L’écosystème TransCo au service des TPE-PME

L’écosystème TransCo au service des TPE-PME

14 Octobre 2021

© Drieets Ile-de-France En Ile-de-France, le déploiement de Transco fait intervenir de nombreux acteurs de l’emploi et de la formation ainsi que sept plateformes territoriales.

Monoprix et Derichebourg ont été les premières entreprises à s’emparer du dispositif Transitions collectives conçu par les partenaires sociaux pour éviter les licenciements. Ces initiatives, annoncées par la ministre du Travail en personne, vont permettre à des salariés de ces entreprises de taille conséquente de bénéficier d’une formation pour devenir aides-soignants et intégrer un autre grand groupe : Korian. Contrairement à ce que laisseraient penser ces projets placés sous les feux des projecteurs, TransCo apporte aussi des réponses aux entreprises de taille plus modeste, comme en témoigne le responsable RH (ressources humaines) de Form Développement, qui intervenait lors d’un webinaire organisé, le 7 octobre, par la Drieets (1) d’Ile-de-France, en partenariat avec Transitions Pro Ile-de-France et Centre Inffo.

Un projet individuel déclencheur de TransCo

Cette société qui gère plusieurs salles de sports en région parisienne sous l’enseigne Healthcity RITM a été amenée à revoir son organisation pour passer de six managers de clubs à trois et de six responsables fitness à trois également. Pour éviter les licenciements, l’entreprise a privilégié les reclassements en interne. C’est ainsi qu’un des managers de club a été nommé responsable du service clients au siège de l’entreprise, explique Thomas Papuchon, le responsable RH. Au départ, TransCo ne faisait pas partie des solutions envisagées. C’est lorsqu’une salariée souhaitant changer de cap engage des démarches auprès de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) que l’entreprise commence à s’intéresser au nouveau dispositif de reconversion. Le métier de clerc de notaire vers lequel elle souhaite s’orienter fait partie des métiers identifiés comme porteurs en Île-de-France. Un financement de sa formation dans le cadre de Transco a donc pu être envisagé.

Accompagnement à la mise en oeuvre

Commencent alors les formalités nécessaires à la mise en œuvre du dispositif. « Avant même la signature de l’accord de GEPP (2), nous avons organisé une réunion avec le CSE (3) et reçu l’ensemble des salariés dont les métiers étaient fragilisés afin de leur expliquer la situation et les démarches que nous mettions en place pour leur reconversion s’ils le souhaitaient », explique Thomas Papuchon. Une fois l’accord signé et transmis à la Drieets Ile-de-France, le processus d’accompagnement de l’entreprise et des salariés s’engage. Des représentants de l’Apec et de Transitions Pro Ile-de-France viennent rencontrer les équipes, présenter le projet et rassurer une nouvelle fois les salariés concernés par les emplois fragilisés.

Appui aux entreprises et aux salariés

L’intervention coordonnée de ces acteurs est essentielle dans le déploiement du dispositif. Les salariés sont orientés et accompagnés tout au long de leur parcours par un opérateur de conseil en évolution professionnelle afin de sécuriser leurs projets. Quant aux associations Transitions Pro, elles sont là pour instruire et prendre en charge les dossiers mais aussi « informer les salariés et les employeurs et faire le lien entre les entreprises qui cherchent à recruter et celles qui sont confrontées à des mutations », rappelle Stéphane Maas, directeur général de Transitions Pro Ile-de-France. Outre ces intervenants auxquels s’ajoutent les Drieets qui pilotent le dispositif et publient les listes des métiers porteurs, d’autres acteurs peuvent épauler les entreprises dans leur démarche : les opérateurs de compétences qui financent des diagnostics RH, les Associations régionales pour l’amélioration des conditions de travail (Aract) qui apportent leur conseil en matière de négociation d’accords de GEPP ou encore les plateformes territoriales créées pour faciliter le déploiement de TransCo.

Des plateformes de proximité

La région Ile-de-France en compte sept aux contours différents. « Certaines sont centrées sur un territoire, d’autres sur un secteur d’activités », précise Benjamin Leperchey, directeur adjoint, chef de pôle économie, emploi et solidarité de la la Drieets Ile de-France. « Elles ne sont pas un passage obligé », précise-t-il, mais s’avèrent des points de contact de proximité très utiles grâce à leurs connaissances du tissu économique local. « Nous sommes des facilitateurs », résume Mélissa Chollet de la plateforme de la zone Grand Roissy-Le Bourget pilotée par Paris CDG Alliance. « Nous apportons de la fluidité en mettant en relation les entreprises et leurs salariés avec le bon interlocuteur au bon moment. »

Éviter les licenciements

C’est cet écosystème local qui permet de sécuriser le déploiement de TransCo et de le rendre accessible aux entreprises de toute taille, y compris lorsqu’un faible nombre d’emplois est menacé, comme le montre Form Développement. « TransCo nous a permis de proposer une solution supplémentaire aux offres de reclassement et de formation en interne », explique son responsable des ressources humaines, et in fine « d’éviter le recours à un licenciement économique qui entrainerait un climat pesant au sein de la société et démoraliserait l’ensemble des équipes. » Avec les ajustements annoncés par le gouvernement fin septembre, TransCo devrait faire d’autres adeptes parmi les TPE-PME. A l’avenir, la signature d’un accord de GEPP ne sera plus être nécessaire dans les PME de moins de 300 salariés. Une simple consultation du comité social et économique sur les métiers menacés sera suffisante pour enclencher le dispositif.

Estelle Durand (Centre inffo [1] pour Défi métiers)

Notes

1. Direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités
2. Gestion des emplois et des parcours professionnels
3. Comité social et économique

 

Tags : Transitions collectives [2] | transition professionnelle [3]