Cadres administratifs, comptables et financiers (hors juristes)

Cadres administratifs, comptables et financiers (hors juristes)

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

42 %
694 124
Actifs en emploi
en France
Dont
292 971
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+9 %

Cette famille professionnelle est la plus nombreuse en Ile-de-France. Elle y est par ailleurs sur-représentée.

Des effectifs importants qui pourraient encore augmenter

  • Les activités et leurs évolutions

    Les métiers qui composent cette famille professionnelle (FAP) sont assez variés allant de la comptabilité aux études, de l’expertise à la direction de pôle et peuvent s’exercer dans différents environnements professionnels (association, entreprise tertiaire ou industrielle, publique ou privée, cabinet de conseil, etc.).

    Positionnement des métiers (ROME)
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    Cette famille professionnelle se compose de 9 métiers du référentiel de Pôle emploi (ROME). Ils peuvent se classer selon 4 groupes : les métiers plutôt techniques (traitement de données par exemple) incluant la comptabilité et la finance, les métiers du contrôle et de la gestion des risques, les métiers plus proches du conseil en organisation ou en stratégie et enfin les métiers de direction ou de management d’équipe. Selon la taille et le secteur de l’entreprise, les activités réelles peuvent être plus ou moins diversifiées. En effet, dans une PME, un comptable pourra également exercer d’autres activités administratives tandis que dans de grandes organisations, le poste sera plus spécialisé. Ainsi, les connaissances et savoir-faire nécessaires à l’exercice de ces métiers sera également varié. La progression hiérarchique est possible dans la famille professionnelle elle-même, par exemple en passant de « comptable » au « management de groupe ou de service comptable ». Les évolutions professionnelles peuvent se faire également (non visible sur le schéma) en dehors de la famille professionnelle vers de la gestion de patrimoine financier ou vers les métiers de la finance de marché.
    En termes de professions, l’Ile-de-France se compose notamment de plus d’un tiers de « cadres des autres services administratifs des petites et moyennes entreprises », en cohérence avec le tissu productif local et d’un cinquième de « cadres de l’organisation ou du contrôle des services administratifs et financiers ». Ces derniers regroupent par ailleurs plus de la moitié des effectifs nationaux.

    De l’expertise au management…

    Les cadres administratifs, comptables et financiers assurent la bonne marche de l’entreprise par la gestion comptable, la gestion financière et l’administration générale (la gestion des ressources humaines concerne une autre famille professionnelle). Les principales activités[1] sont :
    -  rendre compte de la situation économique de la structure,
    - réaliser des études et analyses financières,
    - mettre en œuvre des opérations de fusion/acquisition,
    - optimiser et sécuriser les flux financiers,
    - conseiller et accompagner les dirigeants d’entreprises,
    - analyser des données et restituer des informations opérationnelles
    - coordonner l’activité d’une équipe, le cas échéant.


    [1] Source : Référentiels métiers de Pôle emploi et de l’APEC

     

    … vers la stratégie d’entreprise

    Les fonctions de ces professionnels ont évolué vers un rôle de plus en plus stratégique. Très spécialisés dans les grandes organisations, ils sont nettement plus polyvalents dans les PME. De nouvelles activités se sont par ailleurs développées pour renforcer l’aide à la décision et la communication financière :
    - définir, déployer et animer un dispositif de gestion des risques,
    - faire remonter les informations utiles et pertinentes (parmi les données de masse) vers les instances décisionnaires,
    - informer les actionnaires et les créanciers de la santé financière de l’entreprise.

     

  • Les secteurs concernés

    Des professionnels présents dans de nombreux secteurs d’activités
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Les cadres administratifs, comptables et financiers assurent des missions indispensables au bon fonctionnement des organisations (comptabilité, administration notamment). On les retrouve donc dans de nombreux secteurs d’activités. Ils sont cependant 3 sur 10 à exercer en tant que prestataires ou experts dans les Activités juridiques, comptable, de gestion, d’architecture, d’ingénierie, de contrôle et d’analyses techniques. Deux autres secteurs accueillent chacun environ 10 % de ces professionnels : le Commerce, réparation d’automobiles et motocycles et les Activités financières et d’assurance. Le reste des effectifs (environ la moitié) se disperse dans les autres secteurs. Le volume d’emplois dans ces principaux secteurs est amené à évoluer de manière positive dans les prochaines années.

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    La parité presque respectée
    292 971
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Avec plus de 290 000 actifs en Ile-de-France, cette famille professionnelle est particulièrement représentée dans la région. Alors que la part de l’Ile-de-France dans l’emploi national est d’environ 20%, la part des cadres administratifs, comptables et financiers francilien atteint plus de 40 %. Cette surreprésentation s’explique notamment par l’importance des sièges d’entreprises et la concentration des activités d’audit et de conseil en Ile-de-France. Par ailleurs, sur les 5 dernières années, les effectifs ont augmenté de 9 % dans la région.
    Cette famille professionnelle a une structure par âge proche de la moyenne régionale. On remarque cependant qu’elle accueille moins de jeunes que l'ensemble des FAP. Cela s’explique notamment par le fait que l’entrée dans la vie active se fait tardivement pour ces jeunes très diplômés (voir paragraphe sur la formation) et aussi parce qu’une partie des activités concerne des postes à responsabilités stratégiques et managériales qui sont plutôt proposés à des personnes ayant exercés plusieurs années au préalable. Pour autant, les actifs plus âgés (plus de 50 ans) ne sont pas plus représentés qu’en moyenne.
    Cette famille s’approche de la parité en termes de répartition homme-femme, mais ne l’atteint pas encore. La part des femmes parmi les plus de 50 ans est moindre que dans les catégories plus jeunes, les moins de 30 ans atteignant la parité. Une analyse fine pourrait montrer également le plafond de verre auxquelles sont encore confrontées les femmes dans les métiers de conseil ou à responsabilité stratégique[1]. En effet, « Qu’il s’agisse d’écarts bruts ou d’écarts « inexpliqués », les écarts de salaires en défaveur des femmes sont plus importants parmi les cadres qu’au sein des autres catégories socioprofessionnelles. De façon plus générale, les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes croissent avec le niveau de qualification et de rémunération des métiers[2] ».


    [1] Isabel Boni-Le Goff, « « Ni un homme, ni une femme, mais un consultant. » Régimes de genre dans l’espace du conseil en management », Travail et Emploi [En ligne], 132 | octobre-décembre 2012, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 20 août 2019. URL : http://journals.openedition.org/travailemploi/5815 ; DOI : 10.4000/travailemploi.5815

    [2] Selma Mahfouz. Les Rendez-vous de Grenelle, « Les inégalités professionnelles entre femmes et hommes ». 12 juin 2018.


    [1] Isabel Boni-Le Goff, « « Ni un homme, ni une femme, mais un consultant. » Régimes de genre dans l’espace du conseil en management », Travail et Emploi [En ligne], 132 | octobre-décembre 2012, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 20 août 2019. URL : http://journals.openedition.org/travailemploi/5815 ; DOI : 10.4000/travailemploi.5815

    [2] Selma Mahfouz. Les Rendez-vous de Grenelle, « Les inégalités professionnelles entre femmes et hommes ». 12 juin 2018.

     

    Des actifs très diplômés résidant à proximité des principales zones économiques

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    Ces professionnels se démarquent de l’ensemble des familles professionnelles en termes de lieu de résidence. Ainsi, ils résident pour près d’un tiers à Paris, un cinquième dans les Hauts-de-Seine et plus d’un sur dix habite dans les Yvelines. On les retrouve le moins souvent dans les départements de la Seine-Saint-Denis ou en Seine-et-Marne. Plus globalement, 45 % d’entre eux travaillent dans leur département de résidence (contre 55 % en moyenne régionale). Ces lieux de résidence sont des lieux qui accueillent une grande part de l’activité économique de la région. Par ailleurs, il s’agit de départements qui offrent un cadre de vie recherché et dont les loyers sont plus difficilement accessibles pour les autres catégories socio-professionnelles. 
    Quel que soit l’âge, ces professionnels sont très diplômés (près de 9 sur 10 ont un diplôme d’études supérieures). Si dans la catégorie des plus de 50 ans, ils sont à peine un quart à ne pas atteindre ce niveau de diplôme, cette part est résiduelle chez les jeunes professionnels (4%).

    Des professionnels aux conditions d’emploi stables

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    7 % 14 %
    INSEE RP 2018

    Plus souvent en CDI que l’ensemble des familles professionnelles, ces cadres sont également un peu plus souvent non-salariés. En effet, certains exercent des activités sous le statut d’indépendant ou autre statut libéral. Le temps complet concerne la grande majorité des actifs (plus de 9 sur 10) et les professionnels de nationalité étrangère sont peu présents en comparaison avec la région qui accueille une part importante d’actifs étrangers.

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Les jeunes demandeurs d'emploi en difficulté
    24 134
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    48%
    49%
    DIRECCTE 2020

    La parité hommes / femmes est respectée parmi les demandeurs d’emploi. La part des jeunes est cependant plus élevée que parmi les actifs en emploi. Si la part des demandeurs d’emploi de longue durée (plus d’un an) est plus faible que pour l’ensemble des FAP, leur durée moyenne de chômage est légèrement moins importante (9 mois). Des difficultés peuvent se faire jour pour certains demandeurs d’emploi. Elles peuvent alors s’expliquer par plusieurs raisons : un décalage entre les postes proposés et les prétentions des demandeurs d’emploi, un manque de mise à jour des compétences techniques, réglementaires, etc.

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Des perspectives d'emploi favorables à court et moyen terme

    Durée des emplois proposés (en %)

    4 004
    DIRECCTE 2020

    En 2020, le nombre d’offres d’emploi[1] sur une année était nettement moins important que le nombre de demandeurs d’emplois, dû probablement à la crise sanitaire. Plus de 4 offres sur 5 sont de plus de 6 mois. Par ailleurs, l’enquête BMO[2] de Pôle emploi indique que les entreprises envisagent de recruter plus de 7 000 cadres administratifs, comptables et financiers en 2021, soit un nombre assez proche des estimations pour 2019. Même si des difficultés à recruter sont anticipées par les chefs d’entreprises, celles-ci sont moins importantes que pour l’ensemble des familles professionnelles franciliennes.
    En termes de prospective à moyen terme, la Dares a estimé un nombre important de départs en retraite et également des créations nettes d’emploi, portant à plus de 55 000 le nombre de postes offerts sur la période 2018-2022 (soit environ 11 000 par an dont 40 % de créations nettes).


    [1] Source Dares, traitement Direccte Ile-de-France

    [2] Pôle emploi. Enquête Besoin de main d’œuvre, Ile-de-France, 2021.

     

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Dynamique d’évolution et impact sur les métiers
    Enjeux par dimension

    La crise des “subprimes” de 2007-2008 et la crise financière de 2011 ont profondément impacté les entreprises. Elles ont dû modifier leur gouvernance et leur stratégie financière du fait notamment d’un moindre accès au crédit. Dans ce contexte économique incertain, les métiers ont évolué pour garantir une plus grande transparence aux investisseurs et assurer la pérennité de l’entreprise.
    Les normes internationales (IFRS, IAS[1]) sont en constante évolution. Elles visent à améliorer la transparence et permettent la comparabilité des informations données au marché[2]. En effet, « la mondialisation, les échanges internationaux et la multiplication de firmes multinationales imposent aux différents Etats une réglementation commune en matière de comptabilité[3] ». Ces normes nécessitent donc à la fois une expertise importante en matière de comptabilité et finance, mais également un dialogue plus important avec les différents services de l’entreprise.
    Une ouverture d’esprit sera désormais nécessaire pour faciliter ce dialogue, et ainsi accomplir des missions telles que l’analyse des risques (client, fiscaux, etc.), la mise en place d’outils de visualisation des données en partenariat avec les équipes informatiques. Les connaissances et savoir-faire à développer sont numériques, statistiques et collaboratives. L’enjeu sera de passer du “reporting” sur des données et événements passés au “data storytelling”, c’est-à-dire de collecter efficacement les données pour en extraire des informations clés permettant un pilotage proactif des performances de l’entreprise. Les employeurs privilégient ainsi des profils ayant eu des missions diverses en termes d’environnement et d’activités antérieurement, voire dans plusieurs domaines (finance – marketing, Comptabilité – statistiques, par exemple), car ils seront les plus à même de comprendre et communiquer avec les différents services de l’entreprise et pourront également proposer, innover, etc.
    Tout comme de nombreuses familles professionnelles, celle des cadres administratifs, comptables et financiers verra une partie de ses effectifs partir en retraite dans les années qui viennent. Or, pour cette catégorie de professionnels, les départs seront compensés d’après les estimations régionales de la Dares. Des créations nettes s’ajouteront à ces remplacements. En effet, portés par la dynamique de contrôle interne et de conseil et la demande toujours croissante de fonctions d’expertise, les effectifs de cette famille de cadres augmenteront encore dans les années à venir.
    Les actifs qui restent sur des activités plus restreintes risquent de ne pas suivre cette bascule et se trouver moins facilement employables. En effet, le développement des progiciels de gestion et l’avènement des Big data entrainent déjà la disparition des tâches et activités à faible valeur ajoutée. Des formations seront donc nécessaires pour permettre l'adaptation au poste et les évolutions professionnelles des actifs.


    [1] Les IFRS (International Financial Reporting Standards) sont depuis 2005 le référentiel comptable applicable aux sociétés cotées sur un marché européen. Elles ont remplacé les normes IAS (international accounting stards), existant depuis 1973.

    [2] Source : Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) de la Banque de France

    [3] APEC. Référentiel des métiers cadres de la finance et de la comptabilité, 2012.

     

  • Les formations

    De nombreuses spécialités permettent l'accès à ces métiers
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Au niveau national, les actifs présents depuis moins de 10 ans sur le marché du travail ont majoritairement suivis une formation du domaine « échange et gestion ». Plus précisément : le domaine « spécialités plurivalentes échanges et gestion » concerne 27 % des actifs, le domaine « comptabilité – gestion » 15 %, « finance, banque assurance » 12 % et « commerce-vente » 9 %. Cela reflète bien la diversité des parcours possibles pour intégrer cette famille professionnelle et la diversité des métiers et activités de celle-ci.
    Le lien entre la formation et l’emploi est qualifié de faible dans une publication de DM en collaboration avec l’Insee du fait de la grande hétérogénéité des formations qui mènent aux emplois de cette famille professionnelle.

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie
    • Isabel Boni-Le Goff, « Ni un homme, ni une femme, mais un consultant. » Régimes de genre dans l’espace du conseil en management », Travail et Emploi [En ligne], 132 | octobre-décembre 2012, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 20 août 2019. URL : http://journals.openedition.org/travailemploi/5815 ; DOI : 10.4000/travailemploi.5815
    • Selma Mahfouz. Les Rendez-vous de Grenelle, « Les inégalités professionnelles entre femmes et hommes ». 12 juin 2018.
    Source des données
    • Outil Dynamique des bassins, Défi métiers, https://www.defi-metiers.fr
    • Outil Dynamique des salaires, Défi métiers https://www.defi-metiers.fr/observatoire-salaires
    • INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015
    • INSEE, données du recensement, RP 2016
    • DARES, traitement Direccte Ile-de-France
    • DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022
    • Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.