Conducteurs routiers

Conducteurs routiers

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

12 %
342 986
Actifs en emploi
en France
Dont
41 243
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+7 %

Une famille professionnelle moins représentée en IDF qu’ailleurs du fait de distances réduites

« Des besoins en emploi importants »

  • Les activités et leurs évolutions

    Principalement conducteurs routiers et grand routiers, ces professionnels préparent et effectuent le transport de marchandises dans un véhicule lourd. Cette famille comprend également les artisans déménageurs et les transporteurs indépendants.

    La conduite de poids-lourds comme cœur de métier
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    Cette famille professionnelle se compose d’un seul métier du référentiel de Pôle emploi (ROME) : celui de « Conduite de transport de marchandise sur longue distance ».  Ces professionnels conduisent « des véhicules routiers lourds (poids total autorisé en charge -PTAC- supérieur à 3,5 tonnes) afin de transporter des marchandises (produits, véhicules, ...), en moyenne ou longue distance selon la réglementation du travail et du transport routier et les impératifs de satisfaction de la clientèle (délais, conformité, ...). Ils réalisent des opérations liées au transport (arrimage des charges, émargement de documents, contrôle des marchandises, ...), et peuvent effectuer des opérations de chargement/déchargement et l'entretien de suivi du véhicule ».

    Les conducteurs routiers peuvent évoluer vers des métiers d’intervention technique d’exploitation des transports ou de direction d’exploitation. Ils peuvent également, avec des formations complémentaires, exercer d’autres métiers relativement proches : conduite de transports en commun sur route, d’engins agricoles et forestiers, d’engins de terrassement et de carrière ou encore de véhicules sanitaires.

    Assurer la livraison de marchandises …
    • Contrôler l'état de fonctionnement du véhicule
    • Réaliser les opérations d'attelage
    • Définir un itinéraire en fonction des consignes de livraison
    • Organiser ou contrôler le chargement des marchandises dans le véhicule
    • Vérifier la présence et la conformité des documents de bord et de transport
    • Vérifier la conformité de la livraison
    • Organiser le transfert et la livraison des produits aux clients
    • Réaliser un suivi d'activité
    • Déclencher les mesures d'urgence en cas d'incident

    Sources : Pôle Emploi, Fiches IMT

    … qui nécessitent parfois des connaissances particulières
    • Transport de produits dangereux (camion-citerne, …)
    • Transport de produits de luxe (voitures, …)
    • Transport d’animaux (bétaillère, etc.)
    • Conduite de véhicules spécifiques (véhicule articulé, convoi exceptionnel, frigorifique, avec hayon élévateur, etc.)
  • Les secteurs concernés

    Les 2/3 des conducteurs routiers travaillent dans le secteur du transport et de l’entreposage
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Les deux tiers des conducteurs routiers travaillent pour une entreprise dont l’activité principale est le transport et l’entreposage. Moins de 10% travaillent également dans le commerce et autant dans les activités de soutien aux entreprises. Cette répartition traduit l’importance de l’externalisation des activités de transport par les entreprises. Concrètement, des entreprises du commerce ou de l’industrie préfèreront sous-traiter cette activité à des entreprises de transport, pour des raisons économiques ou stratégiques (mise en concurrence, recentrage sur le cœur d’activité, etc.). Ce phénomène d’externalisation a surtout progressé à la fin des années 80.

    Les perspectives d’embauche à l’horizon 2030 offertes par ces secteurs demeurent importantes pour les professionnels de cette FAP.

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Un métier qui demeure très masculin et assez âgé
    41 243
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    La quasi-totalité des conducteurs routiers sont des hommes. Bien que les métiers de transport soient depuis longtemps considérés comme des métiers d’hommes, les représentations évoluent. Des initiatives ont eu lieu ces dernières années pour inciter les femmes à accéder aux emplois de transport. En 2014, l’OPCA Transports, Pôle emploi et huit fédérations professionnelles représentant la branche transport urbain, voyageurs, marchandises et maritime ont signé un plan sectoriel pour une durée de trois ans qui vise à « promouvoir la place des femmes dans les entreprises et la mixité des métiers dans les transports ». Les partenaires se sont ainsi engagés à : intervenir dans des établissements scolaires et universitaires pour agir dès l’orientation des jeunes filles ; à accompagner et outiller les entreprises pour l’intégration des femmes dans leurs effectifs ; à veiller au respect de l’égalité en matière de politique salariale et de promotion. L’OPCA Transports et Services a également créé la formation « T-Profession’Elles », dont le principal objectif est d’encourager une politique de l’emploi au féminin et la professionnalisation des femmes salariées afin de leur ouvrir des perspectives de carrière.

    Toutefois, pour cette famille professionnelle, malgré ces campagnes, la part de femmes reste encore très faible chez les moins de 30 ans (moins de 5%).

    Les conducteurs routiers comptent un tiers de personnes âgées de plus de 50 ans, ce qui est supérieur à l’ensemble des FAP franciliennes, qui en compte un peu plus d’un quart. A l’inverse, la part de jeunes est bien plus faible : environ un conducteur sur 10 a moins de 30 ans contre 2 sur 10 pour l’ensemble des FAP.

    Il s’agit donc d’une profession qui connaît un phénomène de vieillissement. Notons en plus que certains conducteurs routiers partent avant le moment de la liquidation de la retraite. En effet, d’après les travaux de France Stratégie et la Dares, les conducteurs routiers partent à près de 70% avant 60 ans, contre environ 50% dans l’ensemble des métiers, car une grande partie bénéficie de dispositifs de départ anticipé (congé de fin d’activité).

    On observe par ailleurs que la part des conducteurs routiers vivant à Paris est particulièrement faible par rapport à la moyenne des actifs franciliens (7% contre 20%). Les loyers parisiens rendent les logements peu accessibles à cette famille professionnelle. Ils se retrouvent plutôt en Seine-et-Marne et Seine-Saint-Denis (près de deux conducteurs sur 10 dans chacun de ces départements).

    Source : « Les professionnels franciliens de transport et de logistique - Des emplois dynamiques et accessibles aux peu qualifiés, mais des conditions de travail difficiles », Défi métiers, juin 2018.

    Une famille professionnelle peu diplômée mais en voie de professionnalisation

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    La part des conducteurs routiers peu ou pas diplômés est bien supérieure à celle de l’ensemble des actifs franciliens (71% contre 31%).

    On note toutefois, chez les moins de 30 ans, une diminution des conducteurs routiers qui ne possèdent aucun diplôme puisque c’est le cas d’un quart des actifs de moins de 30 ans contre un tiers pour l’ensemble des conducteurs routiers. Cette montée en qualification s’inscrit dans un phénomène global qui touche la quasi-totalité des familles professionnelles. Les exigences des employeurs en matière de niveau de qualification sont en effet à la hausse dans tous les secteurs d’activité.

    Un actif sur cinq est non salarié

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    8 % 14 %
    INSEE RP 2018

    Les conducteurs routiers sont près des trois quarts à être employés en CDI (soit légèrement moins que l’ensemble des FAP franciliennes). Près de 2 conducteurs routiers sur dix est non salarié, ce qui est deux fois plus que l’ensemble des FAP en Ile-de-France. Cette part s’explique par le phénomène des conducteurs routiers indépendants qui est de plus en plus élevé dans la profession. En effet, on dénombre près de 7 000 « transporteurs indépendants routiers et fluviaux, de 0 à 9 salariés » : cette catégorie regroupe les artisans qui ont créé leur propre entreprise et qui travaillent seuls, mais également ceux qui ont embauché quelques chauffeurs.

    Le temps partiel est peu courant pour ces professionnels puisqu’ils sont, en proportion, près de deux fois moins à l’être que la moyenne francilienne. Les conditions d’exercice de ces métiers contribuent à prioriser l’emploi à temps plein (longues distances parcourues sur les routes, horaires décalés, travail de nuit, délais de livraison…).

    Source : « Les professionnels franciliens de transport et de logistique - Des emplois dynamiques et accessibles aux peu qualifiés, mais des conditions de travail difficiles », Défi métiers, juin 2018.

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Des demandeurs d’emploi plus diplômés que les actifs en emploi
    9 420
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    44%
    49%
    DIRECCTE 2020

    La part des moins de 30 ans parmi les demandeurs d’emploi conducteurs routiers est assez proche de celle de ces professionnels en activité. En revanche, la part des plus de 50 ans est légèrement moins élevée (-5 points).

    Les demandeurs d’emploi sont plus diplômés que les professionnels en emploi : 1 sur 2 contre 1 sur 3.  La surreprésentation des diplômés (quel que soit l’âge) parmi les demandeurs d’emploi interroge quant à la valorisation des diplômes du supérieur pour ces professionnels.

    Par ailleurs, ces demandeurs d’emploi sont légèrement moins souvent inscrits depuis plus d’un an (38% de la FAP contre 41% pour l’ensemble des demandeurs d’emploi). La durée de chômage est en revanche assez proche que celle tous métiers confondus. 

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Des offres d’emploi relativement nombreuses mais une part élevée d’offres de courte durée

    Durée des emplois proposés (en %)

    3 268
    DIRECCTE 2020

    En 2018, les offres d’emploi destinées à ces professionnels étaient plus nombreuses que les demandeurs d’emploi de la FAP en Ile-de-France.

    D’après les chiffres de l’enquête « Besoins en main d’œuvre » de Pôle emploi, le nombre de projets de recrutement annuel n’a cessé d’augmenter entre 2013 et 2019, passant de 1500 à 5 600. En 2019, près de trois quarts de ces projets sont estimés difficiles, ce qui peut s’expliquer par le faible nombre de demandeurs d’emploi par rapport aux offres. Ces difficultés de recrutement, d’après l’Observatoire Prospectif des métiers et des qualifications dans les Transports et la Logistique, sont liées à la fois au vieillissement des effectifs mais aussi au recul relatif de l’attractivité du secteur pour les jeunes.

    La moitié des offres d’emploi de conducteurs routiers sont supérieures à 6 mois, contre environ les deux tiers toutes FAP confondues. La part des offres d’emploi de 1 à 6 mois est quant à elle relativement élevée pour cette FAP puisqu’elle en concerne 4 sur 10.

    Sources : Observatoire Prospectif des métiers et des qualifications dans les Transports et la Logistique et Enquête BMO de Pôle emploi.

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Une profession fortement impactée par les évolutions technologiques, environnementales et économiques
    Enjeux par dimension

    Le transport routier de marchandises, entre enjeux économiques et environnementaux

    Comme l’écrit le Ministère de la transition écologique et solidaire, le transport routier de marchandises est un secteur stratégique de l’économie nationale et est « d’une extrême sensibilité aux évolutions de la conjoncture économique dont il reflète les aléas ». Un ralentissement ou une augmentation de la consommation a ainsi des effets directs sur le transport routier de marchandises. Ce dernier est également au cœur des préoccupations environnementales. La prise en compte des aspects environnementaux fait évoluer les pratiques (écoconduite ou encore utilisation de véhicules utilisant des carburants alternatifs). Malgré cela le transport de marchandises, surtout par camions, demeure une activité très polluante qui pourrait ralentir en lien avec deux phénomènes : une diminution de la consommation ou le choix d’une consommation davantage locale et une préférence pour des moyens de transports alternatifs moins polluants.

    Le développement du transport fluvial et ferroviaire pour les livraisons urbaines

    Le développement du transport multimodal est souvent présenté comme une solution adaptée pour répondre à la problématique du dernier kilomètre, réduire les nuisances (pollution, sonores…) et décongestionner les routes franciliennes. Pourtant, en France, malgré la présence de tous les modes de transports, 89% des transports de marchandises se font par route, contre 6,5% par voie fluviale et 4,5% par la voie ferrée (hors transports aérien). Le transport fluvial est aujourd’hui relativement peu utilisé. Mais des projets de développement existent, comme celui de construction du canal Seine-Nord Europe qui, s’il se réalise un jour, permettra le développement du transport fluvial et représentera une alternative au transport routier. Des emplois devraient ainsi être créés dans le transport fluvial, comme conducteurs de péniches ou bateliers. Mais, si le projet était lancé aujourd’hui, ses effets sur l’emploi n’auraient sans doute pas lieu avant 5 ans. Quant au fret ferroviaire, il est également relativement peu utilisé en Ile-de-France. Cependant, le transport ferroviaire est lui aussi très coûteux et son organisation actuelle, dédiée aux voyageurs, laisse peu de place au transport de marchandises.

    Du développement des technologies de l’information et de la communication au camion autonome

    Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a par ailleurs fortement impacté le transport dans la gestion des flux de marchandises et des flux d’informations. L’informatique embarquée dans les véhicules a été introduite dans les années 90 et s’est largement diffusée depuis. Elle consiste à s’appuyer sur un outil informatique central et un ordinateur à bord du camion, afin de fournir à une cellule centrale d’exploitation une multitude de données sur l’activité du conducteur et du camion. Elle permet, entre autres fonctionnalités, la géolocalisation qui vise à obtenir des gains de productivité et à apporter des services supplémentaires de suivi aux clients. L’informatique embarquée permet également de générer des alertes, d’affecter des missions aux conducteurs, ou encore de suivre l’avancement des livraisons et d’informer les clients. Aujourd’hui, dans le prolongement de l’ordinateur de bord, se développent également des outils de mobilité, type smartphone et tablette. Ils permettent au chauffeur de saisir des informations ou de faire signer le bordereau de livraison électronique par le destinataire directement sur son outil mobile, celui-ci étant ensuite synchronisé avec son terminal fixe. Les conducteurs sont également directement impactés par ces évolutions puisqu’il devient nécessaire qu’ils utilisent et maîtrisent les outils numériques et de mobilité.

    Le développement du numérique et de l’intelligence artificielle ouvre aujourd’hui la voie vers les camions autonomes. Plusieurs sociétés se sont ainsi positionnées sur le marché des camions sans pilote : Daimler, Volvo, Uber, Google, ou encore Tesla. La formule semble en effet séduire : les camions autonomes, selon leurs défenseurs, devraient permettre de réduire les coûts, les émissions de CO2 et d'améliorer la sécurité routière. En France, il n’est pas encore question de camions autonomes. Si le déploiement des camions autonomes a effectivement lieu sur les routes françaises, la conduite ne sera plus assurée par les chauffeurs même si leur présence à bord sera toujours indispensable pour reprendre le contrôle en cas de besoin. L’automatisation des transports est déjà très avancée dans le ferroviaire ou l’aérien et leurs exemples laissent penser qu’un conducteur sera en effet toujours présent dans la cabine des camions. Mais on peut imaginer que ces catégories de personnels pourraient être amenées à remplir d’autres tâches complémentaires, comme de la manutention – il faudra toujours charger et décharger les marchandises – ou encore, des tâches administratives à l’intérieur du camion, pendant que celui-ci roulera (tâches sur le suivi de commande par exemple). Les interrogations et incertitudes sont à ce stade très fortes sur la faisabilité et l’acceptation sociale de ces camions autonomes et, s’ils deviennent réalité, sur la façon dont la profession pourrait se réorganiser.

    Le développement de la sous-traitance et le recours aux indépendants

    Plusieurs grandes entreprises de commerce ou autres secteurs ont adapté, pendant et après la crise de 2008, des stratégiques d’externalisation de leur activité de transport. Cela a entraîné la multiplication d’entreprises entièrement dédiées au transport de marchandises pour le compte d’autrui. Ce modèle économique d’externalisation de l’activité de transport permet davantage de « souplesse », du point de vue de ceux qui y font appel, en cas de fluctuations d’activités. Il semble donc exister une myriade de sous-traitants, en général des petites entreprises et des artisans indépendants. Comme il s’agit d’une profession en partie réglementée (du moins pour le transport motorisé de marchandises), avec des exigences pour l'accès à la profession, ces artisans doivent avoir une capacité professionnelle et financière, ainsi qu’un siège social. C’est un statut bien distinct de celui d’auto-entrepreneur. Mais ces conducteurs indépendants sont comme eux tributaires des marchés et de l’activité économique. En cas de baisse de celle-ci, ils sont plus fragiles et moins protégés que sous statut salarié (indemnités de licenciement, assurance chômage, etc.).

    A ce phénomène de morcellement s’ajoute la concurrence des conducteurs d’Europe de l’Est (Pologne, Roumanie, Bulgarie, Lituanie, etc.), qui proposent des tarifs de transport inférieurs à ceux des Français en appliquant les conditions sociales de leur pays d’origine. Afin de lutter contre ces effets de dumping social, des réformes ont été faites, comme le cabotage international ou la rémunération au salaire minimum français des conducteurs routiers internationaux détachés en France. Mais comme l’explique le Contrat d’Etudes Prospectives des secteurs du transport, « même si des directives et règlements européens ont visé à harmoniser les rythmes de travail (temps de travail, durée maximale de conduite, temps de repos…), la législation française est plus protectrice, d’où des écarts de compétitivité ».

    « Ubérisation » du transport de marchandises

    « L’ubérisation » est un néologisme pouvant se définir comme la mise en relation, quasi instantanée, via une plateforme numérique, entre un consommateur final et des travailleurs indépendants, qui lui fournissent un service. Après le transport de voyageurs, ce phénomène gagne aussi le transport longue distance. La start-up française Everoad a par exemple créé en 2016 une plateforme pour mettre en relation en temps réel les transporteurs routiers et les expéditeurs. D’autres acteurs comme Chronotruck, Fretlink mais également Uber et Amazon se sont positionnés sur cette activité. Il est très difficile de mesurer aujourd’hui ce phénomène des plateformes numériques et des autoentrepreneurs du transport, y compris dans la statistique publique. Mais demain, en l’absence de politique de régulation, ce modèle économique pourrait devenir la norme. Or il a des conséquences importantes sur le contexte professionnel (concurrence, conditions de travail, accès à l’emploi, etc.).

    Les jeux Olympiques

    Les Jeux mobiliseront de l’emploi dans les entreprises de la logistique et des transports, qui interviendront en réponse à une demande touristique et aux besoins de l’organisation des Jeux.  Des conducteurs de véhicules routiers de livraison urbaine / express (chauffeurs-livreurs) et également de véhicules plus importants (au-delà de7,5 tonnes) seront demandés afin d’assurer le transport de marchandises (préparation des Jeux, matériel des sportifs, consommables et produits alimentaires / boissons durant les Jeux) depuis les plateformes logistiques vers les sites des Jeux et également entre les sites. Néanmoins, dans ces métiers, les chauffeurs poids-lourds seraient relativement moins mobilisés que les coursiers/livreurs.

  • Les formations

    La détention d’habilitation ou de permis prime sur le diplôme
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Les conducteurs routiers qui sont dans le métier depuis moins de 10 ans sont issus de spécialités de formation particulièrement variés en Ile-de-France, en comparaison de la France. Ainsi, au niveau national, ils sont près de la moitié à être issus d’une formation en « Transport, manutention, magasinage » tandis qu’en Ile-de-France, les actifs sont issus principalement de 2 spécialités de formation : le « Bâtiment : construction et couverture » et le « Transport, manutention, magasinage ».

    Les emplois de conducteurs routiers sont accessibles sans diplôme ni expérience professionnelle. Un CAP/BEP en conduite routière, service transport routier peut en faciliter l'accès.

    Les permis poids lourds C, C1, CE, C1E (précédemment C ou EC) complétés par la Formation Initiale Minimale Obligatoire -FIMO- sont exigés. Un renouvellement périodique de la FIMO par la Formation Continue Obligatoire -FCO- est exigé.

    Une carte chronotachygraphe est obligatoire pour la conduite de véhicules de transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes.

    Des habilitations spécifiques (certificats de formation ADR) peuvent être requises selon les produits transportés (produits pétroliers, radioactifs, ...) définis par un code ONU.

    Un ou plusieurs Certificat(s) d'Aptitude à la Conduite en Sécurité -CACES- conditionné(s) par une aptitude médicale à renouveler périodiquement peu(ven)t être requis.

    La pratique d'une langue étrangère peut être demandée pour le transport à l'international.

    En outre, d’après la cartographie des emplois directement mobilisés par l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 réalisée par Amnyos, des prérequis entrent en ligne de compte dans le choix de recrutement des employeurs :

    • Savoirs de base (savoir lire, écrire, lire un planning, se repérer dans l’espace...)
    • Capacités relationnelles et savoir-être (point central pour les employeurs)
    • Connaissances sur la préservation de l’environnement (éco-conduite notamment)
    • Connaissances des outils digitaux et numériques.
  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie
    • Défi métiers, « Les professionnels franciliens de transport et de logistique - Des emplois dynamiques et accessibles aux peu qualifiés, mais des conditions de travail difficiles », juin 2018.
    • BROCHIER Damien, MOLINARI-PERRIER Mickaële, LEGAY Agnès, PODEVIN Gérard, HAAS Joachim, et al.. Réalisation d’un Contrat d’Etudes Prospectives des secteurs du transport. [Rapport de recherche] Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle (DGEFP) -OPCA Transports. 2013
    • AMNYOS pour le CDES, « Cartographie des emplois directement mobilisés par l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 », mars 2019, 81p.
    • FRANCE STRATEGIE, DARES, Les métiers en 2022, Rapport du groupe Prospective des métiers et qualifications, avril 2015, 411p.

     

    Source des données
    • Outil dynamique des bassins, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    • Outil dynamique des salaires, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    • INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015  
    • INSEE, données du recensement, RP 2016 
    • DARES, traitement Direccte Ile-de-France 
    • DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022 
    • Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.