Professionnels des spectacles

Professionnels des spectacles

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

48 %
123 510
Actifs en emploi
en France
Dont
59 150
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+4 %

Près de la moitié des professionnels des spectacles sont concentrés en région Ile-de-France.

Une palette de professions au cœur des industries culturelles et créatives

  • Les activités et leurs évolutions

    Des métiers qui nécessitent des compétences techniques très pointues (métiers du plateau, du son, de la lumière, etc.)
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    Il est à noter que cette FAP ne comprend pas les artistes, les graphistes, les écrivains et les photographes. Deux sous-familles professionnelles peuvent être distinguées :  

    • Les techniciens du spectacle vivant sont chargés de gérer les matériels et équipements scéniques. Selon les métiers, ces personnels sont chargés de leur conception, fabrication, installation, réglage, conduite pendant le spectacle, réparation ou maintenance. Ces métiers requièrent des techniques et connaissances pointues qui s’acquièrent en formation spécialisée. Les nouvelles technologies sont largement présentes au sein de ces métiers (robotique, multimédia, 3D…).  

     

    • Les métiers de l’administration-production et gestion de structure des spectacles vivants sont en majorité des postes de cadres de direction. Il s’agit soit d’entrepreneurs des spectacles exerçant des activités d’exploitation de lieux, de production, de diffusion/tournées participant au développement d’actions culturelles sur un territoire, par exemple. Soit ils occupent des postes au sein de sociétés/ prestataires de services techniques du spectacle et des manifestations qui interviennent selon leur(s) domaine(s) de spécialités (machinerie, structure, son, lumière, etc.). 

    Les actifs intégrant le domaine des arts et des spectacles évoluent souvent dans un contexte international (un travail en lien avec des artistes internationaux) ce qui nécessite des connaissances en langues étrangères notamment.  

    A noter, représentant près de 20 000 actifs franciliens (soit environ un tiers des actifs de la FAP), les cadres artistiques et technico-artistiques sont fortement surreprésentés dans la région (près de 6 emplois sur 10 concentrés en région francilienne). 

    Les techniciens des spectacles peuvent évoluer vers des postes de régisseur technique (bac +2) et directeur technique. 

    La pluriactivité est, par ailleurs, relativement importante chez les actifs appartenant à cette famille professionnelle. En effet, le rapport de 2016 relatif à l’actualisation du contrat d’études prospectives du spectacle vivant fait état des données suivantes : « 60% d’entre eux travaillent moins de 500 heures dans l’année dans le secteur du spectacle vivant. La part des mono-actifs excède 50% quand on dépasse le seuil des 500 heures travaillées dans le spectacle vivant. Les pluriactifs (…) travaillent principalement hors du spectacle vivant ou de l’audiovisuel ». 

     

    Source : AFDAS, Le guide des métiers du spectacle vivant, réalisé par la CPNEF-SV  
    et l’Afdas dans le cadre de l’Observatoire des métiers du spectacle vivant

    Domaine technique

    Principales activités au cœur de la profession 

    • Identifier et préparer le matériel (les installations son et lumière, les décors, les accessoires, les outils de projection vidéo-image, ou encore les effets spéciaux, les costumes, etc.) en fonction d’une demande spécifique (connaître les différentes technologies disponibles, etc.) 
    • Participer aux études techniques 
    • Travailler en équipe (Assister le technicien ou le régisseur pour la mise en œuvre du matériel, etc.) 
    • Positionner, répartir et mettre en place le matériel suivant les règles de l’art (respect des règles de sécurité et d’hygiène, etc.) 
    • Démonter et ranger le matériel.    
    •  

    … compétences spécifiques (liste non exhaustive) 

    • Effectuer la maintenance de premier niveau.  
    • Utilisation de certains engins nécessitant une habilitation (Exemple : Plates-formes élévatrices mobiles de personnes ou PEMP (CACES R 386)) 

     

     

    Domaine administration-production et gestion de structure

    Principales activités au cœur de la profession 

    • Accompagner le(s) porteur(s) de projet(s) et la réalisation de ses projets (comprendre et anticiper les enjeux...). 
    • Sélectionner un projet en cohérence avec une politique artistique 
    • Assurer la direction administrative et financière     
    • Conduire et suivre les relations et la communication avec les partenaires financiers et institutionnels     
    • Participer aux choix de communication     
    • Accomplir des formalités administratives dans le respect de la légalité     
    • Étudier un devis général et par poste selon les indications d'une équipe de réalisation/ Gérer les budgets et la trésorerie     
    • Vérifier, contrôler, suivre les aspects sociaux     
    • Gérer la logistique     
    • Créer, adapter des outils     
    • Planifier son travail et celui de ses collaborateurs et coordonner l'activité d'une équipe 
    • S’informer de l’évolution du contexte professionnel     
    • S’informer de la légalité    

    …compétences spécifiques (liste non exhaustive) 

    • Etudier l'impact d'une œuvre sur un public et ses retombées médiatiques 
    • Juger le montage d'un film, d'un spectacle, d'un enregistrement et proposer des modifications avant diffusion/lancement

     

    Source : RNCP et Pôle emploi/  Pour plus d’informations, consulter les fiches métiers disponibles sur le site de Pôle emploi 

     

  • Les secteurs concernés

    Transversalité de la profession
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    En Ile-de-France, près de la moitié des actifs appartenant à cette FAP travaillent pour le secteur de l’Edition/ Audiovisuel/ Diffusion et un peu plus d’un quart pour le secteur Arts, spectacles et activités récréatives, tandis qu’à l’échelle nationale ces deux secteurs emploient chacun un peu plus d’un tiers des actifs de la FAP. L’emploi s’est fortement développé dans cette famille professionnelle au cours des dernières décennies accompagnant le développement de la consommation de loisirs, de biens culturels, ainsi que la croissance de la production audiovisuelle. 

     

    Comme le signale l’Observatoire des métiers du spectacle vivant dans ses études, les professionnels du spectacle peuvent être embauchés par des entrepreneurs de spectacles (c’est-à-dire des producteurs, des diffuseurs, des exploitants de salles/lieux) ou par des entreprises techniques au service de la création et de l’événement. Exemples : compagnies, orchestres, groupes ou ensembles musicaux, salles de spectacle, cirques, festivals, producteurs/tourneurs, prestataires de services techniques, media, parc de loisirs, etc… (Source : AFDAS). 

     

    Les perspectives d’embauche à l’horizon 2030 offertes par ces secteurs demeurent importantes pour les professionnels de cette FAP compte tenu de l’implantation de grandes structures de l’audiovisuel, du spectacle et de l’événementiel en région francilienne (voir également les travaux de l’Institut Paris Région) sur le poids des industries culturelles et créatives en Ile-de-France, cf. référence disponible dans la bibliographie). Par ailleurs, les parcs d’attractions ainsi que les nombreux festivals organisés en Ile-de-France génèrent également chaque année d’importants recrutements de courte durée. En effet, sur plus de 3 000 festivals recensés dans le Panorama des festivals, salons et rencontres organisés en France en 2018, plus de 400 d’entre eux sont situés en Ile-de-France (source : Ministère de la culture).

     

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Six professionnels des spectacles sur dix sont des hommes
    59 150
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Comme le souligne l’AFDAS dans un article de juin 2019, « les femmes sont sous représentées dans les effectifs et la masse salariale des entreprises du secteur, en particulier chez les intermittents (…). Elles sont toujours moins bien payées que les hommes (a minima 20%), et ce quel que soit leur âge ou leur niveau de responsabilité, quand elles ne disparaissent pas tout simplement du marché du travail après 30 ans… ». Néanmoins des actions en faveur de l’égalité femmes/ hommes sont menées par les branches. Ainsi, l'AFDAS référence des programmes de formation « au féminin » qui abordent notamment les questions de développement personnel et du leadership au féminin. Elle a également initié des clubs RH « au féminin » pour ses différentes branches dont l’objectif est de permettre aux femmes de créer du réseau et d’échanger sur leurs pratiques. Une websérie sur la question des stéréotypes doit également voir le jour s’inscrivant dans le prolongement du film “Ces chiffres que l’on voudrait changer”. 

    La structure par âge des actifs de cette famille professionnelle est très proche de celle observée toutes FAP confondues en Ile-de-France avec toutefois une part d’actifs âgés de plus de 50 ans légèrement plus faible. Ceci peut s’expliquer par les déplacements fréquents imposés dans la plupart de ces métiers qui, peut-être, pourraient désinciter davantage les actifs de plus de 50 ans à intégrer ce genre de métiers en seconde partie de carrière ou autre hypothèse possible, les contraintes de ces emplois (horaires atypiques, déplacements fréquents, travail le week-end, etc.) pèseraient plus sur les actifs de plus de 50 ans. Ainsi, les actifs âgés de 30 à 49 ans sont les plus représentés au sein de la profession (plus de la moitié des actifs de la FAP). 

    Près de 6% des actifs de cette FAP sont de nationalité étrangère en région francilienne (contre environ 4% à l’échelle nationale). Cette part est inférieure à celle observée toutes FAP confondues (13% d’actifs de nationalité étrangère en région Ile-de-France). 

    La répartition des actifs au lieu de résidence témoigne d’une forte concentration des actifs dans le département de Paris. Celui-ci concentre 4 actifs franciliens appartenant à cette FAP sur 10 contre seulement 2 sur 10 toutes FAP confondues. A contrario, le Val d’Oise et l’Essonne sont largement sous-représentés, chacun de ces départements représentant moins de 5% des actifs au lieu de résidence de cette famille professionnelle.

     

    Les trois quarts des professionnels des spectacles âgés de moins de 30 ans ont un diplôme d’études supérieures

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    Le niveau de diplôme des professionnels des spectacles est très varié selon les métiers (FAP qui englobe des ouvriers et techniciens et des directeurs et cadres artistiques). Au global, pour l’ensemble de la FAP, plus des deux tiers des actifs ont un diplôme d’études supérieures. Cette part est particulièrement élevée chez les moins de 30 ans : les trois quarts d’entre eux ont un diplôme d’études supérieures. Comme c’est le cas pour de nombreux métiers, on peut supposer qu’au cours des dernières années, la transition numérique et le développement de certaines technologies (dans le domaine électronique, robotique, réseau de communication, imprimante 3D…) induisent une maîtrise de nouveaux outils de travail, se traduisant alors par de nouvelles exigences de la part des secteurs employeurs et une augmentation progressive de la part des diplômés du supérieur dans cette FAP. 

    La part des professionnels du spectacle ne possédant aucun diplôme ou seulement le brevet est désormais inférieure à 10% chez les moins de 30 ans.

     

    Un peu plus de la moitié des professionnels des spectacles ont un CDI

    Près de 15% des professionnels des spectacles exercent leur activité en tant qu’indépendants. Seulement un peu plus de la moitié des actifs ont un CDI (contre près de huit actifs sur dix toutes FAP confondues en Ile-de-France). Plus d’un quart d’entre eux sont salariés sur contrats à durée déterminée (intermittents du spectacle). 

    Le taux de rotation est très élevé au sein de cette famille* : les données de la Dares indiquent qu’il est passé de 268% en 2007 à 634% en 2014. Cette mobilité extrêmement importante reflète la part très élevée d’embauches en CDD. Ainsi, les départs de l’emploi sont majoritairement liés à la fin du contrat à durée déterminée. 

    Par ailleurs, comme le précise le Céreq dans son étude de 2016, « Parmi l’ensemble des salariés du spectacle vivant*, plus de la moitié travaillent dans un autre secteur professionnel et y exercent parfois un tout autre métier. En effet, rares sont ceux qui peuvent vivre exclusivement de leur activité. Ainsi, les situations professionnelles sont très hétérogènes et inégales : les salariés réguliers côtoient les occasionnels, dans un agencement singulier des formes d’emploi ». On parle ainsi de pluriactivité et de polyactivité pour les professionnels du secteur. 

     
    *Données concernant la famille professionnelle élargie (FAP 87)

     

    Des emplois offrant des cadres de travail très diversifiés et des déplacements fréquents laissant peu de place à la routine

    Les conditions de travail varient selon les métiers. Néanmoins, une large part des emplois occupés par les actifs de cette famille de métiers impliquent des déplacements et souvent un éloignement du domicile de plusieurs jours (tournées, enregistrements d'émission, etc.…). 

    La Dares précise dans son portrait de métiers de 2014 que, d’une part, 48 % des professionnels de cette FAP* exerçant à temps complet déclarent travailler plus de 40 heures par semaine. D’autre part, le temps partiel et le sous-emploi sont très élevés et concernent respectivement 31 % et 15 % des emplois (données 2014). Enfin, les actifs appartenant à cette famille professionnelle sont souvent amenés à travailler de nuit ou le week-end avec des horaires dits « atypiques ».

     

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    25 % 14 %
    INSEE RP 2018

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Chômage de longue durée et évolutions de carrières difficiles pour certains métiers…
    41 092
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    27%
    49%
    DIRECCTE 2020

    Avec un taux d’écoulement bien plus faible que celui observé toutes FAP confondues (inférieur de 20 points à la moyenne tous métiers) et une importante part de demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an, le marché de l’emploi peut sembler saturé pour certains métiers de cette FAP en Ile-de-France. Mais c’est aussi la nature des contrats proposés pour ces métiers qui influence à la hausse le nombre de demandeurs d’emploi. En effet, les professionnels du spectacle/ intermittents sont employés par des entreprises dont l’activité suppose une succession –voire la simultanéité–des contrats de travail à durée déterminée, se traduisant par l’alternance de périodes travaillées et non travaillées. 

    Les femmes représentent un peu plus d’un tiers des demandeurs d’emploi dans cette famille professionnelle (comparable à leur part dans l’ensemble des actifs de la FAP). De même, la répartition par âge des demandeurs d’emploi est conforme à celle de l’ensemble des actifs de la FAP. 

    Plus de huit demandeurs d’emploi sur dix appartenant à cette FAP ont un diplôme de niveau égal ou supérieur à bac+2.

     

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Peu de postes permanents proposés…

    Durée des emplois proposés (en %)

    544
    DIRECCTE 2020

    En 2019, seulement 1 300 offres d’emploi ont été enregistrées par Pôle emploi pour cette FAP en Ile-de-France dont moins de la moitié pour des offres d’une durée supérieure à 6 mois. Alors que la part des offres d’emplois de très courte durée (moins d’un mois) est très faible toutes FAP confondues (moins d’une offre sur dix), celle-ci avoisine les 40% pour les métiers des professionnels des spectacles.  

    A noter, le nombre d’offres d’emploi apparaît très faible en comparaison du nombre de demandeurs d’emploi. Néanmoins, pour ces métiers, les recruteurs ne passent pas nécessairement par Pôle emploi pour recruter (appel à leurs réseaux de professionnels, constitution d’un vivier de candidatures spontanées, intermittents qui interviennent de manière régulière pour certaines entreprises du domaine…). Il est donc important, pour les professionnels, de savoir développer son réseau relationnel. 

    Les résultats de l’enquête BMO 2019 font état d’un nombre de projets moyen annuel qui oscille entre 7 000 et 8 000 projets depuis 2014. Près de quatre projets sur dix seraient des projets saisonniers. Par ailleurs, les recruteurs déclarent rencontrer très peu de difficultés à recruter sur ces métiers (environ un projet sur dix serait considéré comme difficile).   

    La Dares estime à plus de 22 000 le nombre de postes à pourvoir pour la famille professionnelle des arts et des spectacles (périmètre FAP élargi) entre 2018 et 2022 en région Ile-de-France (soit l’addition de 7 200 créations nettes et 14 800 départs en fin de carrière). 

     

    L'impact des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024

    L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 va également mobiliser de nombreux emplois issus de cette FAP durant les prochaines années (surtout en 2024 pour la FAP étudiée). Les données communiquées début 2019 par le cabinet Amnyos et le Centre de Droit et d’Economie du Sport (CDES) permettent d’estimer le nombre de postes qui seront mobilisés par famille de métiers. Pour les métiers du spectacle vivant et de l’audiovisuel, le nombre de postes s’élèverait à 7 400 (Remarque méthodologique : Un même poste peut être successivement occupé par plusieurs personnes. Chaque emploi est associé à un métier déterminé par le temps de travail moyen observé sur chacun des métiers étudiés. Il ne s’agit donc pas d’un Equivalent Temps Plein. Un emploi est comptabilisé dans cette étude quelle que soit sa durée).

     

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Des métiers impactés par le développement des technologies numériques et les nouveaux canaux de production et de diffusion de la culture
    Enjeux par dimension

    Tous les métiers de cette famille professionnelle sont impactés par le développement des nouvelles technologies. En effet, la transformation numérique qui s’est accompagnée de nouvelles tendances de consommation et de nouveaux canaux de diffusion de l’information ont conduit les actifs de cette FAP à modifier leurs manières de travailler afin d’intégrer de nouveaux outils nécessitant de repenser l’organisation même de leur travail (former régulièrement les équipes, collaborer entre les différents métiers, rester en veille sur les innovations impactant l’activité telles que les nouveaux contenus et supports, etc.). Dans un même temps, le développement d’internet et des supports connectés (tablettes, smartphones…) ont modifié les comportements de consommation des individus. L’accès à la culture est facilité via de nouvelles pratiques culturelles qui se sont développées (usage du replay, streaming, abonnements, etc.). Ces nouvelles pratiques peuvent néanmoins peser sur l’activité de production de certains biens culturels (presse écrite, livres, etc). Il apparaît alors important d’intégrer ces pratiques et nouveaux canaux de diffusion de l’information dans l’activité des professionnels du spectacle. Face à un consommateur de plus en plus exigeant, un « consommacteur » qui cherche à prendre part dans la production des biens et services (on parle de co-construction), l’usage des réseaux sociaux permet notamment aux individus/ spectateurs potentiels de participer aux projets : participer pendant les phases de création via le crowdsourcing, pendant la production (crowdfunding, projets participatifs, etc.), donner son avis une fois le projet terminé, etc. Par ailleurs, la création du Fonds national pour l'emploi pérenne dans le spectacle (FONPEPS) devrait contribuer à soutenir l’emploi au sein de cette FAP. En effet, destiné aux entreprises du spectacle vivant et enregistré, et aux artistes et techniciens qu’elles emploient, le fonds vise à encourager la création d’emplois durables via différentes aides à l’embauche, primes et dispositifs de soutien à l’emploi dans certains secteurs fragiles (cafés-culture, édition phonographique, etc.). 

     

    Les évolutions en cours peuvent être une source d’opportunités pour les professionnels de cette FAP. Les métiers les plus techniques nécessitent notamment des formations régulières pour intégrer l’évolution des machines (outils numériques de gestion et conception assistées par ordinateur pour un régisseur, maîtrise de l’utilisation des consoles numériques, évolution des consoles analogiques pour un ingénieur du son, etc.). Par ailleurs, si le développement d’internet entraîne une augmentation de la pression concurrentielle (offre de biens culturels, de spectacles plus abondante…), il permet également à certains acteurs d’asseoir leur position dans ce domaine d’activité en développant des partenariats et/ou en ayant recours au mécénat. Enfin, les professionnels des spectacles devraient bénéficier de la montée en puissance des industries culturelles et créatives en région francilienne. Le territoire de la Plaine Commune a notamment été identifié comme « Territoire de la culture et de la création » du Grand Paris dans le cadre d’un contrat de développement territorial signé avec l’État en janvier 2014. 

     

    Certaines de ces évolutions peuvent néanmoins être perçues comme des menaces pour celles et ceux qui ne bénéficieraient pas des formations nécessaires pour les intégrer (cf. polyvalence accrue en lien avec la technicité croissante des outils).  

    De plus, l’intensification des échanges sur internet et la dématérialisation de certains biens culturels nécessitent désormais une prise en compte des enjeux liés à la protection intellectuelle des créations originales par l’ensemble des professionnels (comprendre et maîtriser certaines normes juridiques relatives au droit d’auteur, droit à l’image, etc.).  

    Le développement des nouveaux canaux de diffusion de l’information et de la culture induit, par ailleurs, une temporalité de plus en plus réduite de la production culturelle afin d’alimenter ces canaux en continu. Les professionnels doivent donc faire preuve d’une grande adaptabilité et réactivité.

     

  • Les formations

    Trois jeunes actifs sur dix appartenant à cette FAP sont issus de formations aux techniques de l’image et du son et métiers connexes du spectacle
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Au sein de cette famille professionnelle, les personnes ayant moins de 10 ans d’activité sont un peu moins d’un tiers à avoir suivi une formation initiale spécialisée dans les techniques de l’image et du son et métiers connexes du spectacle. Si cela peut sembler faible, le lien entre emploi et formation a toutefois été qualifié de « moyen » dans une étude réalisée par l’Insee et Défi métiers. En effet, seulement un quart des familles professionnelles ont un lien jugé fort ou très fort entre l’emploi occupé et la formation suivie. Plus à la marge, près d’un jeune actif sur dix appartenant à cette FAP a suivi une formation dans le domaine de la communication. 

    Les principaux diplômes menant aux métiers des professionnels des spectacles sont la Licence pro Techniques et activités de l’image et du son spécialité gestion de la production audiovisuelle multimédia ou événementielle, ainsi que le BTS Métiers de l’audiovisuel option métiers du montage et de la postproduction. 

    En Ile-de-France, l’offre de formation est très riche dans ces domaines et concerne tous les niveaux de diplômes. Le Centre de formation professionnelle aux techniques du spectacle de Bagnolet (Le CFA-SVA) - unique CFA dans ces domaines d’activité - propose neuf formations (cinq en spectacle vivant et quatre en audiovisuel) en partenariat avec des prestataires pédagogiques réputés dans le domaine des spectacles : le Centre de formation professionnelle aux techniques du spectacle (CFPTS) pour ses formations en spectacle vivant et l’Ina pour ses formations en audiovisuel. De nombreuses écoles et instituts sont également présents en région francilienne. Plusieurs universités proposent des Masters à finalité professionnelle comme c’est le cas de l’Université Evry Val d'Essonne (Master professionnel Administration de la musique et du spectacle vivant) ou de l’Université Paris Sorbonne nouvelle III (Master Conception et direction de projets culturels). 

     

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie
    • Guide des métiers du spectacle vivant, L’administration, Observatoire des métiers du spectacle vivant, CPNEF:SV (Commission paritaire nationale emploi formation spectacle vivant) et AFDAS (opérateur de compétences (OPCO) des secteurs de la culture, des industries créatives, des médias, de la communication, des télécommunications), Janvier 2018. 
    • Les techniciens du spectacle vivant, Observatoire des métiers du spectacle vivant, CPNEF:SV (Commission paritaire nationale emploi formation spectacle vivant) et AFDAS (opérateur de compétences (OPCO) des secteurs de la culture, des industries créatives, des médias, de la communication, des télécommunications), novembre 2017. 
    • Les métiers de la culture et des médias, APEC et AFDAS, Les référentiels des métiers, édition 2015. 
    • Remettre les artistes et les créateurs au cœur de la politique culturelle, Conseil national des professions du spectacle. Infographie, 20 juin 2019. 
    • La pluriactivité dans le spectacle vivant, quels effets sur la précarité salariale ?, Alexandra d’Agostino et Michel Théry, Céreq Bref n°343 mars 2016. 
    • Cartographie des emplois directement mobilisés par l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, étude menée par le Centre de Droit et d’Economie du Sport (CDES) et le cabinet Amnyos, mars 2019. 
    • L'écosystème créatif en Île-de-France, Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) Ile-de-France, mai 2015. 
    • Bref, n° 321, mai 2014, BABET Charline, DARES, Portraits statistiques des métiers, 1982-2014, numéro 19, mars 2016  
    • Dans quels métiers s’insèrent les sortants de la voie professionnelle en Ile-de-France ? Sophie Gonnard et Itto Mousset, sous la direction de Béatrice Pardini, Collection Franciliens, Défi Métiers, septembre 2018  
    • En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés, Laure Omont, Insee Ile-de-France ; Sophie Gonnard, Morad Ben Mezian, Défi métiersINSEE Analyses n°49, décembre 2016. 
    • Actualisation du contrat d’études prospectives du spectacle vivant, Alexandra D’Agostino et Michel Théry, CPNEF-SV, Observatoire des métiers du spectacle vivant, Céreq, février 2016.

     

    Source des données
    • Outil dynamique des bassins, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr 
    • Outil dynamique des salaires, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr 
    • INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015   
    • INSEE, données du recensement, RP 2016  
    • DARES, traitement direccte Ile-de-France  
    • DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022  
    • Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.