Assistants maternels

Assistants maternels

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

18 %
395 274
Actifs en emploi
en France
Dont
69 493
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

-7 %

Une famille professionnelle moins représentée en IDF qu’ailleurs du fait de l’offre importante en établissements collectifs d’accueil de jeunes enfants

Le remplacement des nombreux départs en retraite d’assistants maternels nécessitera des recrutements

  • Les activités et leurs évolutions

    L’assistant maternel garde les enfants, de manière régulière ou occasionnelle, le plus souvent à son domicile ou celui des parents, mais parfois également au sein d’établissements (centre de PMI, école, village d’enfants, etc.).

    Positionnement des métiers ROME appartenant à la catégorie « Assistant maternel »
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    Cette famille professionnelle couvre un unique code Rome, celui de « l’assistance auprès d’enfants ». Les intitulés de métiers peuvent quant à eux être nombreux : accueillant familial, aide maternel, assistant maternel, baby-sitter, garde d’enfant à domicile, nourrice, gouvernante, etc.
    Il existe deux grands types d’évolution possibles pour les assistants maternels :

    • se professionnaliser dans le soin et l’éducation des jeunes enfants pour devenir aide en puériculture (avec un CAP petite enfance), puis possiblement éducateurs de jeunes enfants (avec l’obtention d’un diplôme de niveau 6, nomenclature européenne)
    • se tourner vers l’accompagnement d’autres types de publics (enfants, adolescents, personnes âgées, personnes dépendantes) et exercer au domicile des patients ou dans des établissements sanitaires ou médico-sociaux. Cette voie peut ensuite conduire via l’acquisition de nouveaux diplômes aux professions d’aides-soignants, voire d’infirmiers.
    Des activités de nursing ...
    • Préparer et donner un repas, une boisson à l’enfant
    • Entretenir les espaces de vie et le linge de l'enfant
    • Procéder à la toilette et aux soins de l'enfant
    • Procurer à l'enfant des éléments de confort, de réconfort (bercement, doudou, ...)
    • S’assurer de la sécurité de l’enfant
    … mais également un rôle d’éducation
    • Accompagner l'enfant dans l'apprentissage des gestes de la vie quotidienne et des règles de vie en collectivité
    • Animer les activités ludiques ou aider l'enfant lors d'activités d'éveil et d'apprentissage
    • Observer le comportement et l'évolution de l'enfant et informer parents, familles, enseignants
  • Les secteurs concernés

    La transversalité de la profession
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Le secteur de « l’hébergement médico-social et social et de l’action sociale sans hébergement » concentre plus de 7 emplois sur 10 de cette famille professionnelle, vient ensuite celui des ménages en tant qu’employeurs puis l’administration publique. En effet, même si la garde s’effectue au domicile des particuliers ou chez l’assistant maternel, ces derniers peuvent exercer leur profession selon trois régimes principaux : salarié indépendant, employé par un organisme de droit privé ou salarié d'une collectivité territoriale.
    L’Ile-de-France se caractérise par un poids plus faible des employeurs privés (lucratifs ou non) et à l’inverse une part plus élevée de professionnels employés par les ménages directement ou des établissements publics.
    Si les 5 premiers secteurs d’activité emploient plus de 90% des assistants maternels franciliens, ces professionnels se retrouvent dans de nombreux autres secteurs tel que celui des activités pour la santé humaine, l’enseignement mais aussi le commerce, ou l’hébergement et la restauration.

    Des secteurs employeurs aux perspectives d’emplois favorables

    Les secteurs qui emploient des assistants maternels ont, à l’exception de l’administration publique, des perspectives de besoins en recrutement importantes voire très importantes. C’est le cas particulièrement des « activités des ménages en tant qu’employeurs ». Non seulement ce sont des secteurs créateurs d’emplois nouveaux, mais avec un fort renouvellement dû aux départs en retraite.

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Une profession exclusivement féminine
    69 493
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Il s’agit d’une famille professionnelle quasi-exclusivement féminine. Le soin des jeunes enfants étant encore culturellement ancré comme une activité relevant des femmes : peu d’hommes souhaitent occuper ces fonctions mais il semble également que certains parents soient réticents à confier leur nourrisson à un homme.
    Les assistants maternels franciliens sont plus âgés que la moyenne des actifs franciliens. La part des 50 ans ou plus est supérieure de 10 points à celle de l’ensemble des actifs franciliens tandis que celle des moins de 30 ans est inférieure de 5 points.
    On observe par ailleurs que la part des assistants maternels vivant à Paris est particulièrement faible par rapport à la moyenne des actifs franciliens (13% contre 20%). Et en effet, les emplois d’assistants maternels sont des emplois résidentiels (plus de 80% des assistants maternels franciliens travaillent dans leur département de résidence contre 55% de l’ensemble des actifs de la région). Or, les loyers parisiens rendent les logements peu accessibles à cette famille professionnelle.

    Une famille professionnelle peu diplômée mais en voie de professionnalisation

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    La part des assistants maternels non diplômés est bien supérieure à celle de l’ensemble des actifs franciliens (33% contre 16%). Mais les assistants maternels franciliens sont un peu moins diplômés que la moyenne nationale des assistants maternels : ils sont plus nombreux à ne posséder aucun diplôme en Ile-de-France (33% contre 26% au national) et beaucoup moins nombreux proportionnellement à posséder un diplôme de niveau 3 (niveau CAP/BEP).
    On note toutefois, chez les moins de 30 ans, une nette diminution des assistants maternels qui ne possèdent aucun diplôme puisque c’est le cas de 18% des actifs de moins de 30 ans contre un tiers pour l’ensemble des assistants maternels franciliens. Et en effet, alors qu’auparavant le métier pouvait s’exercer sans aucune qualification, les assistants maternels, pour obtenir un agrément du Conseil général, doivent à présent soit posséder un diplôme au moins de niveau 3 du champ (DE d’auxiliaire de puériculture ou CAP petite enfance par exemple) soit suivre une formation non diplômante de 120h.

    Un quart d’actifs de nationalité étrangère

    On constate également une part importante d’assistants maternels de nationalité étrangère en Ile-de-France (23%). Ce taux atteint 13% parmi l’ensemble des actifs franciliens et seulement 7% parmi les assistants maternels exerçant en France entière.
    Ainsi, non seulement l’Ile-de-France se démarque en tant que territoire d’asile pour les personnes de nationalité étrangère mais d’autre part la profession d’assistant maternel s’avère accessible pour cette population.

    Les conditions d’emploi : des emplois stables mais des temps partiels plus fréquents

    Comme pour l’ensemble des actifs franciliens, les assistants maternels sont à 80% employés en CDI. Ils sont cependant plus souvent en CDD car les autres types de contrats (indépendants, apprentis, intérimaires, etc.) représentent au total moins de 2% des statuts des assistants maternels de la région comme dans le reste de la France.
     
    Les assistants maternels franciliens (mais également du reste de la France), se caractérisent par une part de temps partiels très élevée (près de 30%, soit le double de celle de l’ensemble des actifs franciliens). Ce temps partiel est lié à la nature des activités, dont certaines s’exercent sur des plages horaires restreintes (ex : baby-sitting ou garde périscolaire). Il peut être choisi par des femmes qui exercent cette activité pour pouvoir mieux concilier vie professionnelle et vie familiale mais il peut également être subi. En 2014, au niveau national, la moitié des assistantes maternelles à temps partiel se déclaraient en sous-emploi[1].

     


    [1] Source : portraits de la Dares

     

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    27 % 14 %
    INSEE RP 2018

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Des demandeurs d’emploi âgés et plus souvent de longue durée
    42 970
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    42%
    49%
    DIRECCTE 2020

    En 2018, ce sont plus de 32 000 demandeurs d’emploi qui ont été enregistrés. Il s’agit quasi exclusivement de femmes parmi lesquelles la part des 50 ans ou plus est particulièrement élevée (35% parmi les assistants maternels demandeurs d’emploi contre 27% toutes FAP confondues). Les mêmes caractéristiques avaient déjà pu être observées parmi les actifs en emploi. On constate toutefois que les demandeurs d’emploi assistants maternels possèdent un niveau de diplômes bien supérieur à celui des actifs occupés. Les demandeurs d’emploi sont en particulier proportionnellement bien plus nombreux à posséder un diplôme de niveau Bac (44% parmi les demandeurs d’emploi franciliens contre 21% parmi les actifs occupés de la région). La mise en place en 2011 d’un nouveau bac professionnel dans le secteur sanitaire et social (le bac pro ASSP – accompagnement, soin et services à la personne) explique peut-être en partie un afflux de bacheliers qui sont à la recherche d’un emploi dans ce domaine professionnel.
    Sur l’année écoulée, la part des demandeurs d’emploi ayant retrouvé un emploi est un peu moins élevée pour les assistants maternels que toutes FAP confondues (taux d’écoulement de la demande de 57% contre 60%). Ce moins bon retour à l’emploi est confirmé par une part de demandeurs d’emploi de longue durée (durée supérieure à un an) supérieure à la moyenne francilienne (45% soit 4 points de plus que la moyenne de l’ensemble des FAP).

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Durée des emplois proposés : principalement des offres de plus de 6 mois

    Durée des emplois proposés (en %)

    4 166
    DIRECCTE 2020

    Plus de 80% des offres proposées concernent des emplois de plus de 6 mois et moins de 1% des emplois de moins d’un mois. En effet, l’activité de garde des jeunes enfants s’organise le plus souvent sur une année scolaire.
    Le nombre d’offres est bien inférieur au nombre de demandes d’emploi mais nous savons qu’une grande partie des offres sont diffusées sur d’autres canaux (sites et agences spécialisés notamment). En effet, ce taux de tension assez faible cache de fortes difficultés de recrutement. Ainsi, pour 3/4 des projets de recrutement envisagés en 2019 (source BMO 2019), les employeurs jugent qu’ils vont rencontrer des difficultés à recruter. Ces difficultés ne signifient pas que le nombre d’assistantes maternelles soit trop faible en Ile-de-France mais qu’il peut y avoir un décalage entre les profils recherchés et ceux disponibles sur le marché du travail.

    Des perspectives d’emplois qui repartent à la hausse et des besoins en recrutement principalement fruits des départs en retraite

    Bien que les effectifs d’assistants maternels aient diminué en Ile-de-France entre 2011 et 2016, les projets de recrutements sont repartis à la hausse depuis 2018, avec près de 5300 projets de recrutements en 2019 (enquête BMO de Pôle emploi).
    Sur la période 2018-2022, la Dares a estimé que le nombre de postes à pourvoir en Ile-de-France s’élèverait à plus de 14 000 dont les trois quarts dus aux départs en retraite.

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Dynamiques d’évolution et impact sur les métiers
    Enjeux par dimension

    Comme l’explique la Fepem (Fédération des particuliers employeurs de France), « au cours des années 1990 et 2000, le secteur des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile a connu une croissance sans précédent portée par l’instauration de la réduction d’impôt pour l’emploi à domicile et la mise en place du chèque emploi service ». Mais affecté par la crise (baisse du pouvoir d’achat des ménages, hausse du chômage et baisse du taux d’activité), le nombre d’actifs assistants maternels a diminué au cours des cinq dernières années (-4% entre 2010 et 2015). On peut penser qu’avec la reprise économique la tendance s’inversera dans les prochaines années : reprise de l’activité des femmes et des hommes qui se traduira par des besoins supplémentaires en garde de jeunes enfants.
    Toutefois, la démographie n’évolue pas en Ile-de-France, comme dans le reste du pays, en faveur de ces emplois. En effet, la baisse de la natalité et du nombre de naissances signifie également des besoins à venir moins importants en volume d’enfants à garder.
    Mais même si le domaine ne crée pas de nouveaux emplois, la structure par âge des actifs occupés implique un fort renouvellement de la main d’œuvre dans les années à venir pour si besoin remplacer les départs à la retraite.
    D’autre part, la région francilienne est sous-dotée en places d’accueil de jeunes enfants chez des assistants maternels. Alors que la capacité pour 100 enfants de moins de 3 ans se situe en moyenne à 33 places au niveau national, elle se situe entre 15 et 25 à Paris et sa petite couronne et entre 26 et 35 en grande couronne. Ainsi, une augmentation de ce nombre de places pourrait être impulsée, notamment par le développement des maisons d’assistants maternels qui sont encore très peu nombreuses en Ile-de-France. Or, comme le souligne la Fepem, « Cette progression importante répond à une évolution des besoins et des aspirations de certain(e)s assistant(e)s maternel(le)s (rompre l’isolement professionnel, exercer en dehors du domicile, obtenir une meilleure reconnaissance professionnelle, ...) et des familles (amplitude horaire élargie, accueil sur des horaires atypiques, présence rassurante de plusieurs assistant(e)s maternel(le)s, ...) ».

  • Les formations

    Les formations
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    L’agrément du Conseil général est nécessaire pour que les particuliers employeurs bénéficient de prestations sociales. Pour l’obtenir, les assistants maternels doivent à présent soit posséder un diplôme au moins de niveau 3 du champ soit suivre une formation non diplômante de 120h. Mais l’accès à cette profession peut également se faire sans diplôme : qu’il s’agisse d’heures de babysitting ponctuelles ou de gardes d’enfant régulières, un diplôme n’est pas toujours demandé par les employeurs (particuliers ou organismes).
    De ce fait, comme pour la majorité des familles professionnelles, le lien entre formation et emploi est assez faible[1]. Il diffère selon le périmètre géographique considéré. Tout d’abord, au niveau national, seulement un tiers des actifs entrés sur le marché du travail depuis moins de 10 ans possèdent un diplôme en lien avec les métiers (travail social, spécialités sanitaires et sociales ou santé). D’autres spécialités telles que les formations générales, le commerce, vente ou les spécialités littéraires et artistiques occupent une place importante parmi les diplômes possédés par les jeunes actifs. Cela tient en partie au fait, que certaines activités de cette famille professionnelle (baby-sitting, garderie périscolaire) sont réalisées par des étudiants. En Ile-de-France, ce lien entre l’activité exercée et la spécialité du diplôme est davantage resserré. En effet, près de la moitié des assistants maternels possède un diplôme du travail social ou du sanitaire et social. Ainsi, les assistants maternels peuvent posséder un CAP Accompagnant éducatif petite enfance (dont les 120h obligatoires constituent une partie), mais également un diplôme d’auxiliaire de puériculture ou encore un bac pro ASSP.


    [1] Sophie Gonnard, Laure Omont et Morad Ben Mezian, « En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés », Insee Analyses Ile-de-France n°49, 2016

     

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie

    Rapport 2017 de l’Observatoire national de la petite enfance, CNAF 2018
    Le secteur des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile, rapport sectoriel des branches, Observatoire Fepem, 2019
    BABET Charline, DARES, Portraits statistiques des métiers, 1982-2014, numéro 19, mars 2016
    OMONT Laure, GONNARD Sophie, BEN MEZIAN Morad. En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l’emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés. Insee Analyses Ile-de-France, n°49, décembre 2016. 

    Source des données
    • Outil Dynamique des bassins, Défi métiers, https://www.defi-metiers.fr
    • Outil Dynamique des salaires, Défi métiers https://www.defi-metiers.fr/observatoire-salaires
    • INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015
    • INSEE, données du recensement, RP 2016
    • DARES, traitement Direccte Ile-de-France
    • DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022
    • Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.