rapidement accessible en tenant compte sa situation financière. En effet, il est essentiel que la personne dispose de ressources suffisantes pendant sa formation sous forme d’allocations ou encore de ressources personnelles. Si ces ressources apparaissent insuffisantes, la personne doit tenter de retrouver un emploi, par exemple un CDD peu ou prou compatible avec sa situation de santé. Une fois ses droits rechargés, comme on dit, elle accèdera à la formation envisagée, bénéficiant par ailleurs d’un accès aux dispositifs « Salariés / Actifs » de Transitions Pro Ile-de-France, non ouverts pour elle jusqu’ici.
A quel moment invitez-vous la personne à mobiliser son Compte personnel de formation (CPF) ?
Lorsque l’offre de formation conventionnée est insuffisante ou que l’entrée en formation est trop lointaine, ou encore quand le CPF est bien alimenté. En effet, mobiliser son CPF, c’est éviter une procédure administrative et accéder plus rapidement à la formation, donc pouvoir retrouver plus rapidement un emploi .
Une fois l’action de formation identifiée, que se passe-t-il pour la personne ?
Deux cas de figure se présentent : soit l’inscription auprès de l’organisme de formation se réalise par OUIFORM, soit la personne doit se présenter à l’organisme de formation pour s’inscrire, par exemple à l’Afpa. Dans tous les cas, c’est l’organisme qui valide son inscription après une séance d’information collective suivie de tests et d'un entretien. Par ailleurs, l’organisme s’assure de la sécurité financière de la personne pour éviter des abandons en cours de formation. Dans le meilleur des cas, l’organisme informe ensuite le conseiller de sa décision. Sinon, celui-ci fait son enquête…
Avez-vous des suggestions pour faciliter le processus de prescription ?
J’identifie deux, trois pistes. D’abord, améliorer l’information des prescripteurs en leur proposant un endroit unique pour se renseigner, à l’image de ce que propose l’Agefiph avec « Métodia ». Pour le moment, les prescripteurs s’informent via leur hiérarchie, et surtout via différents sites ou encore auprès de leurs collègues, plus rarement lors d’échanges entre pairs, par exemple dans les Lab OUIFORM. Ensuite, je préconise l’usage de l’outil OUIFORM par tous les organismes de formation. C’est aujourd’hui le seul moyen de suivre en temps réel le parcours de la personne, de faciliter les échanges entre les prescripteurs (d’éviter, par exemple, les doubles prescriptions) et avec les organismes de formation. Le suivi de la personne s’en trouve amélioré et facilité. Enfin, il faut garantir la rémunération des personnes pendant leur temps de formation, quels qu'en soient la durée et le financeur. Par ailleurs, faciliter le co-abondement du CPF permettrait la prise en charge de projets plus ambitieux, parfois plus coûteux, et limiterait les temps d’attente pour entrer en formation, un levier précieux pour retrouver plus rapidement un emploi.

Propos recueillis par Françoise Lemaire (novembre 2020)

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