Médecins

Médecins

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

22 %
282 490
Actifs en emploi
en France
Dont
61 358
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+1 %

Une famille professionnelle qui regroupe les professions médicales les plus qualifiées, avec un très haut niveau de formation.

Une famille professionnelle centrale dans le système de santé français

  • Les activités et leurs évolutions

    La famille professionnelle des médecins comprend 5 professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) : les médecins libéraux spécialistes, les médecins libéraux généralistes, les médecins hospitaliers sans activité libérale, les médecins salariés non hospitaliers, les internes en médecine, odontologie et pharmacie. Elle relève également de trois codes ROME (Répertoire opérationnel des métiers et des emplois) : médecine de prévention, médecine généraliste et spécialisée, conseil en santé publique.

     

    Une profession centrale dans le système sanitaire français
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    La famille professionnelle des médecins est centrale dans le système sanitaire français. Les médecins exercent leurs activités comme généraliste ou spécialiste, médecin de prévention, ou encore de santé publique. Cette distinction tient essentiellement à une différence d’échelle d’exercice, dans l’ordre : individuelle, collective et politico-administrative.  

    Les médecins généralistes ou spécialisés dans une pathologie sont au plus près des patients. Ils examinent, diagnostiquent, ordonnent des examens et prescrivent les traitements pharmaceutiques ou hospitaliers nécessaires au soin des patients. Les médecins suivent leurs patients et gèrent globalement leur santé. Ils exercent leur métier en activité libérale ou en tant que salarié dans une structure hospitalière. 

    Les médecins de prévention s’assurent du suivi médical d’un groupe de personnes en établissement scolaire, en milieu professionnel, etc. organisent et suivent des actions individuelles et collectives de dépistage, de prévention selon la réglementation sociale et les orientations de Santé Publique. Lorsqu’ils exercent en milieu professionnel, ils assurent la surveillance médicale et agissent pour éviter toute altération de la santé physique et psychique des salariés du fait de leur travail. 

    Les médecins conseils en santé publique à l’échelle d’une population, ils conçoivent des programmes de prévention, d'éducation de santé publique et mettent en place des actions de contrôle et d'évaluation du système de santé, selon les impératifs de sécurité sanitaire et la réglementation médicosociale (code de Santé Publique, Code de Sécurité Sociale, etc.). Ils anticipent les problèmes de santé publique et élaborent des politiques publiques d’interventions en assurant un suivi de leur efficacité. L’approche « santé publique » est pluridisciplinaire (promotion de la santé, recherche, santé internationale, système d’information médical, management, etc.). Cette catégorie de professionnels exerce leur métier en établissement public de santé, en administration publique (ARS, Caisse d’assurance maladie, etc.), en instituts de recherche, dans l’industrie pharmaceutique, dans les institutions internationales, les ONG, etc. 

    En Île-de-France, cette famille professionnelle se compose de deux cinquièmes de « médecins hospitaliers sans activité libérale », d’environ un quart de « médecins libéraux généralistes » ; viennent ensuite les médecins spécialistes (environ 17 %), les internes en médecine et odontologie et pharmacie (environ 14 %) et les « médecins salariés non hospitaliers » (environ 8 %).   

    Les médecins peuvent évoluer vers les métiers du management en structure de santé, sociale et pénitentiaire, vers l’enseignement supérieur ou encore dans la biologie médicale. Ils peuvent également avec des formations complémentaires exercer des métiers tels que : management de force de vente, management de produit, et stratégie commerciale, au sein de l’industrie pharmaceutique par exemple.

     

    Activités au coeur de la FAP
    • Recenser les symptômes, les dysfonctionnements, cerner l'environnement de vie du patient et procéder à l'examen clinique 
    • Déterminer les besoins thérapeutiques et réaliser les soins médicaux 
    • Réaliser la prescription médicale, expliquer les modalités de traitement au patient et le conseiller sur l'hygiène de vie 
    • Planifier des bilans de santé 
    • Évaluer les facteurs de nuisance de l'environnement scolaire ou professionnel et proposer des améliorations 
    • Déterminer le besoin d'examen médical complémentaire et orienter la personne vers un médecin traitant ou un spécialiste 
    • Analyser les données socioéconomiques et évaluer l'activité médicale (consommation de soins, taux d'utilisation des équipements) 
    • Concevoir et mettre en place les actions de prévention, d'information sur le système de santé 
    • Évaluer un risque sanitaire et mettre en place des mesures d'urgence  

    Source : Pôle Emploi

     

    Activités complémentaires
    • Coordonner les activités de soins d'un établissement de santé 
    • Réaliser une enquête épidémiologique et/ou alimentaire 
    • Effectuer une téléconsultation  
    • Relever des mesures (atmosphériques, sonores, /...) et effectuer un suivi 
    • Conduire un projet thérapeutique 
    • Organiser une intervention chirurgicale (réservation de bloc opératoire, constitution de l'équipe, présentation et analyse de dossiers médicaux, ...) et la réaliser 
    • Créer des procédures de recueil d'informations médicales 
    • Coordonner une activité d’équipe  
    • Mener des missions d'expertise internationale

     

  • Les secteurs concernés

    Une forte concentration dans un secteur d'activité
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Plus des ¾ des effectifs de cette famille professionnelle sont concentrés dans les activités pour la santé humaine. Les effectifs restants se répartissent dans les secteurs de l’hébergement médico-social et action sociale sans hébergement, l’administration publique, l’enseignement et les activités de services administratifs et de soutien. Cette répartition est comparable à celle de la France entière. En Île-de-France, dans le principal secteur employeur, les effectifs sont en croissance ininterrompue entre 2014 et 2019 au rythme d’environ 1% par an.  

    L’activité libérale est en proportion équivalente à celle en milieu hospitalier, mais elle a tendance à diminuer en France au profit du salariat exclusif ou d’une activité mixte[1].Par ailleurs, les perspectives d’emploi sont favorables dans l’ensemble des secteurs employeurs. Plus spécifiquement dans le secteur des activités pour la santé humaine (surtout dans les hôpitaux publics), les besoins en emplois de médecins toutes spécialités confondues sont importants ; de nombreux postes y sont vacants, à cause des conditions d'exercice parfois difficiles (manque de temps, de matériel, pénurie elle-même de médecins, etc.) avec une activité soutenue dans une région fortement peuplée où certains patients sont en situation de grande précarité[2]. De même, les perspectives d’emplois restent favorables dans les établissements pour personnes âgées (ex. Ephad) ou en situation de handicap, dans l’enseignement médical, ou encore par exemple en milieu carcéral.


    [1] Source : Tableaux de l’économie Française, Collection Insee références, 2019, p 90.  https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676711?sommaire=3696937

    [2] Voire notamment : https://www.lepoint.fr/sante/l-ile-de-france-le-premier-desert-medical-francais-06-07-2019-2323016_40.php

     

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Une profession qui rajeunit et une féminisation qui se poursuit
    61 358
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Depuis quelques années, les emplois de médecins sont à dominante féminine. Cela résulte d’un long mouvement de féminisation amorcé dans les années 90[3]. Elles représentent désormais plus de la moitié des emplois actuels. Par ailleurs, la proportion des femmes est plus importante chez les moins de 30 ans (62%) que chez les plus de 50 ans (44%).
     
    En Île-de-France, cette famille professionnelle est plus âgée en moyenne que l’ensemble des personnes en emploi. En effet, la part des séniors exerçant cette profession représentent la moitié des effectifs totaux contre un tiers dans l’ensemble des familles professionnelles franciliennes. Cela tient essentiellement au fait que les médecins issus des promotions nombreuses des années 1970-1980, période où le numerus clausus était encore relativement élevé avant d’être progressivement réduit jusqu’au milieu des années 1990, sont aujourd’hui à un âge proche de la retraite et gonflent ainsi les effectifs de médecins âgés.
     
    Cependant, la population de médecins en activité a globalement rajeuni sur la période allant de 2012 à 2021, passant en moyenne de 50,7 ans à 49,3 ans[4]. Selon la Dress (direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques), en 2020 la densité médicale en Île de France se maintient à plus de 390 professionnels pour 100 000 habitants ces 5 dernières années[5] ; la densité médicale y est plus importante que dans les autres régions. Mais la situation de la région francilienne est contrastée, voire paradoxale. D’une part, alors qu’elle est la région la mieux dotée en spécialistes (soit pratiquement 30 % de plus que la moyenne nationale), la densité en médecins généralistes y est inférieure à la moyenne nationale (plus de 11 %) et continue de baisser. D’autre part, les professionnels sont inégalement répartis sur le territoire avec une concentration à Paris (plus d’un tiers des professionnels franciliens) et en petite couronne, à l’origine de déserts médicaux en zone périurbaine. Les Hauts-de-Seine (environ 17 %) et le Val-de-Marne sont les deux autres départements franciliens qui accueillent le plus d’actifs. La Seine-et-Marne et le Val d’Oise sont à l’inverse ceux qui en accueillent le moins.


    [3] Source : Marie Anguis, Maxime Bergeat, Jacques Pisarik, Noémie Vergier, Hélène Chaput, « Quelle démographie récente et à venir pour les professions médicales et pharmaceutique ? », Dossier de la Dress n°76, 2021. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-03/DD76_0.pdf

    [4] Ibid

    [5] Source : ASIP-Santé RPPS, traitements Drees - données au 1er janvier 2012 – 2020. Consulté via https://drees.shinyapps.io/demographie-ps/.

     

    Une profession hautement qualifiée et une activité mixte qui continue à se développer

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    Pour exercer en tant que médecin, le diplôme d’Etat de docteur en médecine est obligatoire, ainsi qu’une validation d’une spécialité médicale ou chirurgicale. Le diplôme peut être français ou étranger et ces derniers ont tendance à progresser parmi les actifs. « En France, au 1er janvier 2021, un peu plus de 10 % des médecins de moins de 70 ans en activité exercent avec un diplôme obtenu à l’étranger. En 2012, ils étaient 6,6 % (…) »[6].  La profession exige un très haut niveau de qualification, avec des études longues de 9 ans pour un généraliste, et 11 ans pour un spécialiste. Aussi, la part des actifs ayant fait des études supérieures est très élevée par rapport à l’ensemble des familles professionnelles franciliennes.


    [6] Source : Marie Anguis, Maxime Bergeat, Jacques Pisarik, Noémie Vergier, Hélène Chaput, « Quelle démographie récente et à venir pour les professions médicales et pharmaceutique ? », Dossier de la Dress n°76, 2021. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-03/DD76_0.pdf

     

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    24 % 14 %
    INSEE RP 2018

    Les actifs sont principalement partagés entre deux grandes modalités d’exercice : l’emploi salarié en établissement de soins publics ou privés (42%) et l’exercice en cabinet libéral (39%). D’un côté, les emplois salariés sont principalement en contrat de travail à durée indéterminé (CDI), soit deux fois moins que dans l’ensemble des emplois salariés franciliens. De l’autre, l’exercice en libéral est plus de quatre fois supérieur en proportion, à celui des autres professions dans la région. Par ailleurs, l’accès aux établissements de la fonction publique hospitalière se fait sur concours et sur titre.
     
    Selon une étude de la Dress[7], les professionnels de moins de 50 ans tendent à privilégier un mode d’exercice en groupe, dans des maisons de santé pluriprofessionnelle par exemple. Ainsi, ce mode d’exercice peut être plus attractif pour les jeunes médecins car la mutualisation permet de changer les conditions de travail, d’augmenter leurs revenus, de réduire les frais par rapport à un cabinet individuel, mais aussi certaines tâches administratives.
    Les postes de médecins en santé publique sont accessibles par concours après l’obtention d’un diplôme d’état (médecine, pharmacie ou chirurgien-dentiste). La profession de médecin est réglementée ; tous les praticiens exerçant en France doivent être enregistrés auprès du conseil de l’Ordre.
     
    Cette profession est plus concernée par le travail à temps partiel que les autres professions franciliennes. En effet, certains professionnels exercent une activité partielle entre un ou plusieurs établissements ou cumulent des statuts « mixtes » de salariés en établissement et d’activité libérale. L’activité peut s'exercer en horaires décalés, en week-end, les jours fériés, de nuit et être soumise à des astreintes ou des gardes, en particulier lorsque le métier est exercé en établissement de soin. Les horaires peuvent être moins atypiques pour les spécialistes de la santé publique, qui exercent dans les administrations publiques, les organismes de protection sociale, collectivités territoriales, etc.


    [7] Source : « Exercer en maison de santé pluriprofessionnelle a un effet positif sur les revenus des médecins généralistes », études et résultats n°1193, Dress, 2021.

     

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Une profession peu concernée pas le chômage
    713
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    53%
    49%
    DIRECCTE 2020

    La notion de demande d’emploi est dans l’ensemble peu pertinente pour cette profession, dont les actifs sont recrutés sur concours ou exercent en libéral ; comme en témoigne la faiblesse du nombre de demandeurs d’emploi dans la région. Aussi, avec un taux d’écoulement identique à la moyenne des FAP franciliennes, et une part des demandeurs d’emploi de plus d’un an de 4 points inférieurs à la moyenne, le marché du travail semble très fluide. Parmi les demandeurs d’emploi souhaitant exercer ce métier, les séniors de 50 ans et plus représentent près de la moitié en proportion. A l’instar du mouvement de féminisation de la profession, les femmes représentent trois demandeurs d’emploi sur cinq pour ce métier ; bien plus que parmi les actifs.

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Une majorité d'offre d'emploi de longue durée

    Durée des emplois proposés (en %)

    931
    DIRECCTE 2020

    En 2017, 550 offres d’emploi ont été enregistrées par Pôle emploi. Les offres d’emploi sont le plus souvent de longue durée, bien plus que l’ensemble des FAP franciliennes. Par ailleurs, les offres d’emploi de 1 à 6 mois sont inférieures à la moyenne des offres de la région.
     
    L’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) chiffre à 1700 les projets de recrutement de médecins en 2021 en région francilienne. L’offre d’emploi peut concerner les activités en centre de santé, dans des établissements médico-sociaux (établissements d’accueil pour personnes âgées dépendantes, personnes handicapées), de prévention (centre de protection maternelle et infantile par exemple). Elle peut aussi concerner les entreprises privées telles que les industries pharmaceutiques à des fonctions de recherche, de production, de marketing et pour les affaires réglementaires. Cependant, les deux-tiers ces projets de recrutements sont jugés difficiles à cause notamment des salaires plus bas qu’en libéral et des conditions d’exercice difficiles (hors secteur privé et spécialistes de la santé publique).

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Une trasnformation numérique et des progrès techniques qui se poursuivent
    Enjeux par dimension

    La digitalisation se poursuit dans cette profession, d’abord avec les plateformes de gestion des rendez-vous et de téléconsultation (Doctolib, Maiia, Keldoc, etc.) puis avec la généralisation de l’utilisation d’outils de la e-santé (dossier médical informatisé, logiciel d’aide à la prescription, messagerie sécurisée de santé, dossier médical partagé, etc.) à plus forte raison depuis la crise sanitaire[8]. Plus généralement, cette dernière a accéléré les pratiques de télémédecine. Mais cet essor contribue à changer les gestes professionnels et peut générer une charge de travail supplémentaire (prescription par mail, etc.). De nouveaux mode de diagnostic à l’aide d’algorithmes d’intelligence artificielle se sont développés, notamment dans les hôpitaux, avec par exemple l’analyse des radiographies médicales pour détecter plus rapidement certaines maladies.  A moyen terme, des applications médicales de technologies telles que les robots, objets connectés, etc., pourraient transformer l’ensemble de la famille professionnelle (aide à la décision, stratégie de soin, etc.). D’autres progrès techniques concernant l’imagerie médicale 3D, les « laboratoires sur puce » et la médecine régénérative (réplication d’organes humains), pourraient aussi bouleverser l’approche traditionnelle de la médecine.
     
    Par ailleurs, la crise sanitaire a renforcé la nécessité de disposer de statistiques globales sur la population pour les approches de santé publique. A termes, l’utilisation des technologies ci-dessus pourrait générer d’autres types de données de santé, en complément de celles habituellement utilisées et données de nouvelles perspectives d’analyses aux médecins.

    Des évolutions sociétales et environnementales qui changent les pratiques professionnelles

    Sur le plan démographique, le vieillissement de la population change le profil des patients, avec des pathologies qui pourraient être davantage liées au grand âge. Toutefois, ce changement de profil des patients est à nuancer car même vieillissante, l’île de France resterait la région métropolitaine la plus jeune en 2050[9]. Par ailleurs, « les générations nombreuses du baby-boom arrivent à un âge de forte croissance de la consommation de soins de médecine générale, alors que des générations nombreuses de généralistes (formées avant les restrictions du numérus clausus) partent à la retraite, sans être totalement remplacées »[10]. Ce qui cause des déséquilibres avec des professionnels débordés par la demande. Ainsi, les départs à la retraite conjugués aux besoins dans les déserts médicaux et plus globalement dans le secteur public, maintiennent voire augmentent les débouchées pour cette famille professionnelle.
     
    Le profil des patients évolue également avec, par exemple, certains patients qui n’hésitent pas à changer de médecin pour aller au plus disponible ou pour cause de désert médical. De plus, les patients sont de plus en plus informés grâce au sites Web ou des forums spécialisés ; avec un niveau d’exigence qui augmente et pouvant déboucher sur une remise en cause, parfois violente, des compétences des médecins. L’île de France est la deuxième région la plus touchée en 2020 par des incidents avec des patients ou leur accompagnants (agressions verbales, menaces, etc.)[11]. Aussi se développent des techniques de communication médicale en réponse à ces évolutions.
    Par ailleurs, de nouvelles maladies dues par exemple à l’activité humaine (pesticides, perturbateurs endocriniens, etc.) ou encore de nouveaux virus (ex. Covid-19), émergent. Elles peuvent induire d’autres approches thérapeutiques mais aussi relationnelles avec les patients. Enfin, l’ensemble des facteurs évoqués contribuent à une évolution de la forme de la demande de soin avec des impacts sur les pratiques professionnelles.
     

    Des mesures pour soutenir l'activité des médecins et pour lutter contre les déserts médicaux

    Afin de libérer du temps au médecin, le métier d’assistant médical a été créé dans le cadre du plan « santé 2020 ». Ses missions sont par exemple d’accueillir les patients, recueillir certaines données, vérifier leur état vaccinal, de dépistages, etc.
     
    Les maisons de santé pluriprofessionnelles sont en plein développement. Financées par des associations, des collectivités territoriales ou des mutuelles, elles rassemblent des professionnels médicaux et paramédicaux pour proposer aux patients une prise en charge coordonnée à des tarifs accessibles. Certaines collectivités locales proposent également des bourses d’incitation et des aides à l’installation aux étudiants et aux jeunes diplômés[12].

     

     

    Vers un changement de paradigme

    Ces facteurs d’évolution hétérogènes, aussi bien technologiques, sociétaux et environnementaux, ont contribué à un changement de paradigme dans la médecine. Il s’agit de la médecine dite des « 6P »[13] : personnalisée, préventive, prédictive, participative, pertinente, pluriprofessionnelle. Parmi ces éléments, la « personnalisation, prévention et prédiction », soutenues par les progrès techniques, sont ceux qui auraient plus d’impacts sur la pratique du métier ; faisant passer progressivement la pratique du métier d’une logique plutôt curative à une logique plutôt anticipative.  Ainsi, la dimension relationnelle de cette famille professionnelle prendra davantage d’ampleur mettant l’accent sur la polyvalence, la capacité à transmettre des informations et à y accéder dans des systèmes numériques.
     


    [8] Source : « E-santé : les principaux outils numériques sont utilisés par 80 % des médecins généralistes de moins de 50 ans », Dress, études et résultat n°1139, 2020.

    [9] Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2866751

    [10] Source : Marie Anguis, Maxime Bergeat, Jacques Pisarik, Noémie Vergier, Hélène Chaput, « Quelle démographie récente et à venir pour les professions médicales et pharmaceutique ? », Dossier de la Dress n°76, 2021. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-03/DD76_0.pdf

    [11] Source : Observatoire national de la sécurité des médecins, Conseil national de l’ordre des Médecins, 2020. https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/external-package/analyse_etude/17i6xps/cnom_obervatoire_de_la_securite_2020.pdf

    [12] Source : https://www.onisep.fr/Decouvrir-les-metiers/Des-metiers-par-secteur/Medical/Les-metiers-et-l-emploi-dans-le-medical

    [13] Source : https://www.larevuedupraticien.fr/article/une-certification-periodique-des-medecins-pour-un-developpement-professionnel-personnalise

     

  • Les formations

    De nouvelles modalités d'études et de formation
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Depuis 2020, il est possible de choisir entre plusieurs parcours, intégrés dans les mentions de licence : une licence avec une option « accès santé » (L.AS) ou un parcours spécifique « accès santé », avec une option d'une autre discipline (PASS). Dans la première, la santé (maïeutique, médecine, pharmacie, biologie, odontologie, kinésithérapie) est la discipline majeure avec le choix d’une discipline hors de ce champ en option (gestion, droit, littérature, etc.), alors que dans la seconde c’est une des disciplines du champ de la santé qui est en option.
     
    Le numérus clausus, auparavant fixé nationalement, est supprimé, et les universités en lien avec les Agences Régionale de Santé définissent, le nombre d'étudiants qu'elles admettent dans les différentes filières en fonction des besoins des territoires.
     
    C’est à la fin de la sixième année d’études, que le futur médecin choisi sa spécialité de formation. Le futur médecin prête ensuite le serment d’Hippocrate, qui l’engage à conserver une éthique de travail et à des obligations déontologiques. Par ailleurs depuis 2015, les futurs médecins sont désormais formés dans des centres de simulation utilisant la réalité virtuelle et des mannequins électroniques contrôlés par ordinateur[14].
     
    A compter de 2023, une procédure de certification périodique avec pour objectif le maintien des compétences et l’actualisation des connaissances des médecins sera mise en place. Ce dispositif pourrait être un outil supplémentaire de pilotage à court-termes de la politique de formation de cette famille professionnelle[15].

    Un lien emploi-formation "très fort"

    La quasi-totalité des actifs ont suivi une formation relevant de la santé. Dans ces conditions, le lien emploi-formation pour cette famille professionnelle peut être qualifié de très fort[16]


    [14] https://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/simulation-en-sante-la-course-aux-financements.html
    [15] https://www.centre-inffo.fr/site-droit-formation/actualites-droit/creation-de-la-certification-periodique-de-certains-professionnels-de-sante
    [16] GONNARD Sophie, OMONT Laure et BEN MEZIAN Morad, « En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés », Insee Analyses Ile-de-France n°49, 2016, 4p
     

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie

    « Exercer en maison de santé pluriprofessionnelle a un effet positif sur les revenus des médecins généralistes », études et résultats n°1193, Dress, 2021.

    « E-santé : les principaux outils numériques sont utilisés par 80 % des médecins généralistes de moins de 50 ans », études et résultat n°1139, Dress, 2020.
     
    GONNARD Sophie, OMONT Laure et BEN MEZIAN Morad, « En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés », Insee Analyses Ile-de-France n°49, 2016, 4p.
     
    Marie Anguis, Maxime Bergeat, Jacques Pisarik, Noémie Vergier, Hélène Chaput, « Quelle démographie récente et à venir pour les professions médicales et pharmaceutique ? », Dossier de la Dress n°76, 2021. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-03/DD76_0.pdf
     

    Observatoire national de la sécurité des médecins, Conseil national de l’ordre des Médecins, 2020. https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/external-package/analyse_etude/17i6xps/cnom_obervatoire_de_la_securite_2020.pdf
     
    Thomas Poncelet, Lauren Trigano, Insee Île-de-France, « Même vieillissante, l'Île-de-France resterait la région la plus jeune de France métropilitaine en 2050 », Insee analyse Île-de-France n°62, 2017.
     
    https://www.lepoint.fr/sante/l-ile-de-france-le-premier-desert-medical-francais-06-07-2019-2323016_40.php
    https://www.larevuedupraticien.fr/article/une-certification-periodique-des-medecins-pour-un-developpement-professionnel-personnalise
    https://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/simulation-en-sante-la-course-aux-financements.html
    https://www.onisep.fr/Decouvrir-les-metiers/Des-metiers-par-secteur/Medical/Les-metiers-et-l-emploi-dans-lemedical

    Source des données

    ASIP-Santé RPPS, traitements Drees - données au 1er janvier 2012 – 2020. Consulté via https://drees.shinyapps.io/demographie-ps/.
    INSEE, données du recensement, RP 2016
    DARES, traitement direccte Ile-de-France
    DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022
    Tableaux de l’économie Française, Collection Insee références, 2019, p 90.  https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676711?sommaire=3696937