Avec Wimoov, la mobilité au service de l’insertion et de l’emploi

17 Février 2015

Florence Gilbert - Directrice générale de Wimoov

Florence Gilbert Grâce à ses "plateformes de mobilité durable", Wimoov aide les publics les plus fragiles à trouver des solutions de transport adaptées.

« La mobilité est souvent le dernier obstacle à lever : en répondant à cette problématique, on répond à la problématique de l’emploi. »
Quelles sont les missions de Wimoov ?
Wimoov, anciennement "Voiture & co", est une association qui a déjà plus de 15 ans d’existence. Sa mission est de permettre à tous de se déplacer en polluant moins. En France, le système de transport a été prévu pour le plus grand nombre. D’une certaine façon, une partie de la population, la plus fragile, en a été exclue. Nous agissons auprès de ce public (personnes en insertion, bénéficiaires du RSA, jeunes des quartiers prioritaires, seniors, personnes handicapées, etc.), afin que la mobilité soit accessible à tous.
En quoi consiste votre action ?
Nous avons mis en place des "plateformes de mobilité durable". Il y en a aujourd’hui 19 partout en France, dont 7 en Ile-de-France. Il s’agit de lieux physiques, où sont reçues sur rendez-vous les personnes qui rencontrent un problème de mobilité. Cet accueil se fait sur prescription des structures partenaires avec lesquelles nous travaillons sur chaque territoire : Pôle emploi, missions locales, associations d’insertions, pôles d’insertion des Conseils généraux, etc. Lors de ce rendez-vous, un conseiller mobilité va analyser les difficultés du bénéficiaire. Elles peuvent être financières, matérielles (voiture en panne par exemple), physiques, ou cognitives (difficultés à lire une carte, à lire les panneaux, à se déplacer hors de son quartier, etc.).
Quelles solutions proposez-vous ?
Notre objectif est de fédérer au même endroit l’ensemble des moyens de transport que l’on peut trouver sur un territoire : transports en commun, location de voiture, de vélo, de trottinette électrique, etc. Et si une solution de transport n’existe pas, nous la créons. Une fois les difficultés du bénéficiaire identifiées, nous le faisons entrer dans un parcours de mobilité, qui généralement dure un maximum de 3 mois. Il permet de trouver une solution de transport : avec une information sur les transports en commun, du transport à la demande (par exemple pour quelqu’un qui doit se rendre de nuit à son travail), la location d’un véhicule, etc. Nous proposons aussi des formations : apprendre à lire une carte, à utiliser un vélo, ou encore savoir vendre sa mobilité hors permis et voiture à un employeur. Le permis, même si nous proposons cette solution à un petit nombre de bénéficiaires en partenariat avec des auto-écoles, n’est en effet pas toujours la meilleure solution : elle demande d’avoir les capacités de passer le permis et d’avoir les moyens financiers pour posséder une voiture. Enfin, nous intervenons par un accompagnement personnalisé, afin que la personne se sente totalement libre dans sa mobilité. On peut en effet fournir un vélo, mais si la piste cyclable s’arrête à l’endroit le plus dangereux de la ville, la personne ne l’utilisera pas. Nous cherchons donc comment lever ces éventuels freins.
Obtenez-vous de bons résultats ?
Dans nos plateformes implantées sur des territoires très urbains, où les personnes sont souvent très éloignées de l’emploi, nous avons 42 % de retour à l’emploi. Sur les territoires périurbains, cette proportion atteint 60 %. La mobilité est souvent le dernier obstacle à lever : en répondant à cette problématique, on répond à la problématique de l’emploi. C’est pourquoi nous travaillons, sur les territoires et au niveau national, dans le cadre de notre "laboratoire de la mobilité inclusive", avec l’ensemble des acteurs de l’insertion et de la mobilité pour adapter le système de transport et trouver des solutions qui bénéficient à tous.

En savoir plus sur Wimoov

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne (février 2015)

Tags : insertion dans l’emploi | mobilité