Audiovisuel : l'Ile-de-France a de nombreux atouts

22 Mars 2019

Olivier-René Veillon - Directeur général de la Commission du film d’Ile-de-France

Olivier-René Veillon A la tête de la Commission du film d'Ile-de-France depuis 2008, Olivier-René Veillon revient sur le dynamisme de la région Ile-de-France en matière de production cinématographique et audiovisuelle.

« Il existe peu de régions au monde où de telles ressources, qualifiées et talentueuses, sont disponibles. »
Comment se porte la production audiovisuelle et cinématographique en Ile-de-France ?
Cela fait 11 ans que le secteur crée des emplois à un rythme soutenu, avec une seule année de repli, 2008. Cette réussite, malgré des investissements en retrait depuis 3 ans, s'explique par le développement des activités à l'international. L'Ile-de-France attire des tournages du monde entier et ceci contribue au dynamisme de l'activité et à la création d'emplois. L'Ile-de-France présente de nombreux atouts dont des décors universels exceptionnels, de grandes compétences en matière de prestations cinématographiques, et de nombreux talents dans des domaines où les investissements internationaux sont très importants. Les plus importants d'entre eux, qui ont créé 600 emplois franciliens, ont été la décision d'Universal d'implanter à Paris sa production de films d'animation. Le film Minions a été entièrement réalisé à Paris.
Le nombre d'emplois augmente alors que le nombre d'entreprises diminue. Comment expliquer ce mouvement ?
On a une relative consolidation des 5 000 sociétés de production en Ile-de-France. Ce grand nombre est à la fois une force et une faiblesse. On a essentiellement des très petites entreprises. La croissance permet une certaine consolidation, c'est-à-dire l'émergence de plus grosses entreprises dont on manque actuellement. C'est donc un phénomène très positif. La diversité est préservée en Ile-de-France mais il faut encore que plusieurs "champions" voient le jour avec des ambitions internationales comme EuropaCorp.
Quelle est la part de l'intermittence dans le secteur ?
Sur 135 000 emplois du secteur, 115 000 sont sous le régime de l'intermittence. C'est le coeur de l'activité. C'est un grand atout dans la mesure où cela permet de maintenir dans l'emploi de très nombreuses compétences. Et c'est parce que ces compétences sont maintenues dans l'emploi qu'on peut attirer des productions internationales ayant besoin rapidement de 400 techniciens par exemple ! Il existe très peu de régions au monde où de telles ressources, qualifiées et talentueuses, sont disponibles. Ce régime de l'intermittence permet permet de recruter de grosses équipes de haut niveau en très peu de temps.
Quel est l’impact sur l’emploi des politiques de soutien au secteur ?
La politique de soutien de la Région Ile-de-France est importante puisqu'elle consacre 14 millions d'euros au cinéma. Cela contribue à faire de l'Ile-de-France une région accueillante et qui soutient l'activité sans critère de nationalité ou de langue. C'est un signal important donné à la production internationale avant même que le crédit d'impôt international ne soit créé. C'est un levier de croissance majeur. Au niveau national, il existe un dispositif de soutien bien connu qui est géré par le CNC. Il a la vertu d'obliger les producteurs à réinvestir. Dans le cinéma,1 film sur 20 est rentable... mais quand il est rentable, il l'est énormément. Le fonctionnement du compte de soutien (taxes sur entrées et résultats, qui ouvrent droit à un financement pour le film suivant) permet un réinvestissement de l'ordre de 700 millions d'euros, ce qui consolide beaucoup l'activité de production en France. Au niveau européen, on a essentiellement une aide à la circulation des films en Europe.
Quelles sont les perspectives d'évolution du secteur en 2016 ?
L'activité devrait encore progresser dans les années qui viennent car les pouvoirs publics ont mis en place ce crédit d'impôt international, c'est-à-dire un abattement sur les dépenses réalisées en France pour les équipes étrangères, ce qui nous a permis d'être plus compétitifs par rapport à nos principaux concurrents qui avaient déjà ce dispositif en place, comme Londres par exemple. Le dispositif a été renforcé au 1er janvier 2016. 2016 devrait poursuivre dans ce dynamisme grâce aux réussites des films internationaux tournés en Ile-de-France. En termes de compétitivité, l'Ile-de-France est certainement la région au monde où fabriquer l'animation - au niveau qualité et prix - est la plus intéressante. On est ultra-compétitifs et cela intéresse de nombreux studios étrangers.

(Propos recueillis par Sandrine Damie en septembre 2015 pour lesmetiers.net).

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