Educateurs spécialisés

Educateurs spécialisés

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

17 %
236 395
Actifs en emploi
en France
Dont
39 381
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+7 %

Cette famille professionnelle se caractérise par une importante augmentation de ces effectifs en emploi (+7%) quand, sur la même période, l’évolution des actifs en emploi en Ile-de-France toutes familles confondues est quasi nulle.

« Des besoins structurels accentués par la crise sanitaire et sociale »

  • Les activités et leurs évolutions

    Des travailleurs sociaux qui concourent à l’autonomie, l’insertion et le développement des individus
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    La famille professionnelle des Educateurs spécialisés se compose d’un peu plus de la moitié d’éducateurs spécialisés proprement dit, mais également pour un cinquième de cadres de l’intervention socio-éducative, de 15% d’éducateurs de jeunes enfants (EJE), de moniteurs éducateur (7%) et d’éducateurs techniques spécialisés (ETS) et moniteurs d’atelier (4%).

     

    Cette famille est légèrement moins présente en Ile-de-France que dans le reste de la France en proportion des actifs en emploi. Cependant le poids de l’Ile-de-France varie d’une profession à l’autre au sein de la famille professionnelle. L’Ile-de-France représente ainsi la région employeuse d’un quart des EJE de France, d’un cinquième des cadres de l’insertion socio-éducative et d’un éducateur spécialisé sur six (16%). En revanche, l’Ile-de-France n’est la région employeuse que d’un moniteur éducateur sur dix, et d’un ETS et moniteurs d’atelier pour 100.

     

    Ces professionnels du travail social accompagnent dans la vie quotidienne, aident à l’insertion, ou participent à l’autonomisation de publics variés. Ils peuvent intervenir auprès de personnes handicapées, de jeunes enfants et d’adolescents, d’adultes en difficulté ou auprès de très jeunes enfants ou de familles. Leurs formations sont encadrées par le code de l’action sociale et des familles.

     

    Les éducateurs spécialisés sont destinés à « accompagner, dans une démarche éducative et sociale globale, des personnes, des groupes ou des familles en difficulté dans le développement de leurs capacités de socialisation, d'autonomie, d'intégration ou d'insertion[1] ». (article D.451-41 du code de l’action sociale et des familles).

     

    C’est par l’encadrement d’activités techniques ou de production que l’ETS assure un accompagnement éducatif et social. Il « intervient, dans le cadre de missions institutionnelles, en matière d'intégration sociale et d'insertion professionnelle auprès des personnes présentant un handicap ou des difficultés d'ordre social ou économique »[2]. (Code de l’action sociale et des familles : article D.451-52)

     

    Les activités de l’EJE sont circonscrites aux très jeunes enfants. Il « contribue au bien-être, à l’épanouissement et à l’autonomie de l’enfant de la naissance à 7 ans, au sein du groupe et dans son environnement[3] ». (Code de l’action sociale et des familles : articles D.451-47)

     

    Le moniteur éducateur exerce « une fonction éducative, d'animation et d'organisation de la vie quotidienne de personnes en difficulté ou en situation de handicap. » (Code de l’action sociale et des familles : Art. D. 451-73)

    Educateurs spécialisés, ETS et EJE peuvent être amenés à coordonner des équipes ou diriger des structures du médico-social (Crèche, Etablissement et service d'aide par le travail (Esat), Aide Sociale à l’Enfance (ASE), établissements pour personnes handicapées, etc.).

     

    Une démarche éducative et sociale globale

    Ces professionnels établissent des actions, mettent en œuvre ou coordonnent un accompagnement éducatif et social global. Suivant le contexte, les publics et leurs spécialités, ces professionnels peuvent :

     

    • Concevoir et mener un projet éducatif / socio-éducatif
    • Favoriser la socialisation de l’individu  
    • Coordonner les actions des équipes ou de services extérieurs
    • Diriger des équipes, un service ou une structure du social ou médico-social
    • Mener des actions de médiation
    • Favoriser l’insertion ou la réinsertion sociale et/ou professionnelle
    • Favoriser l’autonomie de l’individu
    Des évolutions et des glissements de tâche

    Ces professionnels du travail social sont confrontés à des évolutions de leurs activités, dues aux dynamiques démographiques, technologiques, législatives et socio-économiques en cours qui impliquent une adaptation de leurs pratiques et un développement ou un renforcement de certaines connaissances ou savoir-faire. Ils peuvent ainsi être amenés à :

     

    • Intervenir en libéral sur des cas complexes ou en milieu ordinaire (case manager, job training, assistant au parcours de vie) [1]
    • Développer des connaissances spécifiques pour des publics vieillissants
    • Répondre à une demande d’accompagnement plus inclusif et plus flexible (« une réponse accompagnée pour tous ») impliquant des interventions en milieu ordinaire et/ou une coordination importante avec d’autres services et professionnels
    • Répondre à des appels à projet
    • Accompagner des personnes en difficultés face à la recrudescence de l’usage du numérique dans la société


    [1] LE FLOCH Mathieu et PARDINI Béatrice, Accompagnement des personnes handicapées en Ile-de-France : impact des mutations sur les besoins en professionnels, Rapport d’étude, Défi métiers, mai 2018, 100p.

     

  • Les secteurs concernés

    Les deux tiers des éducateurs spécialisés travaillent dans l’hébergement médico-social et social et action sociale sans hébergement
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Les deux tiers des professionnels de la FAP des éducateurs spécialisés travaillent dans l’hébergement médico-social et social et action sociale sans hébergement. Dans ce domaine d’activité, ils travaillent plus particulièrement dans l’hébergement social pour enfants en difficulté, dans l’accueil de jeunes enfants, l’action sociale sans hébergement, etc. Ils sont néanmoins moins concentrés dans ce grand domaine d’activité que dans le reste de la France. On les retrouve aussi dans l’administration publique, l’enseignement, les activités humaines pour la santé humaine, etc.

    Des dynamiques favorables à l’emploi dans les principaux secteurs employeurs

    Le développement démographique et le développement de politiques publiques en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie et des personnes handicapées pourraient accentuer les besoins en professionnels du travail social dans les structures qui accompagnent ces publics.

    Les problématiques sociales, déjà présentes massivement dans le pays (taux de chômage élevé, en particulier des jeunes, ségrégation spatiale, concentration des richesses…) devraient encore augmenter avec les conséquences de la gestion de la crise sanitaire (chute de l’intérim, conséquences sur les travailleurs au noir, les indépendants, etc.).

    Entre le premier et le deuxième trimestre 2020, l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) a augmenté de 21,8% en Ile-de-France[1]. Cette situation économique difficile, ainsi que les conséquences psychologiques et sociales des effets combinés de la dégradation de la situation économique et de la crise sanitaire pourraient entrainer une hausse des besoins (détresse psychologique, problèmes sociaux, décompensation, solitude, violences sociales et familiales, etc.).

    L’augmentation de la digitalisation de nombreux services et administration accentue les besoins d’accompagnement des personnes handicapés intellectuelles, mais également des personnes déficientes visuels, des personnes souffrant d’illettrisme ou ne bénéficiant pas d’équipement adapté. En effet la numérisation à fait perdre en autonomie de nombreuses personnes (dans leur relation avec les services administratifs, les commerces, les établissements de santé, etc.). La numérisation massive de la société pourrait accroitre la demande d’accompagnement de structures d’accompagnement social.

     

     



    [1] Direccte Ile-de-France, « Evolutions récentes du marché du travail et de l’emploi en Ile-de-France », Dossier trimestriel de conjoncture, Service études, statistiques, évaluations de la Direccte Ile-de-France, 2e trimestre 2020, 21p. http://idf.direccte.gouv.fr/sites/idf.direccte.gouv.fr/IMG/pdf/synthese_trimestrielle_2020t2.pdf

     

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Une population majoritairement féminine
    39 381
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Les professionnels de la FAP sont aux trois quarts des femmes. La proportion de femmes est par ailleurs plus importante en Ile-de-France que dans le reste de la France. Sans doute à cause de l’importance des EJE en Ile-de-France par rapport aux restes de l’hexagone, qui sont très majoritairement des femmes et a contrario, à la faiblesse de la proportion des ETS, où l’on trouve une majorité d’hommes.

    Un niveau de diplôme élevé

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    On note un niveau de diplôme important pour l’ensemble de la FAP, comparativement à l’ensemble des FAP. Ces professionnels sont généralement titulaires d’un diplôme d’Etat de niveau 4 (niveau bac) pour les moniteurs éducateurs, de niveau 5 (bac +2) ou 6 (bac+3) désormais pour les éducateurs spécialisé et éducateurs techniques, et jusqu’à 6 ou 7 pour les cadres de l’insertion sociale, qui peuvent être titulaires d’un Certificat d'Aptitude aux Fonctions de Directeur d'Etablissement ou de service d'intervention Sociale (Cafdes) ou Certificat d'aptitude aux fonctions d'encadrement et de responsable d'unité d'intervention sociale (Caferuis).

    Ces chiffres sont assez stables selon les âges (autour de 80% de la FAP ont un diplôme d’études supérieures). Au sein de cette famille professionnelle, des différences s’observent entre les éducateurs spécialisés d’Ile-de-France de plus de 50 ans et ceux du reste de la France, moins diplômés. Sans doute a-t-on là la marque d’une « professionnalisation » plus tardive de la FAP dans le reste de la France, ou de l’emploi de plus de moniteur d’atelier (possibilité d’exercer avec un niveau infra bac) et de moniteur éducateur (niveau bac) ou encore de l’usage de plus de « faisant fonction ». Ces différences restent cependant minimes.

    Les Educateurs spécialisés d’Ile-de-France sont plus nombreux qu’en moyenne régionale à exercer dans leur département de résidence (plus de 60% contre 55%). Ils sont beaucoup moins nombreux en proportion à résider à Paris intra muros que la moyenne de l’ensemble des FAP (14% contre près de 20%) et résident plus en Seine-et-Marne ou en Essonne.

    On peut supposer que cette répartition géographique répond à deux impératifs : une implantation importante des établissements employeurs dans les départements de la grande couronne d’une part[1], et d’autre part des coûts du logement plus élevés à Paris et dans sa proche banlieue.



    [1] Notamment en ce qui concerne les établissements d’accompagnements des personnes en situation de handicap : LE FLOCH Mathieu et PARDINI Béatrice, Accompagnement des personnes handicapées en Ile-de-France : impact des mutations sur les besoins en professionnels, Rapport d’étude, Défi métiers, mai 2018, pp. 29-30

     

    Des emplois majoritairement en contrat à durée indéterminé à temps plein

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    12 % 14 %
    INSEE RP 2018

    La grande majorité de ces professionnels franciliens sont à temps complet (5 points de plus en Ile-de-France que pour l’ensemble de la France). Ils bénéficient de contrats stable (CDI ou Fonctionnaire) à 87% soit 10 points de plus que pour l’ensemble des FAP d’IDF. L’augmentation des interventions et des suivis en milieu ordinaire et/ou en libéral pourrait accentuer les horaires atypiques, l’augmentation des temps de déplacements et des rythmes de travail plus fragmentés. A l’heure actuelle, les statistiques disponibles ne font pas apparaitre d’Educateur spécialisé en non salarié.

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Des périodes de chômage plus courtes que la moyenne francilienne
    4 904
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    55%
    49%
    DIRECCTE 2020

    En proportion des actifs en emploi, le chômage semble toucher plus souvent les hommes que les femmes et plus les jeunes que les plus de 50 ans. Le chômage plus important chez les plus jeunes pourraient résulter de stratégies de construction d’expériences professionnelles, du fait de la diversité des types de structures et des publics disponibles. Ainsi, le cumul de contrats courts, assortis de périodes de chômage, peut permettre aux jeunes professionnels de tester différents environnements de travail, différentes structures, différents secteurs, différents publics (enfants, adolescents, adultes, personnes handicapées, personnes en insertion, privé commercial/associatif/public, etc.) avant de se « fixer » dans un emploi. Ainsi, la part de CDD, un peu plus élevé parmi les actifs en emploi de cette FAP que pour l’ensemble des FAP d’Ile-de-France, pourrait être le résultat de ce processus plus choisit que subit.
     

    La durée moyenne des périodes de chômage est légèrement inférieure à la moyenne de l’ensemble des FAP d’Ile-de-France. De plus, la part des demandeurs d’emploi de plus d’un an est également plus faible que la moyenne régionale. Ces chiffres indiquent une situation plutôt favorable pour les Educateurs spécialisés sur le marché de l’emploi francilien.

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Une situation favorable sur le marché du travail

    Durée des emplois proposés (en %)

    5 923
    DIRECCTE 2020

    Le nombre d’offres d’emploi enregistrées est près de deux fois supérieur au nombre de demandeurs d’emploi enregistrés sur la même période. Par ailleurs, près des trois quarts des offres concernent des offres d’emploi de longue durée (6 mois ou plus). Cependant une part non négligeable des offres d’emploi dans le domaine social ou médicosocial (en particulier pour les chefs de service et directeurs d’établissement ne passent pas par pôle emploi, mais par d’autres canaux, en particulier la presse spécialisé (ASH, Le média social, etc.) ou par le bouche à oreille.

     

    Les travaux de prospective de la DARES font apparaitre un fort besoin de professionnel de l’action sociale et de l’orientation (qui compte également les psychologues spécialistes de l’orientation scolaire et professionnelle, les assistants de service social et les conseillers en économie social et familial). D’après ces travaux, plus de la moitié des postes à pourvoir sur la période 2018-2022 sont dûs au besoin de remplacement des départs à la retraite (20% pour l’ensemble des FAP), mais la création de poste est également importante (plus de 5000).

    Selon l’enquête BMO (réalisée avant la crise sanitaire), les projets de recrutement 2020 sont importants, et confirment le dynamisme des principaux secteurs employeurs. Les projets de recrutement ont plus que doublé en quelques années, passant d’environ 2000 en 2016 à plus de 4000 pour l’année 2020. Cette forte augmentation des demandes est visible sur l’ensemble du territoire national à des niveaux divers suivant les régions.

     

    L’augmentation du nombre de projet de recrutement a très légèrement augmenté le nombre de recrutements difficile attendus, mais ce taux reste dans la moyenne francilienne, et légèrement inférieure à celui observé dans le reste de la France.

     

    L’augmentation des besoins suite à la crise sanitaire (si les budgets des structures suivent les besoins), pourraient accroitre la demande et les risques de recrutement difficile.

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Une hausse des besoins entrainée par une dégradation des conditions socio-économiques de la population
    Enjeux par dimension

    Le vieillissement de la population

     

    L’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement de la population conduit à accroître le nombre d’usagers mais également à une plus grande coordination avec des professionnels du soin ou de la rééducation. Elle implique également l’augmentation de problématiques spécifiques liées à l’avancée en âge des usagers des différents services et secteurs d’activités du social et médico-social auxquelles doivent faire face les Educateurs spécialisés (augmentation des cas complexes, multiplicités des problématiques à prendre en compte, etc.)[1].

     

    Les départs à la retraite impliquent également un nombre de recrutements continu conséquent dans les différents secteurs employeurs.

     

     

     

     

    Virage inclusif

     

    La démarche « une réponse accompagnée pour tous » impose « aux pouvoirs publics, aux associations et aux professionnels de proposer une offre de prise en charge adaptée à toute personne ayant fait l’objet d’une reconnaissance administrative de son handicap[2] ». Cette nouvelle orientation voulu par le législateur, impose une offre d’accompagnement des personnes handicapées plus importante et plus « flexible » pour s’adapter au plus grand nombre.

     

    Le « virage inclusif » (ou « désinstitutionalisation ») implique le développement de services d’accompagnement en milieu ordinaire et des activités libérales qui peuvent également induire des rythmes de travail plus fragmentés et une accentuation de l’effort de coordination. « Ces évolutions ouvrent également la place à un secteur libéral pour les professionnels du social [3] ». Ces nouvelles activités se focalisent sur le suivi de cas complexe (case manager), sur l’accompagnement professionnel en milieu ordinaire et l’adaptation de l’environnement de travail pour des personnes en situation de handicap (job training), ou sur la coordination et le suivi de parcours en milieu ordinaire (assistant au parcours de vie).

     

     

     

     

     

    Le choc social de la crise sanitaire :

     

    Le confinement a pu accroitre l’isolement de certaines personnes et accroitre des difficultés sociales et économiques (violence intra-familiale, perte d’emploi, désinsertion sociale, etc.).

     

    La crise sanitaire pourrait également accentuer la numérisation et la dématérialisation des services administratifs, des commerces ou des services de soins et accroitre la fracture numérique. Une partie de la population, avec des déficiences intellectuelles (difficulté à lire ou à comprendre, capacité d’abstraction insuffisante), mais également avec des problèmes d’illettrisme ou d’illectronisme, de non accès à du matériel adéquat, site ou matériel inadapté à des déficients visuels, est confrontée à la digitalisation de la société, des services publics et de l’ensemble des commerces et services virtualisés. Une perte d’autonomie d’un grand nombre de personne dû à cette digitalisation forcée, implique une charge de travail supplémentaire pour les travailleurs sociaux.

     

     

    Glissement de tâche

     

    L’augmentation des besoins, couplé à des budgets limités des employeurs publics comme privés associatifs pourraient accroitre un mouvement de déqualification et amplifier l’usage de « faisant fonction » déjà à l’œuvre, et dénoncé par l’Organisation nationale des éducateurs spécialisés (Ones)[4]. Des « chargés d’insertion », des « médiateurs » sans diplôme spécifique ou encore des Aides médico-psychologique (AMP) peuvent ainsi réaliser des tâches de moniteur éducateur, des moniteurs éducateurs celle des éducateurs spécialisés. On voit apparaitre une tendance à attribuer aux éducateurs spécialisés uniquement des activités managériales, sans contact avec les usagers.

     

    De plus, la réforme des formations du travail social pourrait avoir pour conséquence des réorganisations au sein des établissements et parfois des transferts de tâches entre professionnels (du fait du passage en catégorie A des éducateurs spécialisés, EJE et ETS dans les établissements publics).



    [1] CHUVIN Guillaume, LE FLOCH Mathieu, PARDINI Béatrice, Impact du vieillissement de la population et du développement des gérontechnologies sur les professionnels du sanitaire et social en Ile-de-France, Rapport d’étude, Défi métiers, Juin 2019, 150p

    [2] LE FLOCH Mathieu et PARDINI Béatrice, Accompagnement des personnes handicapées en Ile-de-France: impact des mutations sur les besoins en professionnels, Rapport d’étude, Défi métiers, mai 2018, p.6

    [3] LE FLOCH Mathieu et PARDINI Béatrice, Accompagnement des personnes handicapées en Ile-de-France: impact des mutations sur les besoins en professionnels, Rapport d’étude, Défi métiers, mai 2018, 100p.

    [4] Voir notamment : RULLAC Stéphane, « Les « faisant fonction » d'Emmaüs dans des centres d'hébergement : enjeux de professionnalisation », in Vie sociale, ERES, 2012/4 N° 4, pages 175 à 188

     

  • Les formations

    Un lien relativement fort entre la formation et les métiers
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Les financements des structures employeuses sont souvent liés à des cahiers des charges stricts concernant les titres et diplômes des professionnels qui y exercent (c’est le cas des structures spécialisées dans le handicap, les crèches, etc.)

     

    Des structures peuvent également recruter sans diplôme d’Etat, dans la mesure où elles s’engagent par la suite à ce que le professionnel soit formé. Dans d’autre cas, à la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) par exemple, on peut exercer comme éducateur sur concours, sans diplôme d’éducateur spécialisé.

     

    Le lien emploi-formation est donc qualifié de moyen[1]. On observe tout de même que la majorité des professionnels ont un diplôme du « travail social ».

     

    Le recrutement des moniteurs d’atelier et ETS est plus complexe. Travailleurs sociaux, ils sont recrutés sur des diplômes techniques (CAP minimum) sur des spécialités relatives à l’activité des structures employeuses (Esat), pour accompagner à l’activité. Ceux-ci sont par la suite amenés à se former comme ETS. Les formations de type électricité, électronique, etc. que l’on voit dans le graphique peuvent être associées aux moniteurs d’atelier.

     

    Par ailleurs, si les ETS, EJE, Educateurs spécialisés peuvent coordonner une équipe ou diriger une structure sans diplôme supplémentaire, certaines structures ou certains secteurs exigent un niveau de diplôme supplémentaire. En général, il s’agit des diplômes du CAFDES ou du CAFERUIS, ou encore du Diplôme d'Etat ingénierie sociale (DEIS). Dans certains établissements, face à la complexification des tâches administratives et à la taille grandissante des structures, les postes de direction sont confiés à des titulaires de master de gestion ou de management.



    [1] GONNARD Sophie, OMONT Laure et BEN MEZIAN Morad, « En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés », Insee Analyses Ile-de-France n°49, 2016, 4p.

     

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie
    • CHUVIN Guillaume, LE FLOCH Mathieu, PARDINI Béatrice, Impact du vieillissement de la population et du développement des gérontechnologies sur les professionnels du sanitaire et social en Ile-de-France, Rapport d’étude, Défi métiers, Juin 2019, 150p
    • Direccte Ile-de-France, « Evolutions récentes du marché du travail et de l’emploi en Ile-de-France », Dossier trimestriel de conjoncture, Service études, statistiques, évaluations de la Direccte Ile-de-France, 2e trimestre 2020, 21p. http://idf.direccte.gouv.fr/sites/idf.direccte.gouv.fr/IMG/pdf/synthese_trimestrielle_2020t2.pdf
    • GONNARD Sophie, OMONT Laure et BEN MEZIAN Morad, « En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés », Insee Analyses Ile-de-France n°49, 2016, 4p.
    • LE FLOCH Mathieu et PARDINI Béatrice, Accompagnement des personnes handicapées en Ile-de-France : impact des mutations sur les besoins en professionnels, Rapport d’étude, Défi métiers, mai 2018, 100p.
    • RULLAC Stéphane, « Les « faisant fonction » d'Emmaüs dans des centres d'hébergement : enjeux de professionnalisation », in Vie sociale, ERES, 2012/4 N° 4, pages 175 à 188
    Source des données
    • Outil dynamique des bassins, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    • Outil dynamique des salaires, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    • INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015 
    • INSEE, données du recensement, RP 2016
    • DARES, traitement direccte Ile-de-France
    • DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022
    • Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.