Conducteurs de transport en commun sur route 

Conducteurs de transport en commun sur route 

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

21 %
117 850
Actifs en emploi
en France
Dont
24 948
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+10 %

Les conducteurs de transport en commun sur route doivent s’adapter à un environnement professionnel en pleine mutation.

“Un métier en voie de professionnalisation”

  • Les activités et leurs évolutions

    Le conducteur de transport en commun sur route réalise le transport de personnes, en service urbain, interurbain, régional, national ou international. Il peut également effectuer des opérations dans le cadre de circuits touristiques ou de voyages.

     

    Caractéristiques de la profession : Des métiers dont l’activité implique un contact permanent avec une clientèle diversifiée
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    Les conducteurs de transport en commun sur route exercent une activité qui consiste en la réalisation du transport en commun de personnes au sein de divers services (urbain, interurbain, régional, national ou international) selon la réglementation routière, les règles de sécurités des biens et des personnes et les impératifs de délais et de qualité. De plus, ils peuvent être amenés à effectuer des opérations dans le cadre de circuits touristiques ou de voyages. Cette famille professionnelle recouvre les métiers de chauffeur de bus, de conducteurs de tramway et de conducteurs de transport scolaire. Elle comprend également les conducteurs de car de tourisme, les conducteurs de bus sur piste aéroport ainsi que les conducteurs-machinistes. Les professionnels de cette FAP sont chargés de conduire des passagers selon un circuit prédéfini, de préparer des véhicules, de réparer des aléas ou encore de déclencher les mesures d’urgence en cas d’incident (Source : Pôle Emploi, Fiches IMT).

    La relation client est une dimension qui gagne en importance et qui implique le développement du sens de l’écoute, du conseil et de la gestion des conflits des conducteurs. Les conducteurs doivent notamment accompagner et aider les voyageurs en particulier ceux à mobilité réduite. Dans le cadre du développement de l’intermodalité et des engagements en termes de qualité de service, les conducteurs participent davantage à la régulation du trafic en gérant le temps de trajet et d’attente aux arrêts. Ils sont assistés informatiquement pour respecter les horaires au mieux. Ces efforts sur la qualité de service entrainent également une évolution du mode de conduite qui doit être plus souple et confortable (Source : KYU Associés).

    Les actifs de cette FAP peuvent envisager une évolution professionnelle vers des métiers de formation en conduite de véhicules, d’intervention technique d’exploitation de transports routiers de personnes ou bien de contrôle des transports en commun. Par ailleurs, ils ont la possibilité d’évoluer vers de la conduite de marchandises sur longue distance, de livraison par tournées sur courte distance ou encore de courses et livraisons express. Enfin, les conducteurs de transport en commun sur route sont en mesure de s’orienter vers des activités plus spécialisées tels que la conduite de véhicules sanitaires.

     

    Activités au cœur de la FAP :
    • Préparer le véhicule, repérer le parcours et prévoir les aléas  

    • Accueillir, renseigner les passagers et les assister si besoin  

    • Encaisser le montant d'une vente  

    • Contrôler les titres de transport  

    • Conduire des passagers selon un parcours/circuit prédéfini  

    • Renseigner les documents de bord d'un véhicule  

    • Contrôler l'état de fonctionnement du véhicule et effectuer le nettoyage  

    • Déclencher les mesures d'urgence en cas d'incident 

     

    Activités complémentaires et / ou en développement… 
    • Réaliser des déplacements variés (internationaux / nationaux / régionaux / interurbains / urbains) 

    • Transporter du public varié (personnel d'entreprise / personnes à mobilité réduite / scolaires) 

    • Conduire un véhicule spécifique (autobus / véhicule touristique / trolleybus / tramway sur pneu/ véhicule nécessitant un permis T « piste aéroportuaire ») 

    • Commenter le circuit touristique aux passagers  

    • Assurer une maintenance de premier niveau  

    • Réaliser l'entretien du matériel 

     

  • Les secteurs concernés

    Des professionnels concentrés dans le secteur des transports
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Plus de 9 conducteurs de transport en commun sur route exercent dans une entreprise de transport et d’entreposage. Le reste des effectifs de cette famille professionnelle se disperse dans les secteurs des services administratifs, de l’administration publique ainsi que du commerce et de la construction. Cette prédominance du secteur « Transport entreposage » est particulièrement marquée en Ile-de-France puisqu’il concentre 92% des actifs de la FAP dans la région contre 89% dans la France entière. 

    A l’horizon 2030, les perspectives d’emploi sont favorables dans les secteurs des transports et des services administratifs. Elles sont plutôt moyennes dans les secteurs du commerce et de la construction puis faibles quant à celui de l’administration publique. On peut en effet observer sur les 5 dernières années une très forte augmentation des effectifs de la FAP (8% entre 2012 et 2017 contre 0,8 % en moyenne régionale).

     

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Caractéristiques des actifs en emploi : Un métier qui reste essentiellement exercé par des hommes
    24 948
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    La plus grande partie des conducteurs de transport en commun sur route sont des hommes. Au sein de cette famille professionnelle, ces derniers représentent 9 actifs franciliens sur 10. En comparaison, la part des femmes parmi l’ensemble des actifs franciliens est d’environ 50 %. Il est vrai que les femmes restent minoritaires dans le domaine des transports, de la logistique et du tourisme. La féminisation des effectifs du transport routier de voyageurs a démarré au milieu des années 1980. La part des femmes a été multiplié par 2 de 1986 à 1997 puis a continué à progresser jusqu’à la fin des années 2000. Depuis les années 2010, nous faisons face à une stabilisation de la part des femmes dans ce métier (Source : Conseil National des Transports). Cette tendance vise à perdurer, car selon les projections de 2015 de la DARES, la part des femmes dans ce domaine passera seulement de 21 % en 2012 à 22 % en 2022. Les effectifs féminins connaitront essentiellement une hausse dans les métiers de cadres et de techniciens tandis qu’ils diminueront dans les métiers d’ouvriers peu qualifiés de la manutention et des agents administratifs.

     

    Une concentration des actifs sur les tranches d’âges intermédiaires 

    La structure par âge des conducteurs de transport en commun sur route est assez différente de la moyenne des familles professionnelles franciliennes : 14% de jeunes de moins de 30 ans (contre 20 % toutes FAP confondues), la part des 30-50 ans est de 60 % (contre 51 % toutes FAP confondues) et les actifs de plus de 50 ans représentent près de 26 % (contre 28 % toutes FAP confondues). D’après la Dares, les débutants sont rares chez les conducteurs de véhicules dans la mesure où l’expérience professionnelle et l’autonomie jouent un rôle important dans les qualifications nécessaires à l’exercice de ces métiers. Cela nous permet de comprendre le faible taux d’actifs âgés de moins de 30 ans. 

    Il est vrai que la différence entre la part des 50 ans ou plus de cette famille professionnelle et celle de la moyenne régionale n’est pas notable. Néanmoins, il est important de souligner que les agents employés à la SNCF et à la RATP, bénéficient de régimes spéciaux de départ à la retraite. Selon le Sénat, la loi du 9 novembre 2010 portant sur la réforme des retraites, transposée par voie réglementaire aux régimes spéciaux de retraite de la SNCF et de la RATP, a mis en œuvre un processus de convergence avec le régime de la fonction publique. Ainsi, pour les agents de la RATP, l’âge légal de départ à la retraite sera de 52 ans pour le personnel roulant de catégorie B et de 57 ans (catégorie A active) ou de 62 ans pour les autres catégories de personnel à l'horizon 2024. En 2020, l'âge de départ à la retraite est majoré d’un an et quatre mois par rapport à la situation ex ante (51 ans et quatre mois pour le personnel roulant, 56 ans et quatre mois pour la catégorie A active, 61 ans et quatre mois pour les autres salariés).

    En Ile-de-de-France, la part de salariés de nationalité étrangère présents au sein de cette FAP est d’environ de 12 %, un taux similaire à celui de l’ensemble des métiers (13 %).

    En termes de lieux de résidence, les conducteurs de transport en commun sur route sont très présents en Seine-Saint-Denis et en Seine-et-Marne (près de deux actifs sur 10 par département). A l’inverse, les actifs de cette famille professionnelle sont peu présents dans les Hauts-de-Seine ainsi que dans Paris intra-muros (moins d’1 actif sur 10 par département). De plus, environ 60 % des professionnels franciliens de cette FAP travaillent au sein de leur département de résidence contre 55 % en moyenne régionale.

     

    Niveau de qualification : Des connaissances à réactualiser régulièrement

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    Les actifs de cette famille professionnelle ont des niveaux de diplômes diversifiés. Le niveau CAP/BEP est le niveau le plus souvent détenu par les conducteurs de transport en commun sur route. Près d’un quart des professionnels de cette FAP sont diplômés du supérieur, il en est de même pour le pourcentage d’actifs sans aucun diplôme. Enfin, plus d'1 professionnel sur 10 possède le baccalauréat. Comme pour l’ensemble des métiers, les conducteurs de transport en commun sur route âgés de moins de 30 ans sont la catégorie d’actifs la plus qualifiée de cette FAP.  Il n’existe pas de diplôme prérequis pour devenir conducteur de bus. Néanmoins, le permis D et la FIMO sont indispensables. Le permis D peut être passé dès l'âge de 24 ans. Il autorise la conduite de véhicule permettant le transport de plus de 15 voyageurs. La FIMO (Formation Initiale Minimum Obligatoire) permet d’obtenir la qualification professionnelle de conducteur routier. La formation dure 140 heures et aboutit à un examen final dont la réussite conditionne l’obtention de la certification. La FIMO n’est cependant pas obligatoire pour les candidats détenteurs du Titre professionnel de conducteur du transport routier interurbain de voyageurs (CTRIV) ou du Titre professionnel d'agent commercial et de conduite du transport routier urbain de voyageurs (ACCTRUV). Le fait est que cette certification est intégrée au référentiel de ces titres (Source : maformation)

    A compter du mois d’août 2018, les candidats à la conduite de véhicules de transport en commun (autocar ou autobus) doivent désormais passer un nouveau titre professionnel, proposé par le ministère du travail : le Titre Professionnel de Conducteur de Transport en Commun sur Route, soit le « CTCR ». Conçu pour remplacer le Titre Professionnel de Conducteur du Transport Interurbain de Voyageurs (CTRIV), ce nouveau titre professionnel prévoit une évolution des compétences afin de permettre une meilleure réponse en formation pour les professionnels.   

    Après validation du titre, le conducteur du transport en commun sur route validera par équivalence : le permis D, la FIMO, le certificat de Sauveteur Secouriste au Travail (SST) ou le certificat APS TRV (Acteur Prévention Secours ; SST + PRAP), l’Attestation de formation à la manipulation du matériel de lutte contre les incendies) (Source : Forget Formation).

    En outre, tout conducteur routier d’un bus ou d’un autocar (permis D, DE, D1, D1E), doit effectuer une formation continue obligatoire (FCO) tous les 5 ans et ceci, qu’elle que soit la formation initiale qu’il ait reçue (FIMO ou diplôme). La FCO a pour but de permettre au conducteur de transport en commun d’actualiser ses connaissances et de revoir les dispositifs de sécurité et de réglementation professionnelle. Elle est également obligatoire pour les conducteurs routiers ayant obtenu une équivalence de FIMO par attestation d’activité (conducteurs ayant eu leur permis avant le 10 septembre 2019) ainsi que pour les conducteurs qui ont interrompu leur activité de conduite pendant une période de 5 à 10 ans (Source : AFTRAL).

     

    En Ile-de-France, environ 9 actifs sur 10 occupent un emploi en CDI

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    11 % 14 %
    INSEE RP 2018

    Une part importante des emplois occupés chez les conducteurs de transport en commun sur route sont en CDI. L’intérim et les contrats à durée déterminée sont des formes beaucoup moins développées.

    Selon les données de la Dares de 2014 à l’échelle nationale, au sein de la famille professionnelle élargie, le turn-over est assez faible (environ de 30 % contre 62 % dans l’ensemble des métiers). Les emplois de conducteurs de véhicules sont assez stables et la mobilité y est plutôt faible. En effet, plus de la moitié des conducteurs de véhicules ont une ancienneté dans l’entreprise au moins égale à 5 ans et seuls 15 % comptent moins d’un an d’ancienneté.

     

    Un travail à temps partiel peu fréquent au sein de cette FAP

    La famille professionnelle des conducteurs de transport en commun sur route compte près de 9 actifs franciliens sur 10 qui travaillent à temps complet. 

    Par ailleurs, comme le rapporte la Dares en 2014, les horaires de travail des professionnels de cette FAP sont souvent “atypiques” : 36 % des conducteurs travaillent la nuit, 61 % travaillent le samedi et 28 % le dimanche. Plus de la moitié des conducteurs déclarent travailler plus de 40 heures par semaine. En outre, les deux tiers des salariés travaillant à temps complet perçoivent entre 1250 et 2000 euros nets par mois.

    En ce qui concerne les horaires de travail du conducteur de transports en commun sur route, ces derniers peuvent être qualifiés comme étant atypiques. En effet, les professionnels de cette FAP sont amenés à exercer en horaires fractionnés : les fins de semaine, les jours fériés, de nuit, voire même s’éloigner de leur domicile durant plusieurs jours (Source : Pôle emploi, Fiche métier N4103). Selon la RATP, ce type d’horaires permet avant tout, d’offrir un service continu aux usagers des transports en commun.

     

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Les femmes restent peu représentées parmi les demandeurs d’emploi de ces métiers
    5 103
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    46%
    49%
    DIRECCTE 2020

    Le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à un peu plus de 4000 en 2018. Malgré la féminisation du métier, les femmes sont peu représentées parmi les demandeurs d’emploi (moins d’1 demandeur d’emploi sur 10). Il s’agit d’une différence peu marquée avec les actifs de cette FAP qui comptent 1 femme sur 10 parmi les conducteurs de transport en commun sur route, ce qui est en accord avec la structuration des actifs.

    Les moins de 30 ans représentent près d’un quart des demandeurs d’emploi de cette famille professionnelle soit 10 points de moins que les actifs en emploi. Pour rappel, la faible présence des jeunes parmi les demandeurs d’emploi de cette FAP est due à l’exigence de certifications (24 ans minimum pour le permis D) et à la demande d’expérience exigée par les recruteurs. Le niveau de formation des demandeurs d’emploi est plus élevé que celui des actifs en emploi. En effet, on observe un pourcentage moins élevé de non-diplômés chez les demandeurs d’emploi (17 % contre 25 % pour les actifs) tandis que les diplômés du baccalauréat sont nettement plus nombreux chez ces premiers (39 % pour les demandeurs d’emploi contre 13 % pour les actifs).

    Plus d’un tiers des demandeurs d’emplois sont inscrits depuis plus d’un an (part inférieure de 4 points à celle observée toutes FAP confondues en Ile-de-France). Le taux d’écoulement de la demande est assez proche de celui observé toutes FAP confondues. Ainsi, un peu plus de la moitié des demandeurs d’emploi appartenant à cette FAP sont sortis des fichiers de Pôle emploi au cours des 12 derniers mois étudiés. En moyenne, en 2018, les conducteurs de transport en commun sur route restent 9 mois au chômage (soit une durée similaire à la moyenne tous métiers confondus).

     

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Durée des emplois proposés : Près de 75 % des offres d’emploi proposées concernent un emploi de longue durée (plus de 6 mois)

    Durée des emplois proposés (en %)

    1 411
    DIRECCTE 2020

    Le nombre d’offres d’emploi pour cette FAP dépasse 2 400 offres enregistrées en 2018 pour la région Ile-de-France. Les offres d’une durée de plus de 6 mois représentent la part la plus importante des offres d’emplois. Cette catégorie concerne près des trois quarts des offres au sein de cette FAP (contre environ les deux tiers des offres pour l’ensemble des FAP).

    En ce qui concerne le métier de conducteur de transport en commun sur route, les données de l’enquête Besoin en main d’œuvre 2020 (BMO) indiquent d’importantes difficultés de recrutement. Les employeurs interrogés anticipent des difficultés de recrutement sur près de 60 % des projets déclarés pour l’année 2020 (+ 11 points par rapport à 2019). Ces difficultés de recrutements ne traduisent pas forcément le fait que ce métier soit en tension. 

    En effet, selon la Dares, 540 000 postes des métiers des transports, de la logistique et du tourisme seraient à pourvoir sur la période 2012-2022. De plus, les perspectives d’emploi des conducteurs de voyageurs entre 2018 et 2024 sont très favorables (24 000 postes à pourvoir sur 6 ans). Ce renouvellement important des effectifs à venir peut-être expliqué par des départs anticipés à la retraite (la moitié des départs à la retraite se fait avant 60 ans) ainsi que le développement des lignes de transport en commun sur route. 

    Cependant, on peut souligner le fait que le nombre de départs anticipés pour carrière longue (avant 57 ans) diminue depuis 2018. D’une part, l’accord du 30 mai 2011 signé par les partenaires sociaux et l’État modifie les conditions d’ouverture des régimes du congé de fin d’activité. En particulier, l’âge à partir duquel il est possible de bénéficier du CFA a été reporté de 55 à 57 ans.  D’autre part, l’accord du 11 mars 2014 porte progressivement le nombre d’années d’ancienneté de conduite exigé de 25 à 26 ans (selon un calendrier s’étalant d’avril 2014 à avril 2015) et suspend la dérogation concernant les conducteurs bénéficiaires du régime « carrière longue ». (Source : Ministère de la transition écologique et solidaire, Bilan social annuel du transport routier de voyageurs Édition 2020).

    Le développement des lignes de transports en commun sur route a notamment été encouragé par la loi “SLO” (services librement organisés autorisés par la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques). Promulguée en août 2015, cette loi a libéralisé le transport régulier interurbain de voyageurs en autocar. (Source : Ministère de la transition écologique et solidaire, Bilan social annuel du transport routier de voyageurs Édition 2020)

    De plus, au regard du développement des SLO, les partenaires sociaux ont souhaité définir et encadrer l’activité ainsi qu’améliorer les conditions de travail des conducteurs d’autocar longues distances qui y sont affectés. Les négociations entre la FNTV, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont donné lieu à la signature le 23 février 2017 à un accord relatif au contenu et aux services librement organisés. Un nouvel emploi a vu le jour, dénommé Conducteur “SLO” au coefficient 142V. Cette qualification de Conducteur “SLO” est acquise lorsque le salarié exécute, sur une année civile, au moins 50 % de son temps de travail effectif sur des services librement organisés. A noter que les premiers bénéficiaires de cet accord ont été l’ensemble des entreprises adhérentes à la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV) effectuant des services librement organisés (Flixbus, Ouibus, Isilines) (Source : FNTV).

    Par ailleurs, le programme du Grand Paris Express s’inscrit dans la même logique, en développant et en modernisant le réseau de transport en commun existant et en prolongeant quatre lignes de métro pour rapprocher Paris des communes qui l’entourent et permettre une mobilité accrue de banlieue à banlieue. L’un des principaux projets du Grand Paris Express est notamment la création d’une quarantaine de gares dont 85 % qui assureraient une correspondance avec un mode de transport en commun existant ou prévu (Source : Commission nationale du débat public). 

     

     

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Des évolutions qui encouragent une montée en qualification
    Enjeux par dimension

    La famille professionnelle de conducteurs de transport en commun sur route est un métier verdissant. Autrement dit, sa “finalité n’est pas environnementale mais il intègre de nouvelles “briques de compétence” pour prendre en compte de façon significative et quantifiable la dimension environnementale dans le geste métier” (Source : Observatoire nationale des emplois et des métiers de l’économie verte). L’environnement de cette FAP est impacté par des transitions de diverses natures : écologique, numérique ou encore sociologique. De nouvelles valeurs sociétales dont celle du développement durable sont particulièrement prises en compte dans ces métiers. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) promulguée en 2015, veille à renforcer les moyens mis en place contre la pollution de l’air ou encore la réduction de la dépendance aux hydrocarbures dans le secteur des transports. Cette transition écologique implique des changements sur le matériel roulant. S’ils représentent une alternative majeure à l’usage de la voiture, les transports publics urbains évoluent pour devenir moins polluants. Cela passe d’une part, par l’utilisation de carburants moins polluants et d’autre part, par la transformation du parc roulant et l’intégration d’un matériel moins énergivore. Cette transition va avoir des conséquences en termes de maintenance et d’exploitation dont les emplois associés devront intégrer ces nouvelles modalités de transport. La mise en place de véhicules électriques, hybrides ou roulant au gaz si elle modifie peu la conduite, peut rendre cette dernière plus agréable pour les conducteurs (souplesse, freinage plus doux, plus silencieux) (Source : KYU Associés). 

    Par ailleurs, la transition numérique est un des enjeux majeurs du secteur des transports. Le numérique conduit à une évolution progressive des emplois de conduite qui deviennent de plus en plus techniques. Le transport public urbain par exemple, se digitalise et s’oriente vers un transport intelligent. En effet, certains changements majeurs se distinguent au cours de cette révolution numérique :  

    • L’évolution des réseaux de transport par l’intermédiaire du Big Data ;  

    • Le développement de l’expérience client et du SIV (Système d’Information Voyageurs) à l’aide des services connectés ;  

    • Le passage d’une maintenance corrective à une maintenance préventive à l’aide des données recueillies et analysées ; 

    • Le développement de la billettique avec les transactions dématérialisées ; 

    • L’amélioration des systèmes d’aide à l’exploitation, dits SAE (Système d’Aide à l’Exploitation), s’simplifiant et optimisant l’exploitation réseau (Source : KYU Associés). 

    Les employeurs recherchent une main-d'œuvre de plus en plus qualifiée et les professionnels de cette FAP font face à une intensification de la concurrence, en plus d’une complexification de leur environnement (Source : AFT).

    Comme nous l’avons mentionné plus haut, le métier de conducteur de transport en commun sur route requiert de la polyvalence. On assiste à une diversification des activités des conducteurs. Ces derniers peuvent être amenés à effectuer des opérations de vérification, à intervenir au sein d’agences commerciales, à participer à l’entretien de certains matériels qui ne nécessitent pas de compétences techniques spécifiques (abris bus, affichage publicitaire, etc.) ou encore à conduire des véhicules plus légers dans le cadre du transport à la demande. Par ailleurs, le développement des modes de mobilité plus doux constitue un important projet d’avenir pour les actifs de cette FAP. La LTECV rend obligatoire la mutation des réseaux de transport collectif routier vers des flottes de véhicules propres pour les agglomérations de plus de 25 000 habitants, ainsi que pour les communes de toutes tailles soumises à un plan de protection de l’atmosphère. Les agglomérations concernées sont tenues de réaliser cette transition énergétique partiellement à partir de 2020, et complétement à partir de 2025, au fil des renouvellements de flottes de véhicules (Source : SYSTRA). Concrètement, cela se traduit par l’application de nouveaux plans de mobilité. Par exemple, la RATP a mis en place le programme Bus2025, qui impose de transformer l’ensemble des centres bus dans Paris afin d’accueillir des bus électriques au biogaz qui intégreront progressivement leurs flottes d’ici à 2025. De fait, en Ile-de-France, à l’horizon 2025, un parc 100 % propre comprenant des bus tout électriques, des bus à gaz renouvelable et des bus hybrides, est censé voir le jour. Pour ce qui est du projet du Grand Paris Express, ce dernier concerne également les transports en commun sur route. En collaboration avec Ile-de-France Mobilités et la Ville de Paris, la RATP s’engage dans une restructuration du réseau de bus parisien. Le but étant d’améliorer l’attractivité et la qualité de service du réseau. Un projet bénéfique pour cette FAP, notamment du fait qu’il ait nécessité le recrutement de 700 salariés dont des conducteurs. Au final, on peut souligner que les opportunités de ces métiers, se concentrent autour de points clefs tels que l’amélioration de l’expérience voyageurs, l’extension de lignes, la transition énergétique et le développement de l’intermodalité (Source : RATP).

    En outre, les professionnels de cette FAP se voient imposer d’importants défis liés à ces évolutions. Il existe actuellement une numérisation des activités de transport de voyageurs. Bien que plus développé pour les transports en commun de voyageurs sur rails, ce phénomène représente aussi une menace pour les conducteurs sur route étant donné que de nombreux projets sont en cours afin de développer des bus sans chauffeur. Néanmoins, les obstacles sont multiples. Les services sans conducteur sur route nécessiteraient non seulement une modification réglementaire, mais également un changement de perception de la part des populations. De fait, à l’heure actuelle, la robotisation de ces métiers ne reste qu’une menace potentielle. A noter que l’automatisation des véhicules, concernant pour le moment le métro essentiellement, entraîne une réorientation de ses conducteurs vers d’autres métiers dont celui de conducteur de transport en commun sur route. Les professionnels de cette FAP font face à un niveau d’exigence plus élevé et doivent se former en continu. Les principales compétences à développer sont le sens du service et de la relation client, la gestion de situations conflictuelles, l’accompagnement des personnes à mobilité réduite ainsi que l’adaptation aux différentes situations et activités (Source : KYU Associés).

     

  • Les formations

    Des emplois ouverts à des profils variés 
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Les conducteurs de transport en commun sur route sont issus de spécialités de formations assez variées. Aucun diplôme n’est prérequis pour pratiquer ce métier. C’est la raison pour laquelle une part importante des actifs de cette famille professionnelle ont des formations initiales éloignées du poste qu’ils occupent. En Ile-de-France, les jeunes actifs de cette FAP sont principalement issus des spécialités de formations suivantes : électricité électronique (près de 10 % des actifs), comptabilité, gestion (environ 9 % des actifs) et formations générales (presque 8% des actifs). Effectivement, comme souligné par la Dares, les spécialités de formation des actifs de cette famille professionnelle sont rarement liées à leur profession de conducteurs. On peut expliquer cela par le fait que la spécificité de la formation d’origine des actifs de cette FAP se révèle peu importante, le métier de conducteur de transport en commun sur route est accessible sans diplôme ni expérience professionnelle. En clair, ce qui compte réellement est la formation propre au métier de transport en commun sur route.

    Un CAP Agent d’accueil et de conduite routière, en plus du permis B peuvent en faciliter l’accès. Toutefois, une formation spécifique est requise pour l’exercice de cet emploi. Les permis D, D1, D1E, DE (précédemment D et ED) pour la conduite de véhicules de transport en commun de plus de 9 places complétés par la Formation Initiale Minimum Obligatoire (FIMO). Un renouvellement périodique de la FIMO par la Formation Continue Obligatoire (FCO) est exigé. Une carte chronotachygraphe est obligatoire pour la conduite de véhicules de transport de voyageurs de plus de 9 places. Des permis ou habilitations spécifiques (permis T “piste aéroportuaire”, habilitation tramway…) peuvent être requis. Il en est de même pour la formation Prévention et Secours Civiques de niveau 1. Un casier judiciaire exempt de toute mention contradictoire est généralement exigé. De plus, la pratique d’une langue étrangère peut être demandée (transport international). (Source : Pôle emploi, Fiche métier N4103)

    A noter que bien qu’accessible sans qualification, les métiers des activités du transport et de la logistique nécessitent de plus en plus une maîtrise des compétences numériques et relationnelles en raison de l’usage croissant des TIC et de l’enrichissement de la relation de service. Les efforts de professionnalisation sont particulièrement importants chez les professionnels du secteur du tourisme. La demande et l’exigence du client, les nouvelles technologies, la mobilité des biens et des personnes ainsi que les nouvelles valeurs sociétales en vigueur rendent l’environnement du Transport-logistique de plus en plus complexe, concurrentiel et international. Par conséquent, des capacités en termes d’adaptation aux nouveaux environnements de travail sont de plus en plus souvent demandées par les recruteurs.

     

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie
    • Bref, n° 321, mai 2014, BABE, C., DARES, Portraits statistiques des métiers, 1982-2014, numéro 19, mars 2016   

    • BOUDIER, M., « Le défi de la transition énergétique pour les réseaux de bus et de cars », SYSTRA, https://www.systra.com

    • BRIAND, G., « Comment devenir conducteur de bus ? », maformation, 2018,  https://www.maformation.fr

    • GONNARD, S., et MOUSSET. I., sous la direction de PARDINI, B., « Dans quels métiers s’insèrent les sortants de la voie professionnelle en Ile-de-France ? », Collection Franciliens, Défi Métiers, septembre 2018 

    • « Bus 2025 : l’ambitieux Plan de la RATP pour un parc 100% propre », RATP, avril 2018, https://www.ratp.fr

    • « Création d'un nouveau statut pour les conducteurs d'autocars longues distances », FNTV, mars 2017, https://www.fntv.fr

    • « Bilan social annuel du transport routier de voyageurs, Edition 2020 », Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, Commissariat général au développement durable, février 2020, https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr

    • « Etude prospective sur l’évolution des emplois, des métiers et des compétences », Synthèse de l’étude, KYU Associés, Conseil en Management, août 2018,  https://www.utp.fr

    • « Formation continue obligatoire voyageurs », AFTRAL, https://www.aftral.com

    • « La RATP et la SNCF prévoient plus de 5300 recrutements en Ile-de-France », Le Parisien, Le 4 février 2019, https://www.leparisien.fr

    • « Les métiers Transport Logistique », AFT, https://www.defi-metiers.fr

    • « L’emploi des femmes dans les transports », Conseil National des Transports, 2000, https://pdf4pro.com

    • « L’essentiel sur notre Groupe », RATP, février 2019, https://www.ratp.fr

    • « Le nouveau titre professionnel de conducteur du transport en commun sur route est arrivé », Forget Formation, https://www.forget-formation.com 

    • « Les régimes spéciaux de retraite de la RATP, de la SNCF et des industries électriques et gazières », Cour des comptes, 2019, https://www.senat.fr

    • « Projet Grand Paris Express, anciennement RTPGP », Enquête publique terminée, Commission nationale du débat public, https://www.debatpublic.fr

    • « Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte, Rapport d’activité », Ministère de la Transition écologique et solidaire, Commissariat général au développement durable, Service de la donnée et des études statistiques, juin 2018, https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr

    Source des données
    • Outil dynamique des bassins, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr  

    • Outil dynamique des salaires, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr  

    • INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2016    

    • INSEE, données du recensement, RP 2017  

    • DARES, traitement direccte Ile-de-France   

    • DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022  

    • Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.